On a pu prendre en mains Nodusfall, la grosse annonce surprise de la soirée d’ouverture de la Gamescom 2026. Nouveau projet du studio HoYoverse, que l’on connaît surtout pour des jeux à la direction artistique manga, voilà un titre qui va venir chasser sur les terres de Monster Hunter et qui a suffisamment d’atouts pour concurrencer sérieusement la licence de Capcom.
Avouez, vous l’aviez pas vu venir : au lancement du premier trailer de l’Opening Night Live, on a tous cru que l’on nous balançait Elden Ring 2, avant que l’apparition du logo HoYoverse ne vienne chasser le moindre soupçon. Reste que de voir le studio de Genshin Impact et Honkai Star Rail accolé à un jeu avec cette direction artistique est très surprenant, dans le bon sens du terme. Le studio s’émancipe enfin des gachas animés auxquels il nous a habitués, pour partir chasser sur les terres de Monster Hunter, avec une grosse inspiration From Software pour le visuel et de nouvelles idées de gameplay qui vont un peu bousculer les habitudes des chasseurs de boss. On a eu la chance d’y jouer pendant à peu près une heure, voici ce que l’on en a pensé.
La coopération dans le sang
Nodusfall est donc un jeu de chasse de monstres en coopération, mais avec quelques subtilités qui viennent lui conférer une identité solide. Il est évidemment toujours question de former des groupes de 4 pour partir tabasser du streum en bonne compagnie, mais ici la synergie entre les différents rôles de la bande va revêtir une importance capitale. On part sur la sainte trinité des jobs classiques de MMO, avec un tank, un support pour le soin et 2 types de DPS, corps-à-corps et distance, pour assurer de gros burst de dégâts.
Et certains boss vont venir vérifier que vous avez un groupe varié, comme la seconde bête que nous avons combattu, qui balançait des flaques de sang putréfiées un peu partout pour drainer la vie des joueurs. Sans soigneur compétent, impossible de survivre aux dégâts continus de ses attaques à moins de claquer tous ses consommables de soin en quatrième vitesse. Voilà un exemple qui révèle parfaitement le potentiel de Nodusfall : de la vraie coopération dans laquelle tous les membres de l’équipe sont importants et ne se contente pas de faire son dps de son côté.

Pour cette première prise en mains, nous sommes partis sur le rôle de tank et on a bien fait, parce que son gameplay était pile dans ce que l’on aime dans ce genre de jeu, avec la nécessité de réaliser des parades parfaites pour améliorer ses dégâts et de lancer ses compétences avec le bon timing pour optimiser leur efficacité. La panoplie de coups, de cette classe en tout cas, était particulièrement étendue, offrant des options variées au combat. Une vraie classe qui n’aurait pas à rougir dans un MMO typé action et à laquelle on vient, de surcroît, ajouté une compétence ultime qui va venir gratter considérablement la barre de vie de votre cible.
Notre guerrier pouvait ainsi se transformer en un chevalier géant équipé d’une claymore de lumière, capable de balayer la zone dans un rayon de 500 mètres : ça fait son petit effet, que ce soit pour les dégâts infligés, où sur le plan visuel, impressionnant. De toute façon, tout ce qui touche de près ou de loin à la mise en scène des combats confine au sublime, il suffit de voir les exécutions divines qui font intervenir plusieurs joueurs lorsque vous réussissez vider l’une des jauges de HP d’un monstre.

Impressionnant, certes, mais pas complètement satisfaisant : on a l’impression de ressortir cet argument à chaque nouvelle sortie d’un jeu d’action récent, mais à ce stade de son développement, Nodusfall manque encore de patate, de punch, choisissez le terme qui vous convient le mieux, vous avez capté l’idée. C’est le plus gros bémol que l’on a pu constater sur le gameplay pour le moment, mais il est tout de même assez important, du moins à nos yeux.
Autant d’ambition que de questions sans réponses
On a été globalement séduit par ce que l’on a vu de Nodusfall, qui va clairement retourner au four pendant de longs mois avant de remontrer sa frimousse quand il sera un peu plus mature. Ce qui fait que même si l’on est convaincus de son potentiel, il y a encore beaucoup trop de questions en suspens pour que l’on signe notre allégeance sans conditions à HoYoverse.
Tout d’abord il y a la question du modèle économique et du contenu : il s’agira d’un free-to-play dans lequel il n’y aura pas à acheter les personnages, ça, c’est cool. Mais cela veut dire que le jeu va embrasser un format de jeu service à long-terme, ce qui laisse songeur concernant son contenu au lancement. En interrogeant les développeurs, on a compris qu’il y aurait “quelques” monstres au lancement, ce qui n’est pas franchement encourageant.

D’autres aspects très importants du jeu sont également encore en discussion au sein de HoYoverse, comme le monde et la façon dont il pourra être exploré. On a donc surtout eu un avant-goût de ce qu’allait donner le coeur de l’expérience de Nodusfall, en enchainant 3 combats de boss épiques. Et même si l’univers du jeu prétend tirer parti de différentes mythologies, c’est surtout celle des jeux From Software qui nous a sauté aux yeux direct.
C’est l’éléphant dans la pièce, mais de ce que l’on a pu voir et tester pour le moment, “l’inspiration” est vraiment vénèr. Est-ce vraiment un problème ? A vous d’en juger. On se souvient encore du tollé provoqué par Genshin Impact, comparé en permanence à Zelda BotW et pourtant, le gacha en est aujourd’hui à sa version 7.0 et vit sa meilleure vie.

Le chemin est encore long pour Nodusfall, mais ses premiers pas sont particulièrement prometteurs. Cette prise en mains nous a permis de découvrir un jeu taillé pour les synergies en coopération, dans des affrontements spectaculaires aux proportions divines. Mais il faut voir maintenant si tout le reste suivra : progression, modèle économique, exploration… Le nombre de questions en suspens est conséquent et il faudra des mois, voire des années, pour que l’on puisse y répondre.