L'héritage des franchises emblématiques de la PlayStation 1 : parcours et disparitions des icônes du jeu vidéo

Titre original : On y a tous joué chez un copain : que sont devenues ces franchises cultes de la PlayStation 1 aujourd'hui disparues ?

La première PlayStation a été le théâtre d’une explosion créative sans précédent, façonnant l’enfance de millions de joueurs. Pourtant, entre choix stratégiques douteux et évolutions du marché, de nombreuses sagas cultes ont totalement disparu des écrans depuis.

Sommaire

  • Que sont devenus les pionniers de l'action et du survival-horror de la PS1 ?
  • Pourquoi les rois du combat et de la course arcade ont-ils disparu ?
  • Comment les jeux de glisse et de sports extrêmes se sont-ils effondrés ?
  • Quel sort a été réservé aux mascottes et plates-formes 3D de l'époque ?

Que sont devenus les pionniers de l'action et du survival-horror de la PS1 ?

L'ère 32 bits a marqué la naissance de sagas d'action et d'épouvante aux identités fortes. En 1999, Shinji Mikami, déjà créateur de Resident Evil, imagine Dino Crisis chez Capcom. Troquant les zombies pour des dinosaures dans un huis clos sous haute tension baptisé « Survival Panic », le titre et sa suite axée sur l'action remportent un succès retentissant sur la première console de Sony.

Malheureusement, la franchise prend un virage fatal en 2003 avec un troisième volet futuriste dans l'espace sur Xbox. Malgré la ferveur des fans et le succès des remakes récents de la firme, Capcom se limite aujourd'hui à de simples clins d'œil cosmétiques, comme dans Exoprimal, sans jamais relancer l'héroïne Regina.

La même année, Sony et Bend Studio lancent Syphon Filter, un techno-thriller d'infiltration porté par l'agent Gabe Logan et son taser à longue portée légendaire. Si la trilogie originale brille sur PS1 et connaît des prolongements réussis sur PS2 et PSP, Sony finit par remiser la licence au placard. Bend Studio bifurquera plus tard sur Days Gone, dont certains documents lient d'ailleurs le virus à celui de Syphon Filter, mais aucun nouvel opus n'est à l'étude.

De son côté, Square Enix tente en 1998 un pari audacieux avec Parasite Eve. Adapté d'un roman japonais, cet ovni mêle combat au tour par tour actif et horreur biologique dans un New York saisissant. Après un deuxième épisode très proche d'un Resident Evil, la licence s'égarera en 2010 sur PSP avec The 3rd Birthday. Aujourd'hui, des imbroglios complexes autour des droits d'auteur de l'écrivain Hideaki Sena et un désintérêt du grand public empêchent toute tentative de retour.


Pourquoi les rois du combat et de la course arcade ont-ils disparu ?

Le jeu d'arcade sur console a connu une décennie dorée avant de heurter un mur technologique et économique. Dès 1997, Bloody Roar marque les esprits grâce à sa mécanique de zoanthropie permettant aux combattants de se transformer en bêtes anthropomorphes. Après plusieurs épisodes populaires, la série décline au milieu des années 2000 suite à un quatrième opus raté, avant le rachat et la dissolution du studio Hudson Soft par Konami en 2012. Le éditeur japonais conserve la marque mais se contente de renouvellements administratifs sans projet de jeu.

Bloody RoarRidge RacerDestruction Derby
Studio / ÉditeurHudson Soft / KonamiBandai NamcoReflections / Sony
Mécanique cléTransformation en bêtesDérapages arcadeDégâts en temps réel
Raison du déclinRachat du studio et opus décevantObsolescence du modèle face au réalismeDépart des développeurs historiques

Fer de lance du lancement de la PS1 en 1994, Ridge Racer a quant à lui incarné la course d'arcade ultime à base de dérapages spectaculaires. Mais l'évolution des attentes vers la simulation réaliste et les mondes ouverts a rendu la formule obsolète, le dernier épisode majeur en 2012 ayant dénaturé l'esprit de la saga. Enfin, Destruction Derby avait sidéré l'industrie en 1995 avec ses arènes de tôle froissée décrites. Le départ du studio Reflections vers la série Driver a privé la licence de son savoir-faire, laissant le champ libre à des héritiers spirituels modernes comme Wreckfest.


Comment les jeux de glisse et de sports extrêmes se sont-ils effondrés ?

Initié à la fin de la génération 32 bits, le genre du sport extrême a connu une ascension fulgurante avant une brutale traversée du désert. Cool Boarders dégaine le premier en 1996, démocratisant le snowboard sur console. Mais la rigidité de son gameplay est rapidement dépassée par l'arrivée d'une concurrence plus technique.

Parmi ces rivaux, SSX s'impose sur la génération suivante comme la référence absolue de la culture glisse grâce à ses descentes folles et ses Uber Tricks. Cependant, la tentative d'EA de rebooter la saga en 2012 avec une approche plus sombre divise la communauté. Face à la rentabilité de ses simulations annuelles majeures, Electronic Arts choisit d'abandonner le créneau.

Le cas de Tony Hawk's Pro Skater est sans doute le plus emblématique. Phénomène culturel absolu à partir de 1999 avec sa jouabilité d'une fluidité exemplaire et ses bandes-son punk-rock, la licence est essorée par Activision à coup de sorties annuelles et d'accessoires plastiques douteux. Malgré la réussite critique du remake Tony Hawk's Pro Skater 1+2 en 2020, l'absorption du studio Vicarious Visions par Blizzard a scellé le sort des projets suivants.


Quel sort a été réservé aux mascottes et plates-formes 3D de l'époque ?

Tentant de rivaliser avec les mascottes concurrentes, Crystal Dynamics crée Gex, un lézard accro à la pop-culture et aux séries télévisées. Si la trilogie PS1 séduit par son humour incisif, le genre de la plateforme 3D périclite au début des années 2000. Hormis des compilations rétro, le personnage est aujourd'hui jugé trop typé "années 90" pour séduire le public moderne. Et Gex est loin d'être le seul à avoir connu un sort similaire :

  • Croc : Legend of the Gobbos : Né d'un projet Yoshi rejeté par Nintendo, le jeu d'Argonaut Games séduit des millions de joueurs en 1997. Malheureusement, une suite moins inspirée et la faillite du studio en 2004 mettent fin à la saga, malgré un récent projet de remaster.
  • '''

Tombi!''' : Ce jeu d'action-plateforme en 2.5D au système de quêtes ultra-dense est acclamé par la presse. En raison d'une distribution restreinte, les ventes ne suivent pas et le studio Whoopee Camp ferme ses portes, faisant du titre une pièce de collection très prisée.

Et vous, quelles sont les franchises disparues de l'époque PS1 dont vous aimeriez voir le retour aujourd'hui ?