Un retraité de 72 ans risque la prison pour avoir espionné une livreuse de cartes Pokémon avec un traceur GPS

Titre original : Un papy de 72 ans risque plusieurs mois de prison à cause de cartes Pokémon

C’est une histoire complètement folle qui s’est déroulée en Ohio : un retraité de 72 ans fan de cartes Pokémon, vient d’être reconnu coupable d’avoir caché un traceur GPS sous la voiture d’une livreuse. Son but ? Suivre son trajet en temps réel lors des réapprovisionnements de cartes Pokémon pour arriver en premier et tout récupérer avant tout le monde !

En juin 2026, la folie autour des cartes Pokémon a franchi un nouveau cap à Wooster, une petite ville de l'Ohio. Prêt à tout pour dégoter des coffrets rares avant les autres, Kent Kubasta ce retraité âgé de 72 ans s'est lancé dans une véritable opération d'espionnage en plaçant un traceur GPS sous la voiture d'une livreuse indépendante. Résultat des courses : il risque aujourd'hui jusqu'à six mois de prison ferme et 1 000 dollars d'amende.

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Une balise GPS sous le châssis d'une livreuse

L'affaire débute sur le parking d'un supermarché de l'enseigne Walmart, lorsqu'une livreuse sous-traitante découvre un boîtier suspect dissimulé sous son véhicule personnel. Les policiers de la ville de Wooster identifient immédiatement l'équipement : il s'agit d'une balise de géolocalisation de la marque SpyTech GPS. L'appareil permettait de suivre en temps réel les déplacements de la conductrice via une application sur smartphone.

Un papy de 72 ans risque plusieurs mois de prison à cause de cartes Pokémon

Interpellé par les autorités, le suspect a rapidement levé le voile sur ses intentions. Selon le rapport rédigé par les enquêteurs de Wooster, Kent Kubasta, résidant à Medina en Ohio, a reconnu l'intégralité des faits reprochés. Il a avoué aux enquêteurs avoir posé un traceur pour suivre le parcours de la livreuse.

Il voulait connaître l'heure exacte des réassorts chez Walmart ainsi qu'à la boutique spécialisée Operation Fandom, pour se rendre sur place avant tout le monde afin d'acheter l'intégralité des coffrets mis en vente, en portant une attention particulière à l'édition célébrant le 30ᵉ anniversaire de la franchise.


Jusqu'à six mois de prison pour espionnage

Poursuivi devant la cour municipale du comté de Wayne, Kent Kubasta a choisi de plaider la non-contestation. Cette procédure américaine permet à un prévenu d'accepter une condamnation sans admettre formellement sa culpabilité. Il a ainsi été reconnu coupable de l'utilisation illégale d'un dispositif de traçage, une infraction qualifiée de délit mineur de première classe en droit local.

Dans les documents transmis à la justice et consultés par le média Aftermath, l'éventail des sanctions apparaît particulièrement lourd. Cette infraction expose l'accusé à une peine maximale de 180 jours d'emprisonnement. Le jugement prévoit également une amende pouvant aller jusqu’à 1 000 dollars, assortie du paiement des frais de justice.

Interrogé par la chaîne de télévision Fox8 News, Randy Kendall, propriétaire du magasin Operation Fandom, a rappelé un fait élémentaire. Les horaires de réassort sont déjà diffusés publiquement sur des réseaux comme TikTok, Instagram ou Discord. Selon ce professionnel, des communautés d'informateurs relaient quotidiennement les horaires prévus des livraisons, ce qui rendait le recours à un boîtier espion aussi illégal qu'inutile.


Une véritable frénésie qui alimente les dérives judiciaires

Cette affaire d'espionnage individuel s'inscrit dans un climat de tension permanente autour du marché secondaire des cartes à collectionner. Pour capter les coffrets scellés dès leur sortie, les scalpers recourent à des pratiques agressives. Comme le révèle Kotaku, les lancements des dernières extensions ont provoqué des campements nocturnes, des bousculades et des altercations sur les parkings de plusieurs grandes enseignes.

Pourtant, le fabricant tente de saturer le marché pour calmer la fièvre spéculative. Selon les données de The Pokémon Company, l'éditeur a imprimé 10 milliards de cartes au cours de l'année écoulée, portant le total cumulé à plus de 85 milliards de cartes produites depuis 1996. De plus, les pull rates (les taux d'obtention des cartes rares dans les paquets) ont été fortement augmentés sur la série du 30ᵉ anniversaire, ce qui a fait chuter la valeur des cartes à l'unité sur internet. Malgré cette surproduction, les boîtes scellées restent saturées, maintenant une pression constante sur les livreurs.

Ce premier signal judiciaire ne constitue pas un cas isolé aux États-Unis ni en Europe. D'autres dérives similaires ont conduit leurs auteurs derrière les barreaux. C'est notamment le cas de William Gross, condamné à une peine de prison ferme après avoir détourné 140 000 dollars à l'aide de cartes de crédit d'entreprise, ou de Vinath Oudomsine, écroué pendant 36 mois pour avoir utilisé un EIDL (un prêt d'urgence lié à la crise sanitaire) pour acheter une carte Dracaufeu.