Final Fantasy Resonance : Un retour triomphal en HD-2D pour célébrer 40 ans de magie vidéoludique

Titre original : Test du jeu Final Fantasy Resonance : la meilleure chose qui pouvait arriver à la saga depuis près de 30 ans sur Switch 2

À l’aube d’une grande étape de son histoire, à savoir ses 40 ans, la saga Final Fantasy court après une seconde jeunesse, et ça commence par un magnifique lifting… en HD-2D. Eh oui, sept ans après Octopath Traveler et sa révolution visuelle, Final Fantasy a enfin le droit à un opus qui se drape de cette direction artistique. Né des cendres du jeu mobile Final Fantasy : Brave Exvius, Final Fantasy Resonance est une étape plus importante qu’il n’y paraît. Après plus de 80 heures passées en sa compagnie, on tient à la fois le retour aux sources dont on rêvait et l’un des systèmes de jeu les plus prenants de la saga. Voici notre verdict !

Il y a encore quelques mois de cela — le mois de juin n’est d’ailleurs pas si éloigné que ça —, il était impossible de savoir ce qui se tramait du côté de Square Enix et de la saga Final Fantasy. Mine de rien, depuis la fin des années 80, la franchise de Square répond toujours présent, n’accusant jamais le poids des années. Parce que oui, elle ne date pas d’hier, mais se rapproche petit à petit de son quarantième anniversaire.

En quatre décennies, Final Fantasy a eu l’occasion de croiser les visages de plusieurs générations, ce qui ne l’empêche pas de connaître un déficit de popularité pour autant. Aujourd’hui, c’est quoi Final Fantasy ? Qu’est-ce que ce nom emblématique représente aux yeux du grand public — si tant est qu’il s’en souvienne ou le connaisse — ou à ceux des fans les plus passionnés ? Actuellement, si on lui retire ses piliers majeurs — Final Fantasy VII et Final Fantasy XIV, pour ne pas les citer —, on ne peut que constater que la saga s’est recroquevillée sur elle-même.

Final Fantasy Resonance : la meilleure chose qui pouvait arriver à la saga depuis près de 30 ans

Après, je ne dis pas, il y a toujours eu des surprises, une volonté d’essayer des choses, en particulier lors de chaque anniversaire majeur. Dissidia Final Fantasy pour les 20 ans, Theatrhythm Final Fantasy pour les 25 ans, World of Final Fantasy légèrement en amont des 30 ans ou encore Stranger of Paradise : Final Fantasy Origin à l’occasion des 35 ans. On peut naturellement imaginer un soubresaut de la part de la saga pour marquer le coup des quarante bougies à venir. À moins qu'il ne s'agisse que de Final Fantasy Resonance. De son côté, Square Enix semble vouloir se recentrer sur ses noms les plus forts, sur ses franchises les plus rayonnantes, mais des questions demeurent.

Comment, après 40 ans, poursuivre les appels du pied aux fans de la première heure en leur montrant que le Final Fantasy qu’ils ont connu est toujours bien vivant, telle la petite étincelle qui brille dans chaque cristal élémentaire ? Comment partir à la conquête d’un nouveau public en trouvant les arguments pour convaincre ses représentants tout en évitant de se mettre à dos ceux qui les ont toujours soutenus ? Et, surtout, comment créer l’expérience à même de les réunir et de créer un consensus, ainsi qu’un nouvel élan ? Et c’est peut-être à cet instant, très certainement le meilleur, que Final Fantasy Resonance prend tout son sens.

Final Fantasy Resonance : la meilleure chose qui pouvait arriver à la saga depuis près de 30 ans

Sept ans qu’on attendait que Final Fantasy se lance un tel défi : Resonance le relève haut la main

Depuis l’apparition de la HD-2D, portée par la saga Octopath Traveler, nombreux sont les joueurs et fans — dont je fais partie — qui ont rêvé, non sans une pointe de jalousie, que cette esthétique soit un jour apposée sur un jeu Final Fantasy. Alors, oui, mais comment ? Ce n’est sûrement pas pour rien que Square Enix a d’abord tâtonné, puis tenté le coup avec le gros concurrent de l’époque, à savoir Dragon Quest, avant de sauter le pas.

Sauf qu’une fois de plus, il fallait aussi soigneusement choisir le bon chantier, car s’il est difficile de toucher à des épisodes iconiques en agitant la carte du « remake », il paraît tout aussi complexe de débuter sur un terrain vierge. Bref, on comprend que ça a pris autant de temps pour trouver le candidat parfait, et, fort heureusement, ils l’ont trouvé avec Final Fantasy : Brave Exvius.

Mine de rien, l’idée ne sort pas de nulle part, et un certain Octopath Traveler 0 a en quelque sorte défriché la voie l’an passé. Ou du moins, a placé cette stratégie de la part de Square Enix sous le feu des projecteurs. Depuis quelque temps, le marché du jeu mobile n’a plus la même vitalité. Square Enix ne le sait que trop bien, lui qui a enchaîné la fermeture de nombreux titres mobiles, notamment Final Fantasy VII : Ever Crisis plus tôt ce mois-ci.

Final Fantasy Resonance : la meilleure chose qui pouvait arriver à la saga depuis près de 30 ans

Alors, plutôt qu’être un vulgaire fossoyeur, l’éditeur s’est découvert une passion pour la nécromancie. Ressusciter, oui, mais pas n’importe comment. Certes, Brave Exvius revient d’outre-tombe, mais ce n’est pas non plus celui que les joueurs mobiles ont côtoyé pendant pas moins de dix ans (un peu moins pour les joueurs hors Japon). Car, oui, Final Fantasy Resonance avait du pain sur la planche pour effectuer cette refonte pour en faire une expérience premium et, surtout, l’effectuer de telle sorte que l’illusion soit totale.

Transformer un free-to-play de type « gacha », le décortiquer pour en garder la chair la plus juteuse et se débarrasser du croquant répugnant qui peut se fracasser sur l’émail de nos dents, ça relève d’une chirurgie plus complexe qu’il n’y paraît. Comment retravailler cet aspect ? Comment remanier telle mécanique, comment conserver sans dénaturer, comment reconstruire et adapter ? Autant de questions qui peuvent créer des nœuds plus difficiles à démêler que ceux défaits au moment du post-mortem et de la création de Resonance.

Au bout du compte, ce premier opus de la saga Final Fantasy a fait fi de ces difficultés, et le constat est là : il paraît quasiment impossible, dans la mesure où l’on ignore qu’il s’agit d’une réadaptation de Brave Exvius, qu’il s’agit d’un ancien jeu mobile. Le pixel-art du jeu de base, développé par Alim et édité par Square Enix, est ici sublimé, et presque tous les compartiments du jeu sont d’une qualité telle qu’on comprend que l’éditeur n’a pas pris cet exercice par-dessus la jambe.

Final Fantasy Resonance : la meilleure chose qui pouvait arriver à la saga depuis près de 30 ans

Au-delà de la réussite incontestable de ce projet, la plus grande victoire remportée par Final Fantasy Resonance réside dans la manière dont ce spin-off apporte clairement la preuve qu’une alternative aux immenses jeux 3D de la saga et à ses projets aussi pharaoniques qu’anomaliques — où a-t-on pu voir le remake d’un jeu vidéo en trois parties ? — est bel et bien envisageable. Il faut d'ailleurs poursuivre sur cette voie, en parallèle des épisodes numérotés majeurs. Plus de 32 ans après la sortie de Final Fantasy VI, Final Fantasy Resonance reprend les choses là où elles ont été laissées, épousant son héritage, les évolutions technologiques et les codes inhérents de la franchise dont il est le digne représentant.


Final Fantasy Resonance : un épisode qui porte le poids de 40 ans d’héritage

Aussi fou que cela puisse paraître, la saga Final Fantasy n’a pas tant vécu que ça à l’ère de la 2D. Sept ans, tout au plus. Comme le temps qu’il a fallu patienter pour que la saga passe le pas de la HD-2D. À s’y méprendre, Final Fantasy Resonance pourrait être vu comme un retour en arrière, à une époque où la franchise est surtout reconnue pour ses qualités visuelles, mais il n’en est rien.

S’il y a bien un attachement aux premières étapes de son histoire, Final Fantasy Resonance est avant tout un retour aux sources d’une grande fraîcheur, malgré le poids considérable que représente son héritage, et c’est pour ça qu’il est, à mes yeux, un épisode plus important qu’un nouveau volet numéroté. À la base, les créateurs du studio de développement Alim, à qui l’on doit Final Fantasy : Brave Exvius, étaient d’immenses fans de la saga, et ça se ressentait très clairement, notamment dans l’utilisation des codes de la série.

Final Fantasy Resonance : la meilleure chose qui pouvait arriver à la saga depuis près de 30 ans

Aujourd’hui, c’est comme une nouvelle vague qui tient ce projet à bras le corps, à l’image de Hiroto Furuya (qui a travaillé sur Harvestella ou encore Another Eden), ici réalisateur de Final Fantasy Resonance, et Keisuke Nakashima, qui arbore la casquette de producteur après de longues années d’expérience dans ce domaine, y compris dans le monde du jeu mobile. Et ce n’est sûrement pas le fruit du hasard si ce tandem a eu l’opportunité de prendre en charge cette réadaptation de Final Fantasy : Brave Exvius !

Force est de constater, du haut de mes 80 heures et quelques sur Final Fantasy : Resonance, que le jeu respire autant l’amour des anciens classiques de la saga et de tout ce que les différents volets ont pu apporter à un moment donné que du travail accompli par les équipes d’Alim sur Brave Exvius. De fait, on pourrait tout à fait croire qu’il s’agit d’un épisode majeur tant le remodelage de Brave Exvius est à la fois fait avec respect et avec une grande connaissance de l’ADN de la saga.

Presque tous les poncifs qui ont permis à la série de développer son aura y sont. Les cristaux élémentaires à protéger, une palette de héros ayant chacun leur tempérament, un mystérieux personnage amnésique, l’utilisation du tour par tour et, bien évidemment, une carte du monde dont le charme n’a rien à envier à celles d’antan, bien au contraire. D’ailleurs, si l’on peut explorer librement la carte, portion par portion, à pied ou à dos de chocobo dans un premier temps, la découverte du monde du jeu, appelé Lapis, s’offre un second souffle lorsqu’on débloque le fameux aéronef, un moyen de locomotion qui procure toujours un petit frisson et réveille à chaque fois notre nostalgie.

Final Fantasy Resonance : la meilleure chose qui pouvait arriver à la saga depuis près de 30 ans

Alors, oui, il y a des tas d’éléments qui donnent l’impression que Final Fantasy Resonance est un projet qui revient aux sources de la saga. Or, le jeu ne renvoie jamais le sentiment de brasser bêtement quarante années d’histoire. Certains auront l’impression qu’il sort tout droit des années 90, pourtant Final Fantasy Resonance est l’un des jeux de rôle japonais les plus modernes qui soient.

D’un bout à l’autre de l’aventure, le jeu maîtrise sa boucle de gameplay, si bien qu’on est de suite happé, que ce soit le temps d’une courte session qu’un marathon de plusieurs heures, et il ne cesse de l’alimenter par petites touches, ce qui a pour conséquence de nous maintenir impliqué. Dans un sens, c’est ce qui permet à Final Fantasy Resonance de ne pas s’enfermer dans son propre piège.

Final Fantasy Resonance est peut-être un bonheur à jouer, à expérimenter et à traverser, il y a tout de même une certaine redondance dans la progression, comme si le squelette de Brave Exvius n’avait pas totalement disparu. Cet héritage, on le ressent également au niveau des donjons majeurs de Final Fantasy Resonance puisqu’ils demeurent assez succincts, découpés en quelques portions qui sont vite expédiées. Bien calibré comme il faut, Final Fantasy Resonance' contrebalance la rigueur de son découpage à l’aide d’une écriture mature et surprenante.

Final Fantasy Resonance : la meilleure chose qui pouvait arriver à la saga depuis près de 30 ans

N’ayons pas peur de le dire, Resonance a largement sa place parmi les meilleurs récits de la saga. Et pour cause, chaque personnage suit une évolution à laquelle on porte de l’intérêt — et ce, sans exception ! —, les relations entre eux sont travaillées, la narration aborde des tas de thématiques (bouleversantes, pour certaines) et des sujets sensibles, tout en refusant de céder aux sirènes du manichéisme. Final Fantasy Resonance est presque une manière pour la saga de revenir à ses premiers amours, de rendre hommage à ce qu’elle est en se servant de toute la sagesse qu’elle a emmagasinée en quatre décennies.

Et s’il y a de quoi être touché en plein cœur lorsque l’on avance de plus en plus dans le récit de Final Fantasy Resonance, on peut se délecter de retrouver les compositions originales de Noriyasu Agematsu pour Final Fantasy : Brave Exvius, ainsi que d’autres pistes créées spécialement pour l’occasion par son studio (Elements Garden), ses équipes et une poignée d’autres compositeurs, invités à collaborer sur ce titre. C’est simple, grâce à chacune de ces musiques, les moments les plus forts comme les plus légers (doublés en japonais et en anglais, soit intégralement, soit partiellement, en fonction des scènes) ont un impact émotionnel décuplé, et elles ont largement leur place parmi les bandes originales les plus marquantes du JRPG.

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Final Fantasy Resonance : une méga fantaisie, mais pas la dernière

N’allez pas croire que Final Fantasy Resonance n’est pas un jeu malin ! L’entièreté de son périple est un rappel constant des racines dans lesquelles le titre va puiser, et je ne dis pas cela parce qu’il a des airs de musée à ciel ouvert. Au départ, Final Fantasy : Brave Exvius avait une grande idée en se reposant sur un casting original qui est en mesure de faire appel aux « visions » des héros cultes de la franchise (et pas que, puisqu’il y a eu de nombreuses collaborations dont certaines plutôt incongrues, comme Katy Perry).

Final Fantasy Resonance : la meilleure chose qui pouvait arriver à la saga depuis près de 30 ans

Toutes n’ont bien évidemment pas été reprises, et il a fallu faire un choix au moment de placer les noms de celles et ceux qui rejoindraient les différents sanctuaires placés sur la carte. Dans les grandes lignes, le casting des Visions n’est ni plus ni moins qu’une vitrine pour les différents épisodes de la saga. Peut-être même un peu trop… Globalement, c’est toujours un plaisir de récupérer une nouvelle vision en se baladant sur les multiples continents du jeu, mais j’aurais apprécié que les visions extraites des personnages originaux de Brave Exvius soient mieux intégrées à l’aventure.

Ici, ça laisse la sensation que la majeure partie du gameplay de Resonance existe grâce à la dimension « fan-service » de l’expérience. D’autant que les visions des protagonistes de Brave Exvius détiennent pour la plupart des capacités intéressantes et, surtout, une petite place dans la trame du jeu. Dommage que ça ne soit pas davantage mis au premier plan !

À l’inverse, s’il y a un sujet sur lequel il est difficile, voire quasi impossible de chipoter, c’est le système de combat au tour par tour. D’ailleurs, Final Fantasy Resonance est encore une preuve de l’efficacité et de l’intemporalité de ce style de combat dont le potentiel est démultiplié par le concept des Visions. Je ne vais pas me lancer dans une présentation à rallonge, mais juste expliquer qu’il est possible d’équiper une vision à un personnage, ce qui permet d’utiliser des capacités précises et de porter des passifs que l’on peut ensuite combiner avec ceux d’autres visions qu’on a pris le temps de développer.

Final Fantasy Resonance : la meilleure chose qui pouvait arriver à la saga depuis près de 30 ans

Manette en main, c’est clair comme de l’eau de roche, et c’est surtout extrêmement divertissant et profond. Pour celles et ceux qui ont joué à Clair Obscur : Expedition 33 et qui ont aimé le système de Pictos, l’optimisation des Visions sera pour vous un véritable régal !

Comme le jeu de Sandfall Interactive, ce sont les emprunts à la saga qui permettent à un simple gameplay comme celui du tour par tour de libérer son potentiel. Par exemple, j’ai presque aussitôt pensé aux rôles de Final Fantasy XIII lorsque j’ai constaté que les Visions détenaient chacune leur archétype (attaquant, défenseur, briseur, saboteur, soigneur), même si je dois admettre que certains sont malheureusement beaucoup plus présents que d’autres. Et c’est pareil, le système de choc qu’on retrouve dans Resonance, il vient de cet épisode !

Et les passifs et autres techniques qu’on peut piocher par-ci par-là au fil de la maîtrise de chaque vision, ça enrichit chaque personnage qui, soulignons-le au passage, sont déjà pas mal différenciés. Dans l’ensemble, ils ont tous une base solide que l’on peut tailler à notre guise pour développer nos stratégies. Je sais que j’aimais beaucoup utiliser Rain comme un tank, Lasswell comme un briseur de barre de choc ultra-rapide ou encore Nichol comme un magicien qui renforce à fond ses alliés et ne dit jamais non à un sort bien dévastateur.

Final Fantasy Resonance : la meilleure chose qui pouvait arriver à la saga depuis près de 30 ans

Et lorsque l’on couple tout ça — le tour par tour, les visions, les builds, etc. —, ça nous donne une expérience qui n’en finit jamais d’être jouissive. Elle l’est lorsque l’on découvre de nouvelles manières de jouer et elle le reste tant on prend plaisir à battre le fer avec les ennemis qu’on croise aléatoirement. Là encore, c’est une mécanique qui peut paraître désuète, mais elle fait le charme et elle n’est, finalement, pas si invasive que ça. Je vous rassure, vous n’allez pas râler parce que vous ne pouvez pas enchaîner dix pas sans tomber sur un groupe de monstres.

Bien que Final Fantasy Resonance ne propose pas d’options de combat automatique — ce n’est pas forcément gênant tant ce type de réglage montre souvent ses limites —, la possibilité d’accélérer le rythme du combat est un petit plus non négligeable et n’altère jamais la fluidité du moteur, notamment lorsque les résonances déclenchent l’étendue de leur pouvoir et que les cinématiques spéciales se lancent. Et puis, y jouer sur Nintendo Switch 2 est peut-être ce qui rend l’expérience encore plus savoureuse, même si, en termes d’ergonomie, Final Fantasy Resonance aurait pu proposer des menus plus travaillés que ceux qu’il nous offre.

Final Fantasy Resonance : la meilleure chose qui pouvait arriver à la saga depuis près de 30 ans

En fin de compte, après ces dizaines et dizaines d’heures passées sur Final Fantasy Resonance, ce premier opus en HD-2D apparaît comme une œuvre somme. Tout ce qui a pu marquer la saga durant les quarante dernières années peut y être aperçu au bon vouloir de notre subjectivité. Mais au-delà des références qu’on peut identifier à notre manière, c’est indéniablement la façon dont Final Fantasy Resonance transpire l’ADN de la saga (les invocations, les faiblesses élémentaires, les cristaux, la menace qui pèse sur le monde, etc.) qui fait que cet épisode, dont le confort de jeu est excellent soit dit en passant, est à mettre dans le haut du panier.


Final Fantasy Resonance transforme son gacha sans se gâcher

En réalité, le fait de choisir Final Fantasy : Brave Exvius en guise de base au moment d’envisager la création du premier volet HD-2D de la franchise est plus complexe qu’il n’y paraît. On l’a vu, mais d’un point de vue de la structure, c’est déjà un gros travail. Or, ce n’est pas le seul point important.

Du fait de sa conception pour les supports mobiles, Final Fantasy : Brave Exvius se jouait de manière décousue, enchaînant les étapes à la manière d’un jeu de plateau lorsque la réserve d’énergie était suffisamment remplie. Final Fantasy Resonance avait donc la lourde responsabilité de faire éclater tout ça et de le lier de manière cohérente, et comme on le disait précédemment, impossible de savoir qu’il s’agit d’un jeu mobile si nous ne sommes pas dans la confidence.

Final Fantasy Resonance : la meilleure chose qui pouvait arriver à la saga depuis près de 30 ans

C’en est fini de la jauge d’énergie qui conditionne ce que l’on peut faire ou non et crée cette dynamique de rétention qui oblige à venir plusieurs fois par jour. La monnaie in-game se retrouve elle aussi au placard puisque seuls les fameux gils permettent de sceller les transactions à travers le monde, tandis que les matériaux d’éveil des Visions sont disséminés derrière des quêtes, des coffres ou se cachent sur la carte du monde. Bref, l’économie de Final Fantasy Resonance est bien plus saine que celle de Brave Exvius, et on est dans la pure tradition des jeux de la saga !

Toutefois, en y jouant, il y a quelque chose qui a attiré ma curiosité. En l’espace de dix ans, Final Fantasy : Brave Exvius a eu le temps de dérouler son récit, et Resonance n’en défriche qu’un bout, à savoir la saison 1. Est-ce que ça ouvre d’ores et déjà la porte à d’autres volets pour adapter les saisons ultérieures ? Je vous laisse le plaisir de la découverte, même s’il y a certains changements qui ont été effectués.

En ce qui concerne le temps de jeu, pour être plus précis que les 80 heures et quelques que j’évoquais, vous pouvez très bien consacrer entre 30 et 40 heures pour l’histoire principale. Si je me lance dans des calculs à vue de nez, je dirais que c’est le temps qu’il m’a fallu. Le reste ? Eh bien, on a facilement une cinquantaine d’heures de plus à boucler toutes les quêtes annexes, chimères, grottes et autres combats d’arènes. Ajoutez à cela la fouille des donjons, la récolte des 99 fragments de tablette et — je n’ai pas pu résister — quelques sessions de farm pour monter chacune des visions à fond, et ce pour chaque personnage, et vous arrivez à ce montant bien dodu.

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Ça peut paraître fastidieux dit comme ça. Pour ma part, j’ai savouré chaque instant de cette fantastique épopée, et la manière dont elle est segmentée fonctionne parfaitement, bien que le schéma de progression risque d’en frustrer certains. En l’espace de quelques heures seulement, on s’installe dans une routine confortable qui nous permet d’apprécier chaque instant et rituel. Ici, on adore fouiller les villages de fond en comble, dévier de la trame principale pour boucler toutes les quêtes annexes disponibles à l’instant t.

Dans les grandes lignes, ne vous attendez pas à une révolution quant au format de ces activités secondaires. À l’inverse, vous risquez très certainement d’apprécier les récits qu’elles proposent. Car à l’image de l’écriture globale de Final Fantasy Resonance, ces missions parallèles sont l’occasion d’apprendre un tas de choses sur le lore, les personnages et s’y engouffrer n’est jamais une déception, ce qui ne manquera pas de rassurer les amateurs du genre.

Pour le reste, Final Fantasy Resonance conserve cette justesse qui le caractérise en évitant le trop-plein d’activités qui peut nous amener à saturation. Les à-côtés sont souvent repris d’un chapitre à l’autre, mais ils viennent toujours tester nos limites et nos connaissances du jeu, à l’image du combat contre la vision de Séphiroth qui m’a bel et bien poussé dans mes retranchements ! Quoi qu’il en soit, entre les boss optionnels, les Chimères et certains lieux particulièrement retors dont je ne vous gâche pas la surprise, '''''Final Fantasy Resonance saura vous maintenir émerveillés et divertis, sans jamais que vous voyiez le temps passer.'''

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Conclusion

Points forts

  • Un Final Fantasy en HD-2D, enfin !
  • Un travail de réadaptation impressionnant
  • L’un des meilleurs récits de la saga Final Fantasy
  • Une galerie de personnages touchants et marquants
  • Un hommage constant à la saga et à ses codes
  • Un système au tour par tour toujours aussi grisant
  • La mécanique des Visions et sa profondeur
  • Des contenus annexes simples mais justes, qui n’en font jamais trop
  • Les musiques somptueuses de Noriyasu Agematsu (et les compositions inédites !)

Points faibles

  • Une structure à l’ancienne qui pourrait déplaire
  • Des donjons un peu courts et simplifiés
  • On aurait adoré sauvegarder ses équipes et ses builds…

Note de la rédaction

18

Square Enix réussit un coup de maître : Final Fantasy Resonance transcende ce qu’était Brave Exvius pour devenir un grand JRPG. Sublimé par une HD-2D étincelante, Final Fantasy Resonance allie l'exigence du tour par tour à une narration d'une grande maturité. Malgré de petits écueils comme des donjons succincts ou les Visions originales de Brave Exvius parfois en retrait, l’expérience captive de bout en bout grâce à sa superbe bande-son et à son système de combats exquis et profond. En prouvant avec brio qu’une alternative aux blockbusters 3D est viable, Final Fantasy Resonance s’impose comme une œuvre somme. À l’approche du quarantième anniversaire, c’est bien plus qu’un spin-off réussi : c’est un jeu qui résonne avec nos souvenirs, nos rêves quant à l’avenir de la saga et, surtout, avec l’amour qu’on porte à Final Fantasy depuis le jour où la licence est entrée dans nos vies.

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