Accueilli par une ovation en festival avant de subir un lynchage en règle par la presse internationale, le dernier film de Zack Snyder s’effondre sous le poids de ses ambitions.
Projet de passion longuement mûri depuis une vingtaine d'années, le nouveau long-métrage de Zack Snyder devait marquer un tournant intimiste et viscéral après les réceptions mitigées de ses derniers blockbusters. Libéré des contraintes de studios et des effets spéciaux omniprésents, le cinéaste s'est aventuré dans une jungle colombienne hostile pour livrer The Last Photograph.
Mais lors de sa présentation au Festival international du film de Toronto (TIFF) le 13 septembre 2026, l'enthousiasme initial des passionnés a immédiatement laissé place à une débâcle médiatique d'une rareté absolue, le film essuyant des notes désastreuses de 18% sur Rotten Tomatoes et 16/100 sur Metacritic.
Pourquoi The Last Photograph divise-t-il autant la critique ?
La presse américaine et francophone n'a pas retenu ses coups face au virage sombre du réalisateur de Justice League. L'expérience a été jugée insupportable par une immense majorité de journalistes, qui y voient un exercice de style prétentieux et inutilement violent. Jason Gorber, journaliste pour @filmfest_ca, s'est montré particulièrement cinglant lors de sa réaction à chaud sur X (ex-Twitter) :
L'un des pires films jamais projetés dans ce festival. APOCALYPSE NON. Tout simplement à chier sans vergogne à tous les niveaux, un exercice d'incompétence et d'hubris, et une honte d'avoir été projeté.

Même constat d'échec chez Next Best Picture, où le critique Matt Neglia n'a pas caché son exaspération face aux dérives créatives du cinéaste sur X (ex-Twitter) :
À la fin, je voulais sincèrement que ce soit le dernier film que je doive voir de lui. Snyder doit désespérément cesser de cadrer ses propres films et revenir à l'adaptation d'un matériau suffisamment solide pour mieux résister à ses pires excès.
Pour beaucoup, l'absence totale de contrôle artistique de la part d'un studio a mis en lumière les lacunes profondes du réalisateur au lieu de sublimer son talent. Le critique connu sous le pseudonyme @DawsBear a résumé cette dérive créative sur X (ex-Twitter) :
Une véritable honte du début à la fin. C'est Snyder à son état le plus non filtré, sans intervention de studio, et c'est le plus grand problème du film.
Quels sont les reproches faits au film de Zack Snyder ?
Au-delà de la mise en scène, c'est l'écriture et le ton général du long-métrage qui sont directement pointés du doigt. Incapable d'apporter de la profondeur à son sujet sur le deuil et le traumatisme, le film s'enferme dans une spirale d'épuisement narratif et de dialogues creux. Michael Rechtshaffen, critique cinéma pour The Hollywood Reporter, déplore une surenchère d'effets appuyés dans sa critique :
Surchargé d'un symbolisme prétentieux et de dialogues insipides délivrés de manière plate qui répètent constamment l'évidence, ce film ultra-violent sera certainement considéré comme une déception majeure par la base de fans enragés de Snyder.

Un ressenti partagé par la presse spécialisée qui dénonce une longueur excessive de 135 minutes et un vide scénaristique alarmant. Chase Hutchinson, journaliste pour TheWrap, ne mâche pas ses mots :
S'étirant sur 135 misérables minutes, c'est un film aussi étiré et répétitif qu'il est sous-cuit, jouant comme un film d'action direct-en-vidéo d'antan qui aurait été passé au mixeur, doté d'un cœur régressif, et recraché sur l'écran.
L'échec semble d'autant plus cuisant que la proposition visuelle épurée ne parvient pas à sauver le fond, poussant certains confrères à des constats irrévocables. Josh Bate de Screen Rant souligne ainsi :
Ce n'est pas seulement Snyder à son niveau le plus sérieux envers lui-même – c'est Snyder à son niveau le moins intéressant.
Le film de Zack Snyder a-t-il quand même convaincu des spectateurs ?
Malgré cette déferlante de retours négatifs, quelques voix isolées tentent de défendre une prise de risque radicale. Une poignée de spectateurs et de journalistes saluent la volonté d'abandonner les super-héros pour proposer un thriller brut et sans concession. Damon Wise, journaliste spécialisé pour Deadline Hollywood Daily, retient l'effort d'expérimentation du réalisateur :
C'est bien de voir Snyder tenter quelque chose d'aussi éloigné de sa zone de confort, en affûtant ses compétences narratives parfois rouillées sans le filet de sécurité des pyrotechnies de super-héros.

Cette vision d'un projet brut et sans filtre trouve aussi un écho chez Chris Bumbray du média JoBlo's Movie Network, qui nuance le naufrage :
The Last Photograph de Zack Snyder est un thriller de vengeance brutal et intransigeant avec de la bonne action, des images saisissantes et beaucoup d'excès frustrants. Une partie est bonne – une autre est désastreuse. Quoi qu'il en soit, c'est captivant.
En cherchant à s'émanciper des codes d'Hollywood pour accoucher d'une œuvre personnelle, Zack Snyder se retrouve confronté à un rejet quasi unanime de l'industrie. Sans distributeur attaché et fort de critiques désastreuses, le parcours de The Last Photograph s'annonce très difficile pour espérer toucher le grand public en salles.