Comment le refus de Square de valider le scénario de Final Fantasy VII a engendré la création de Xenogears et transformé le paysage du JRPG

Titre original : Final Fantasy VII aurait du être un tout autre jeu vidéo mais ce refus de Square a donné naissance à ce jeu culte

Vous pensiez connaître Final Fantasy VII sur le bout des doigts ? Détrompez-vous. Si la direction de Square n’avait pas freiné un certain Tetsuya Takahashi, le RPG le plus culte des années 90 aurait pris une tournure monumentale.

Au milieu des années 90, c’est l’effervescence totale chez Square. Après le succès monstre de Final Fantasy VI, l’heure est venue d'imaginer le futur de la franchise sur la toute nouvelle PlayStation. C’est dans ce contexte que Tetsuya Takahashi, alors graphiste chevronné ayant bossé sur Chrono Trigger, décide de tenter sa chance et rédige un scénario d’une noirceur inédite. On y parle de psychanalyse freudienne, de religion et d'armes géantes en métal. Mais Square juge le script beaucoup trop sombre et alambiqué pour être la vitrine grand public de la marque Final Fantasy.

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Un scénario trop lourd pour Chocobo et la naissance d'un mythe sous contrainte

Loin de fermer complètement la porte à Takahashi, les dirigeants de Square lui proposent un compromis. Son histoire ne sera pas Final Fantasy VII, mais il a le feu vert pour en faire un projet à part entière. C'est ainsi que naît Xenogears. Le développement s'avère toutefois être un véritable enfer logistique, ce qui oblige l'équipe à bâcler le second disque sous forme de narration presque textuelle. Malgré ce naufrage technique évité de justesse, le jeu sort en 1998 et devient instantanément un titre à part.

Final Fantasy VII aurait du être un tout autre jeu vidéo mais ce refus de Square a donné naissance à ce jeu culteFinal Fantasy VII aurait du être un tout autre jeu vidéo mais ce refus de Square a donné naissance à ce jeu culte

Même si Xenogears rencontre un succès critique indéniable et s'écoule à plus d'un million d'exemplaires, la frustration monte chez Takahashi. Il avait pensé son œuvre comme le cinquième chapitre d'une saga épique comptant six volets au total. Malheureusement, le studio préfère concentrer tous ses moyens financiers sur Final Fantasy, délaissant les autres franchises. Takahashi réalise vite qu'il n'aura jamais le budget ni le soutien de Square pour développer les suites dont il rêve.

En 1999, Tetsuya Takahashi prend donc une décision radicale et quitte Square, emmenant avec lui sa femme Soraya Saga et une poignée de développeurs chevronnés. Ensemble, ils fondent leur propre studio de développement : Monolith Soft. Soutenus au départ par l'éditeur Namco, ils repartent de zéro pour concrétiser leur vision créative. Monolith Soft devient le refuge parfait pour construire des mondes géants et profonds, ouvrant la voie à une nouvelle ère pour le RPG japonais.

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De l'ombre de Square aux sommets du RPG : l'héritage colossal de la franchise "Xeno"

En s'émancipant de Square, Takahashi ne renonce pas à ses obsessions philosophiques et sort Xenosaga Episode I : Der Wille zur Macht sur PlayStation 2 chez Namco. Cette trilogie spatiale reprend des thèmes complexes de psychologie et de religion qui lui tenaient tant à cœur. Même si la série connaît des hauts et des bas en raison de cinématiques interminables et d'un développement parfois chaotique, elle confirme le statut de Takahashi en tant qu'auteur visionnaire et sans concession.

Le véritable tournant survient en 2007 lorsque Nintendo rachète Monolith Soft, offrant à Takahashi une stabilité financière et créative inégalée. C'est le début de la saga Xenoblade Chronicles sur Wii, Switch et leurs successeurs. La franchise devient rapidement l'un des piliers majeurs du catalogue de Nintendo, acclamée dans le monde entier par la critique et les fans. Ironie du sort, Monolith Soft aide même Nintendo à concevoir les mondes ouverts de The Legend of Zelda : Breath of the Wild et The Legend of Zelda : Tears of the Kingdom

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Finalement, ce refus de Square sur le scénario de Final Fantasy VII a été la meilleure chose qui pouvait arriver au jeu vidéo. D'un côté, Square a sorti un FF7 plus accessible et universel, devenu le phénomène mondial que l'on connaît tous. De l'autre, ce rejet a libéré le génie brut de Takahashi, donnant naissance au jeu culte Xenogears puis à tout l'univers "Xeno". Comme quoi, si Takahashi avait plié l'échine, le paysage du JRPG ne ressemblerait pas du tout à ce qu'il est aujourd'hui.