Il fut un temps où le monde du cinéma et celui du jeu vidéo se synchronisaient pour fournir chacun un titre. On appelait ça les ‘tie-in games’, quasiment tous disparu aujourd’hui. Mais comment cet âge d’or a il- fini par mourir ? Entre tactiques marketing et calendrier grignoté, ces jeux cumulaient les erreurs.
Sortir un film et un jeu vidéo dans le même laps de temps existe depuis le jeu vidéo tel qu’on le connaît (plus ou moins). Ce genre de procédé avait pourtant très mal commencé depuis E.T. l'Extra-Terrestre de 1983, sorti sur Atari quelques semaines après le classique de Steven Spielberg du même nom.
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Adaptation réussie, le film aussi
Il y en a un tas. Et parfois, ces œuvres ont atteint les étoiles. GoldenEye 007, adaptation directe du James Bond de 1995, 96/100 sur Metacritic, a tout bonnement révolutionné le genre du FPS. Le second volet de la saga Peter Parker, sorti en juin 2004 (et son adaptation en jeu huit jours plus tard) ont la même note de 83/100 sur Metacritic.
Gameplay du fameux jeu adapté de James Bond

Bien que ces jeux apportaient parfois des incohérences avec le scénario ou le lore du film (davantage considéré comme canon que dans son adaptation en jeu) ils ont connu un très fort succès car ils étaient très bien produits, comme Star Wars Ep.III, Spider-Man 2 ou encore Le Retour du Roi, tous sortis quelques semaines après leurs films.
D’autres jeux vidéo, comme Aladdin ou Le Roi Lion ont aussi été plébiscités pour leurs graphismes élaborés (avec des critères du début des années 90) et qui duraient relativement longtemps. Les développeurs portaient un réel intérêt à ce qu’ils produisaient.
Les jeux donnaient, par extension, l’envie d’aller voir le film. Leurs sorties simultanées était gage de qualité auprès du public, qui voyait ainsi les sorties comme un grand événement dans lequel le budget était faramineux (sans prendre en compte tous les autres produits qui nourrissaient cette hype comme avec les jouets pour enfants ou les éventuelles suites). Le jeu était un produit d’appel.
Le caillou dans la chaussure de l’industrie
Même si on en a de supers souvenirs parce qu’on était gosses et fans d’une licence il est indéniable que beaucoup de ces jeux sont mauvais, et ont surtout très mal vieilli. En cause : les délais extrêmement serrés imposés pour que les jeux puissent sortir en même temps que les films. Avec un calendrier infernal (combiné aux coûts des licences) et le manque d’investissement, forcément que les titres de mauvaise qualité sont apparus un peu partout. Comme des fleurs ? Non. Comme des champignons, ils poussent dans l’obscurité.
Afin de faire un peu plus d’argent, les produits étaient bien souvent adaptés de licences familiales, voire jeunesse, puisque même nul, un jeu vidéo plaira à un gosse tout simplement parce que ça le divertit ! Voilà la recette magique de ces jeux PlayStation et CD-Rom des années 90 et 2000 : produire à moindre coût. The Bee Movie, Shrek 3, Les Indestructibles, Madagascar : toutes les licences y sont passées.

La réaction en chaîne a fait son travail : les ventes des jeux ont baissé, ce qui a coûté aux licences.Par exemple, Mad Max (Studios Avalanche) devait sortir en même temps que le film Fury Road, en 2015. Mais avec des contraintes logistiques et des conflits avec les éditeurs, il a mis quatre mois supplémentaires (et est au final très bon). Ce qui ne concorde plus vraiment avec “la sortie évènement” qu’était Mad Max à l’époque.
La fin d’une ère
Depuis, le développement d’un jeu prend bien plus de temps et les développeurs n’ont plus assez de budget et de temps pour bidouiller quelque chose d’à peu-près jouable, parce que les critères ont évolué.
Heureusement que Lego est là pour tenir le gouvernail

Aujourd’hui, les jeux adaptés de franchises sortent, mais ne viennent pas des films en eux-même. Les deux industries ne sont plus autant liées qu’autrefois et sortent chacune à leur rythme des oeuvres d’une licence. Et on voit qu’elles ne marchent pas sur leurs plates-bandes ; c’est en se soutenant mutuellement qu’elles réussissent (à vendre beaucoup ou à produire de superbes œuvres), et non en se copiant.