GTA 6 : L'absence de charisme de Jason, un choix narratif audacieux de Rockstar

Titre original : Dans GTA 6, Jason n'a aucun charisme et c'est voulu

Depuis les dernières images de GTA 6, un constat s’impose chez de nombreux joueurs : Jason manque cruellement d’envergure face à son acolyte Lucia. Loin d’être un défaut, cette apparente fadeur pourrait bien cacher une véritable évolution narrative signée Rockstar Games.

Le contraste est saisissant quand on repense au casting explosif du précédent volet. Passer d'un trio de braqueurs haut en couleur à un protagoniste qui semble mal à l'aise en société a de quoi dérouter les fans historiques. Pourtant, cette mise en retrait de Jason soulève des questions fascinantes sur la direction que prend le studio pour son prochain blockbuster planétaire.

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L'ombre du trio de Los Santos

L'héritage du passé pèse lourd sur les épaules du nouveau héros. En quittant les rues de la côte ouest, nous avons laissé derrière nous une galerie de marginaux inoubliables. Il y avait Trevor et sa folie destructrice assumée, Michael empêtré dans sa crise existentielle, ou encore Franklin qui tentait tant bien que mal de naviguer dans ce chaos.

Dans GTA 6, Jason n'a aucun charisme et c'est voulu

Le choc des cultures est immédiat pour les habitués de la licence. Face à ces figures iconiques, le comportement presque effacé de Jason détonne fortement par rapport aux standards de la série. Ce nouveau venu donne parfois l'impression de ne pas saisir les codes sociaux élémentaires, errant un peu à côté de ses pompes dans un monde de brutes. Le décalage est brutal, surtout lorsqu'il apparaît systématiquement en retrait par rapport au charisme de Lucia.

Une timidité de façade

Les apparences sont souvent trompeuses sous le soleil tapant de Leonida. Si l'on se penche attentivement sur les différents extraits promotionnels, le garçon révèle d'autres facettes bien moins effacées. On le surprend notamment à déambuler torse nu avec une confiance affichée, à sculpter sa musculature sur la plage, ou encore à distribuer des mandales dans une boutique sur simple demande de son boss.

Dans GTA 6, Jason n'a aucun charisme et c'est voulu

L'explication de ce contraste se trouve peut-être dans les coulisses de la réalisation. Plusieurs pistes scénaristiques ou techniques permettent d'expliquer ce grand écart de personnalité. Il se pourrait tout simplement que le montage nerveux des vidéos tronque notre perception globale du personnage. Une autre hypothèse tout aussi valable voudrait que cette fameuse réserve ne soit que le reflet d'une authentique introversion, une façon de survivre sans faire de vagues.

Le syndrome Arthur Morgan

L'écriture de Rockstar gagne manifestement en maturité avec les années. La théorie la plus enthousiasmante suggère que les développeurs ont injecté une bonne dose de nuances dans le traitement de leurs figures criminelles. Terminé les archétypes ambulants ou les caricatures de voyous derrière le volant ; place à des êtres humains pétris de contradictions et travaillés en ce sens.

Dans GTA 6, Jason n'a aucun charisme et c'est voulu

Un vent de fraîcheur narratif souffle enfin sur la saga. Cette volonté de proposer des personnages complexes s'inscrit dans la droite lignée du travail colossal abattu sur Red Dead Redemption 2. Pouvoir s'identifier un minimum à un antihéros au sein d'une satire de l'Amérique moderne est un vrai soulagement, là où le casting de GTA 5 finissait par créer une distance émotionnelle. Évidemment, n'oublions pas l'essence même de la franchise : cette profondeur psychologique passera très vite au second plan dès lors que le timide Jason écrasera la moitié des piétons de la ville à bord d'un bolide volé.