Le retour de ce jeu vidéo culte sur Nintendo Switch 2 est l’occasion idéale de se replonger dans l’un des J-RPG les plus marquants de l’histoire. Il permet aussi de rouvrir de vieux traumatismes d’enfance. Vingt ans après sa sortie, je me suis relancé dans l’aventure Final Fantasy X avec une idée fixe en tête. Il était temps de régler un compte légendaire avec le redoutable match de Blitzball contre les Luca Goers.
Square Enix célèbre les 25 ans de Final Fantasy X, et j’ai voulu régler mes comptes pendant la fête…
Certaines ressorties nous mettent un sacré coup de vieux, et la toute dernière en date s’appelle Final Fantasy X/X-2 sur Nintendo Switch 2. Pour célébrer les 25 ans du jeu — une vérité que j'ai encore du mal à accepter —, Square Enix a décliné une nouvelle version du portage Switch, en y intégrant les bonus de la version PC afin d'offrir l'expérience la plus complète possible.
Une énième stratégie de la part de l’éditeur japonais pour redorer le blason de sa franchise, qui n’est plus aussi brillant que d’antan, mais qui pourrait s'avérer efficace. En revanche, cette mouture Nintendo Switch 2 s'avère particulièrement coûteuse pour les fidèles de la saga : aucune mise à niveau, aucun tarif préférentiel et aucun transfert de sauvegarde au programme.

Difficile de ne pas voir là une édition pensée avant tout pour les retardataires désireux de découvrir la mythique saga de Square Enix. Pour ma part, n’ayant pas replongé dans Spira depuis près de deux décennies, j’en ai profité pour redécouvrir cet épisode — assurément l'un de mes préférés, voire mon top 1 — et surtout pour régler un compte vieux de vingt ans. « Écoutez mon histoire », comme dirait Tidus, et elle s'écrit cette fois avec la victoire.
On a tous cru que ce match de Blitzball était impossible à gagner : j’ai tout fait pour réussir ce défi, et j’y suis parvenu !
En examinant Final Fantasy X avec le recul, on réalise à quel point le jeu regorge d’épreuves impitoyables sur lesquelles nous avons été nombreux à nous casser les dents. Les éclairs à esquiver, la course de chocobo, les papillons de la forêt de Macalania… Mais l'élément le plus marquant reste l'omniprésence du Blitzball dans l’univers de Spira.
Dès l’entame de l’aventure, le joueur incarne un athlète vedette de ce sport, à la croisée du water-polo et du handball, pratiqué au sein d'une sphère d'eau gigantesque. Cet aspect de Final Fantasy X m’a toujours fasciné… tout en me paraissant longtemps totalement hermétique ! Il faut dire que le jeu nous parachute sans ménagement au cœur d'un match capital, sans la moindre préparation.
À l’époque, la marche me semblait trop haute et l'humiliation subie coupait toute envie d'insister. Je ne pense d'ailleurs pas être le seul à avoir jeté l'éponge. Pourtant, en lançant cette version Nintendo Switch 2, j’ai eu envie de prendre ma revanche ! Est-ce vraiment possible d’abattre l’équipe des Luca Goers, comme l’annonçait Tidus avec toute l'arrogance de sa jeunesse, ou le match est-il injustement truqué au point de balayer nos espoirs en un éclair ?

Depuis vingt-cinq ans, une tonne de joueurs se posent la question et tentent d'élaborer la tactique ultime. Désormais, je peux l'affirmer avec fierté : j’en fais partie ! En réalité, ce qui déconcerte dans le Blitzball, c’est que la transition entre la phase d’apprentissage et cette fameuse finale est particulièrement abrupte. En soi, le tutoriel ne souffre d'aucun défaut majeur : chaque compartiment de jeu est bien expliqué et se montre compréhensible pour qui prend le temps de l'analyser.
Pourtant, lorsque le coup d’envoi retentit, c’est une autre paire de manches ! Le principal écueil réside dans la gestion des déplacements, raison pour laquelle tous les habitués recommandent de basculer en mode manuel. Il convient ensuite d'analyser méticuleusement les caractéristiques de chaque athlète pour exploiter les faiblesses adverses, même si le chaos du terrain peut rapidement faire dérailler le plan. Bref, ce pan de Final Fantasy X se transforme presque soudainement en une partie de Football Manager.

J’optimise le marquage, j’étudie les attributs adverses pour bâtir une muraille défensive et je cherche frénétiquement les lignes de passe idéales pour que Tidus puisse déclencher son fameux Jecht Shot. En face, les Luca Goers enchaînent les frappes insolentes depuis le milieu de terrain, et j’enrage devant tant de facilité et de facteurs aléatoires défavorables, moi qui m'efforce d'appliquer la tactique parfaite…
J'ai perdu le compte du nombre d'essais cumulés, mais mon voisin de siège dans l’avion — écoutez, c'était peut-être le meilleur moment pour me lancer ce défi — a dû profondément s'interroger en voyant tourner les mêmes séquences en boucle. Car oui, ce portage n’a toujours pas eu la bonne idée d'intégrer une option pour passer les cinématiques, frôlant à plusieurs reprises de me faire perdre la raison !

Et puis, après un temps indéterminé, la délivrance est arrivée. Dans les deux dernières minutes du match, Tidus laisse sa place à Wakka, ce qui casse brutalement le rythme de la rencontre, mais je suis resté scrupuleusement fidèle à mon schéma. Lors d’une ultime action, les nerfs à vif, je me retrouve en un contre un face au gardien. Mon tir passe, il reste moins de 5 secondes au compteur : c’est gagné !
L’équipe adverse a à peine le temps d’engager, le coup de sifflet final retentit ! Sur le plan pur du jeu, l'effort ne valait sans doute pas un tel acharnement tant la récompense s'avère extrêmement modeste (un item à utiliser dans le Sphérier). Mais en tant que joueur, j’ai obtenu la plus belle des satisfactions : voir Wakka brandir le trophée pour sa dernière compétition. Près de vingt ans plus tard, j’ai enfin accompli ce qui me semblait inaccessible à l'époque. Cela restera assurément l’un de mes plus beaux accomplissements de joueur.