En 1986 débarquait en salles l’épopée historique “The Mission”, portée par Jeremy Irons et la légende hollywoodienne, Robert De Niro. Mais l’ambiance n’était pas seulement explosive à l’écran : dans les coulisses aussi, la tension était palpable…
Il y a tout juste 40 ans, le réalisateur Roland Joffé dévoilait sur grand écran son chef-d'œuvre intitulé "The Mission". Si cette fresque historique visuellement impressionnante a essuyé un énorme échec au box-office, elle a tout de même récolté sept nominations aux Oscars dont une statuette glanée, celle de la Meilleure photographie, ainsi que la Palme d'or au Festival de Cannes. Aujourd'hui, "The Mission" est considéré comme un monument du septième art.
Mission, un film sous tension en coulisse
Le long-métrage repose sur l'affrontement idéologique entre l'ancien mercenaire et marchand d'esclaves Rodrigo Mendoza (incarné par Robert De Niro) et le père jésuite Gabriel (incarné par Jeremy Irons). Tandis que Mendoza est en quête de rédemption, Gabriel lutte pour évangéliser et protéger les peuples indigènes d'Amérique du Sud.
Robert De Niro - The Mission (1986)

Mais en coulisses, la tension était tout aussi vive entre les deux monstres sacrés du cinéma. C'est en tout ce que déclarait Jeremy Irons lors d'une interview télévisée relayée par AlloCiné .
« On s'est détestés pendant un bon moment. [...] Enfin, pour être exact, c'est surtout lui qui me détestait, je crois. Il voulait quelqu'un de complètement différent pour le rôle, quelqu'un de plus âgé [...] Il ne voulait absolument pas de moi sur le projet, et je le savais pertinemment. »
L'acteur britannique a ensuite détaillé la façon dont s'exprimait cette hostilité non dissimulée :
« Pendant toute la première semaine de tournage, nous ne nous sommes quasiment pas adressé la parole, alors même que nous partagions plusieurs scènes. [...] Mais je pense que De Niro s'en servait : nos personnages se détestaient ou, à tout le moins, ne se comprenaient pas. C'est un adepte du "Method Acting", et il a délibérément nourri cette animosité. Et Roland Joffé, le réalisateur, l'a laissé faire. »
Une relation conflictuelle, mais pas toxique
Si cette antipathie assumée a sans doute profité à l'intensité dramatique du film, l'atmosphère est devenue si étouffante qu'une implosion en coulisse était inévitable. « Vers le milieu du tournage, nous avons eu une dispute monumentale », raconte Jeremy Irons. « Je m'en souviens très bien : c'était dans un bus. 'On s'est hurlé dessus, on s'est insultés et on s'est jeté nos quatre vérités au visage. Après ça, la tension s'est envolée d'un coup ».'
Jeremy Irons - The Mission (1986)

Le comédien poursuit son récit en dévoilant ne expérience qui a profondément marqué saphilosophie relationnelle :
« Quand nous sommes rentrés au camp de base un peu plus tard, nous tournions à l'époque en Colombie, nos compagnes respectives avaient eu vent du clash et ont réagi : "OK, il nous faut des pâtes, des pâtes, beaucoup de pâtes !” Elles nous ont préparé un repas incroyable. Bob et moi sommes rentrés le soir et nous avons passé une soirée fantastique ensemble, ce qui a définitivement scellé notre relation. [...] J'ai toujours pensé qu'on ne connaissait véritablement quelqu'un qu'après s'être violemment engueulé avec lui et avoir réussi à dépasser ça ensemble. Tant que ce n'est pas arrivé, je ne me sens jamais totalement à l'aise avec les gens. »''
Reste à savoir si Joaquin Phoenix et Robert De Niro ont, eux aussi, fini par crever l'abcès des années plus tard. Sur le tournage du film « Joker », les deux hommes ont en effet connu des frictions particulièrement intenses qui avaient un peu secoué la production et le tournage du film à l'époque.