Souvent critiquée pour ses choix scénaristiques et le départ d’Henry Cavill, la série The Witcher a éclipsé deux films d’animation parmi les meilleures adaptations de l’univers imaginé par Andrzej Sapkowski.
Lorsque Netflix a lancé The Witcher en 2019, la plateforme espérait bâtir une grande franchise de fantasie capable de rivaliser avec les productions les plus prestigieuses du genre. Si la série a rapidement trouvé son public grâce à la popularité des romans d'Andrzej Sapkowski et des jeux de CD Projekt Red, son image s'est progressivement dégradée au fil des saisons. Pourtant, dans l'ombre de cette adaptation controversée, deux films d'animation méritent largement l'attention des fans de la saga. Et l'un d'entre eux figure même parmi les meilleures œuvres jamais produites autour du Sorceleur.
Une série ambitieuse qui divise les fans
Portée durant trois saisons par Henry Cavill dans le rôle de Geralt de Riv, The Witcher réunissait également Freya Allan dans la peau de Ciri, Anya Chalotra en Yennefer et Joey Batey en Jaskier. Adaptée des romans d'Andrzej Sapkowski, la série raconte le destin croisé du célèbre chasseur de monstres, de la jeune princesse Ciri et de la puissante magicienne Yennefer, dont les trajectoires finissent par converger au cœur d'un continent ravagé par les guerres, les intrigues politiques et les créatures surnaturelles.

La première saison a bénéficié d'un accueil plutôt favorable, saluée pour son univers, ses scènes d'action et la prestation très convaincante d'Henry Cavill, lui-même passionné par les livres et les jeux. En revanche, les saisons suivantes ont suscité des critiques de plus en plus nombreuses. Les libertés prises avec le matériau d'origine, certaines intrigues jugées confuses et des personnages parfois éloignés de leur version littéraire ont déçu une partie de la communauté. Le départ d'Henry Cavill, remplacé par Liam Hemsworth pour les dernières saisons, a définitivement cristallisé les tensions entre Netflix et ses abonnés.
Quand l'animation fait mieux que le live action
En parallèle de la série, Netflix a pourtant développé deux longs-métrages d'animation souvent passés sous les radars. Le premier, The Witcher : Le Cauchemar du loup, est sorti en 2021. Produit par le Studio Mir, déjà reconnu pour la qualité de ses productions, il raconte la jeunesse de Vesemir, futur mentor de Geralt, et revient sur la chute de Kaer Morhen, événement majeur de la mythologie des Sorceleurs.

En 2025 est arrivé The Witcher : Les Sirènes des abysses, lui aussi animé par Studio Mir, avec la participation de Platige Image. Inspiré de la nouvelle Un petit sacrifice, le film remet Geralt au premier plan dans une aventure mêlant conflit entre humains et créatures marines. Tous deux s'inscrivent dans la continuité de l'univers de Netflix tout en restant suffisamment indépendants pour être appréciés sans suivre la série. Leur réception critique fut globalement positive, les spectateurs louant particulièrement leur fidélité à l'ambiance des romans ainsi que la qualité de leur animation.
Deux films qui méritent votre attention
À mes yeux, ces deux productions représentent ce que Netflix a proposé de plus inspiré autour de The Witcher. Je recommande en priorité Le Cauchemar du Loup, qui constitue une excellente porte d'entrée dans cet univers. Il n'est absolument pas nécessaire d'avoir regardé la série pour comprendre l'histoire, tant le récit se suffit à lui-même et développe efficacement son protagoniste.
Ce qui m'a surtout marqué, c'est l'équilibre entre spectacle et émotion. Les combats sont superbement chorégraphiés, l'animation est d'une fluidité remarquable et la mise en scène multiplie les séquences impressionnantes sans jamais sacrifier les personnages. Le film explore également la condition des Sorceleurs, leurs sacrifices, leur réputation ambiguë et les tensions qui les opposent aux humains, autant d'éléments au cœur de l'œuvre de Sapkowski.

Les Sirènes des abysses adopte une approche plus classique, mais réussit lui aussi à retrouver l'esprit des romans originaux. On y retrouve un Geralt fidèle à ses valeurs, confronté à un conflit moral complexe où aucune faction n'a totalement raison ni totalement tort. Cette nuance, omniprésente dans les romans, constitue l'une des plus grandes qualités de l'univers.
Au final, ces deux films prouvent qu'il est possible d'adapter The Witcher avec justesse. En restant fidèles à l'esprit de l'œuvre originale, ils développent sa mythologie avec intelligence et proposent un spectacle ambitieux qui mérite largement le détour.