Le film d'horreur 'Teenage Sex and Death at Camp Miasma' dépasse 'Obsession' en critiques mais divise le public

Titre original : Ce nouveau film d'horreur frôle la note parfaite et vole la première place d'Obsession

Obsession n’est plus au top de Rotten Tomatoes. Un autre film d’horreur vient de prendre sa place, et ça cache peut-être quelque chose.

Alors qu’Obsession continue d’occuper le coeur du public, le nouveau film de Jane Schoenbrun, Teenage Sex and Death at Camp Miasma, s’est emparé de la tête des critiques avec un score de 97% sur Rotten Tomatoes. Mais derrière cette adulation, les spectateurs lui attribuent seulement un score de 83% sur la même plateforme.

Le succès critique à 97% (Rotten Tomatoes) de Teenage Sex and Death at Camp Miasma pose question. Présenté comme le porte-étendard du cinéma d’auteur queer, le film de Jane Schoenbrun est une production de dix millions de dollars financée par Plan B (la boîte de production de Brad Pitt) et MUBI.

C'est un certain confort financier pour une production qui se présente comme indépendante. Cela se reflète dans le scénario, où la réalisatrice fictive Kris Williams (Hannah Einbinder) est engagée par un studio pour ressusciter une franchise de slasher moribonde (sous-genre du cinéma d’horreur mettant en scène un tueur éliminant un groupe de jeunes, ici en plein déclin artistique et commercial) afin de sauver sa réputation entachée par son passif transphobe.

Ce budget permet de financer d’importants choix esthétiques, incluant un tournage en pellicule Kodak 35 mm, des décors peints à la main et une bande-son supervisée par Alex G, intégrant Paul Buchanan et Counting Crows.

MUBI's Teenage Sex and Death at Camp Miasma grossed an estimated $252K this weekend from 5 locations in NY/LA, for a per-location average of $50,300.

The film is scheduled to expand to 50+ locations on August 14 & to nationwide release on August 21.

#CampMiasma #BoxOffice

BoxOfficeReport.com (@boxofficereport.bsky.social) 2026-08-09T14:29:05.508Z

Une fracture esthétique théorisée

Ce nouveau film d'horreur frôle la note parfaite et vole la première place d'Obsession

Mais selon certains spectateurs, le film Teenage Sex and Death at Camp Miasma essaie de se donner un genre. Un internaute écrit par exemple sur Reddit : "Il y a une scène où (Gillian) Anderson sert du KFC pour le dîner et on aurait dit le gamin coincé à l'école qui essaie de se donner un surnom cool en suppliant les gens de l'utiliser. "S'il vous plaît, cher public, oh s'il vous plaît, ne voulez-vous pas vous enthousiasmer sur Letterboxd et BlueSky pour ça ? S'il vous plaît ?".

C'est à croire que Plan B et MUBI se sont appropriés les codes du cinéma queer à des fins mercantiles. Pierre Bourdieu théorisait déjà ce phénomène dans ses écrits (La Distinction), le goût esthétique fonctionne comme un outil de classement social et de domination symbolique. La critique valorise la déconstruction universitaire du genre, quand le public recherche une confrontation viscérale et physique avec la terreur.

L’étude universitaire The Industrialization of Queer Sincerity démontre aussi ce phénomène des majors hollywoodiennes s’appropriant désormais les signatures d’auteurs queer pour marchander la cinéphilie alternative, sous faux label indépendant. L’éthique artistique sert ici de simple label marketing pour valoriser des actifs industriels.

Les contradictions économiques du modèle indépendant

Ce nouveau film d'horreur frôle la note parfaite et vole la première place d'Obsession

À l’opposé de ce modèle de studio "déguisé" (Plan B et MUBI n'apparaissent pas systématiquement sur l'affiche), Obsession, écrit et réalisé par le YouTuber de 26 ans Curry Barker, incarne le triomphe populaire de l’année. Produit pour 750 000 dollars, le film a été racheté 15 millions de dollars à Toronto par Focus Features (Universal), récoltant ensuite plus de 488 millions de dollars au box-office mondial.

Cette réussite commerciale cache toutefois une précarité extrême en coulisses. La directrice artistique Sally Choi dénonce une exploitation en coulisses, révélant n’avoir perçu que 300 dollars par jour sur ce tournage non syndiqué, où plusieurs techniciens travaillaient bénévolement ou contre un simple remboursement de carburant.

Dans la séquence finale du film de Schoenbrun, l'actrice Billy Presley (Gillian Anderson) murmure à Kris : « Si cela devient trop réel, tu peux toujours éteindre ». En réalité, l'interrupteur a toujours exclusivement appartenu aux actionnaires d’Hollywood.