Sonic Boom : L'Ascension de Lyric, un jeu sous-estimé aux qualités cachées

Titre original : Ce jeu considéré comme un navet absolu est en réalité bien meilleur que vous ne le pensez !

On ne va pas se mentir, parler d’un jeu haï par toute une communauté, c’est souvent réveiller des traumatismes chez les fans. Descendu en flèche à sa sortie, le titre traîne une réputation de catastrophe industrielle. Et pourtant, si on souffle sur la poussière… on a parfois de bonnes surprises ?

En 2014, Sega veut renouveler sa poule aux œufs d'or et lance le projet Sonic Boom. L'idée ? Un rebranding total pour le marché occidental, avec une série animée hilarante, des jouets à la pelle et un gros jeu d'aventure sur console de salon. Sur le papier, Sonic Boom : L'Ascension de Lyric était le casse du siècle : mêler l'univers de Sonic à de l'exploration et des combats façon Ratchet & Clank. Mais voilà, la mayonnaise n’a pas pris auprès des joueurs. Le jeu s'est pris un bashing mémorable, sans que personne ne prenne vraiment le temps d'analyser ses idées.

Voir la Nintendo Switch 2 sur Amazon


Une bande de potes et une vraie variété de gameplay

La vraie force du jeu, c'est d'avoir osé briser la routine du "je cours tout droit et j'appuie sur saut". Ici, l'aventure mise à fond sur la complémentarité de l'équipe : Sonic pour sa vitesse, Tails avec ses gadgets et ses hélices pour flotter et activer des mécanismes à distance, Knuckles avec ses coups de poings massifs et enfin, Amy qui utilise son marteau et ses talents d'acrobate pour atteindre des zones haut perchées. Cette complémentarité force le joueur à réfléchir au lieu d'avancer tête baissée, ce qui transforme chaque niveau en un petit puzzle collaboratif.

Ce jeu considéré comme un navet absolu est en réalité bien meilleur que vous ne le pensez !

Au-delà du casting, c'est le rythme des niveaux qui fait du bien. Vous avez des séquences de vitesse pure où l'on fonce dans des tunnels en esquivant des obstacles, immédiatement suivies par des arènes de combat façon beat'em all. On voltige d'accroche en accroche, on arrache le bouclier des ennemis et on se propulse dans le décor. C'est dynamique et les environnements semi-ouverts encouragent une exploration qu'on n'avait pas vue depuis des années. Franchement, sur le plan de la diversité pure, c'est loin d'être la catastrophe annoncée.


Le piège de la Wii U : un rendez-vous manqué avec l'histoire

Si le jeu s'est fait détruire, ce n'est pas à cause de son concept, mais à cause de son support. Au départ, l'équipe développait le titre sur PC avec un moteur graphique ultra gourmand mais magnifique. Et puis patatras, Sega signe un contrat d'exclusivité avec Nintendo pour alimenter la Wii U. Résultat des courses ? Des concessions techniques colossales ont dû être faites au dernier moment et le jeu l’a payé par des graphismes hasardeux.

Ce jeu considéré comme un navet absolu est en réalité bien meilleur que vous ne le pensez !

Pourtant, quand on regarde le jeu aujourd'hui avec un peu de recul et d'indulgence, ses qualités de game design sautent aux yeux. L'intégration du GamePad, même si elle restait sommaire avec la carte et le scanner d'indices, apportait une certaine touche d'ergonomie. De plus, le jeu proposait un mode coopératif en local où un joueur jouait sur la télévision pendant que l'autre utilisait l'écran du Gamepad. Les fondations artistiques étaient solides, le doublage français d'excellente facture et l'ambiance cartoon très réussie.


Des défauts réels, mais pas pire que d'autres Sonic 3D

Attention, il ne s'agit pas de dire que le titre est un chef-d'œuvre irréprochable. Le jeu souffrait à sa sortie de sacrés bugs d'affichage et de collisions bancales. La caméra faisait aussi parfois des siennes dans les endroits étroits, ce qui pouvait agacer lors des phases de plateforme exigeantes. On ne va pas nier que le titre est sorti trop tôt et manquait cruellement de finition sur le plan technique, ce qui a flingué son image auprès du grand public, éclipsant totalement ses qualités d'aventure coopérative.

Ce jeu considéré comme un navet absolu est en réalité bien meilleur que vous ne le pensez !

Mais soyons honnêtes deux minutes : est-il vraiment le pire jeu de la saga ? Absolument pas. Rappelez-vous du Sonic the Hedgehog de 2006, avec ses temps de chargement interminables et sa jouabilité totalement cassée. Ou pensez aux phases de loup-garou interminables de Sonic Unleashed. À côté de ça, Sonic Boom : L'Ascension de Lyric reste un jeu d'action-aventure accessible, amusant à deux et rempli d'humour décalé. Il serait temps de lui pardonner ses ratés techniques pour enfin reconnaître qu'il offre un moment de divertissement très honnête.