Ces deux derniers jours, j’ai pu prendre en main EA Sports FC 27 pour la toute première fois depuis son annonce officielle par le biais de multiples sessions de jeu, alternant entre des matchs de Coup d’envoi… et le fameux nouveau mode en « open-world », baptisé The Grounds. Entre les ajustements de gameplay IA, la défense qui demande bien plus d’effort manuel et l’introduction d’un hub social en monde ouvert qui apporte une dimension plus organique à certaines expériences, EA Sports FC veut prouver qu’il évolue bien chaque année, mais est-ce que les fans trouveront ça suffisant ?
EA Sports FC 27 muscle son jeu en attaque et en défense… mais surtout en attaque !
N’y allons pas par quatre chemins, l’un des maîtres mots de cette nouvelle mouture — parce que, oui, il y en a plusieurs —, c’est la fluidité naturelle. Je venais à peine de mettre mes mains sur EA Sports FC 27 que la promesse d'une meilleure intelligence artificielle offensive saute rapidement aux yeux.
Fini la nécessité de constamment solliciter la touche d'appel de balle manuel pour essayer d’aller casser les lignes adverses et trouver la faille. Les coéquipiers proposent désormais spontanément des courses plus variées et incisives, oscillant entre appels en diagonale, trajectoires courbes et attaques de l'espace dans le bon tempo.
Samuel Rivera, Gameplay Executive Producer et membre de l'équipe de développement, résume parfaitement ce changement de philosophie :
Pour moi, la plus grande amélioration se situe au niveau de l'IA d'attaque. Dans FC 26, quand j'attaquais, j'avais l'habitude d'envoyer les joueurs en appel manuel avec L1 ou LB. Dans FC 27, pour la première fois depuis des années, je n'en ai plus besoin. Il me suffit de regarder mes coéquipiers, de voir où ils courent, quel type d'appel ils font, puis de doser mes passes.

Effectivement, au fil des matches que l’on a pu jouer en mode Coup d’envoi — c’est généralement l’unique option dans ces découvertes en avant-première —, je m’en suis souvent rendu compte à plus d’une reprise, en particulier parce que je n’ai jamais été du genre à spammer l’appel de balle.
De toute manière, on a pu découvrir que la dépendance à cette technique n’était plus la même puisque les joueurs n’adoptent plus le même type de course. On se souvient des grandes lignes droites qui leur faisaient habituellement remonter la quasi-totalité du terrain. Ici, ce n’est plus que 30% de cette distance, ce qui ne va pas manquer de nous soulager dans les phases défensives.
Je ne dis pas ça par hasard puisque, côté défense, on est bien moins assisté que dans EA Sports FC 26. Pour équilibrer cette liberté offensive — ou exacerber, ce que je crains quand même pas mal tant j’ai l’impression qu’il y a beaucoup de choses qui penchent en faveur de l’attaque — les développeurs ont fait le choix fort d'affaiblir l'assistance automatique de l'IA défensive. Les tacles automatiques intempestifs appartiennent désormais au passé et le rayon d'interception passif a été nettement réduit.

Pour récupérer le cuir, il faut dorénavant basculer manuellement sur le bon joueur et couper soi-même les trajectoires. Pour compenser ce niveau d'exigence accru, les outils de défense manuelle gagnent en tranchant, avec un tacle debout disposant d'une portée légèrement supérieure et une meilleure réactivité en jockey. Il est vrai qu’après un grand nombre de parties, j’avais l’impression de mieux maîtriser ce compartiment de jeu et d’être moins puni, voire d’avoir plus de matière pour contenir plus rigoureusement les attaques, et ce, en comparaison de EA FC 26.
Gilliard Lopes, Principal Gameplay Designer et l’un des deux développeurs que j’ai pu interroger lors de cette découverte, précise l'ajustement apporté à l'arrière-garde :
L'IA défensive aura un rayon d'interception plus réduit. Si vous voulez être meilleur pour intercepter, vous devez changer de joueur manuellement et le placer sur la trajectoire de la passe. Les défenseurs ne réaliseront plus de tacles automatiques. En contrepartie, lorsque vous contrôlez le bon joueur, vous avez plus de pouvoir : un rayon de tacle debout légèrement plus grand et plus de réactivité dans le jockey.
Si on sent qu’EA Sports FC 27 maîtrise son discours sur ces ajustements « équilibrés » entre secteur offensif et défensif, les mécaniques inédites sont majoritairement là pour pimenter les phases d'action. La prise en main permet de découvrir l'option « Pass and Follow », déclenchable en combinant les deux gâchettes hautes lors d'une transmission. Ce système force le passeur à effectuer immédiatement un dédoublement autour du receveur pour créer le décalage.
Les coups de pied arrêtés bénéficient, eux aussi, d'un ajustement bienvenu : sur corner, désormais joué en deux temps, les joueurs disposent d'une liberté totale de mouvement dans la surface de réparation, permettant d'ajuster leur course d'élan pour couper la trajectoire du ballon avec un maximum d'impact.

L’idée est surtout de trouver une zone — un principe qui innerve d’autres mouvements ajustés dans FC 27, comme les passes en profondeur ou les centres — dans la surface de réparation, ou aux alentours, et d’y créer une occasion en y emmenant soi-même un joueur.
Enfin, une partie de la puissance autrefois attribuée aux PlayStyles a été réinjectée directement dans les statistiques brutes des athlètes pour rééquilibrer les débats.
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EA Sports FC 27 m’a servi du spectacle… et toujours les mêmes doutes sur un plateau !
Comme je le disais, à force d’accroître le nombre de matchs joués, l’expérience que j’ai eu de ce EA FC 27 semble confirmer ces intentions à la fois spectaculaires et visant l'authentique. Sur le terrain, la fluidité des enchaînements se ressent rapidement, en grande partie grâce aux ajustements apportés aux animations de contrôle orienté, notamment dos au but.
Lors d'un choc opposant Manchester City au Paris Saint-Germain (l’équipe du Bayern Munich et du Real Madrid faisaient partie des quatre équipes disponibles), le rythme s'est révélé particulièrement soutenu. Les contre-attaques fusent dès que le bloc adverse se trouve positionné un peu trop haut, ce qui débouche sur des duels intenses d'un camp à l'autre. Reste à voir le résultat avec des équipes aux statistiques moindres !

La défense manuelle s'illustre par des actions plus instinctives. Le tacle dans les pieds apparaît moins punitif que dans l'édition précédente et l'organisation collective semble gagner en cohérence.
En jouant contre d’autres personnes présentes lors de l’événement, j’ai parfois assisté à des situations de jeu marquantes : le sauvetage in extremis d'un défenseur venu couvrir la ligne de but de manière naturelle à une boulette surprenante, à l'image d'un Gianluigi Donnarumma expédiant le ballon dans ses propres filets en voulant dévier une frappe du bas de la paume. Pas de doute, EA Sports FC 27 n’aura pas gommer toutes les frustrations de son aîné !
Malgré les changements notables, j’ai eu l’impression générale qu’ils étaient dilués dans l’expérience générale. Pour celles et ceux qui s’attendent à des évolutions drastiques, ça n’a pas l’air d’être à l’ordre du jour sur la base de ce que l’on a vu. En termes de sensation pure, c’était comme lancer EA Sports FC 26, avec peut-être un poil de lourdeur et une fluidité légèrement plus prégnante.

Maintenant, ce sont surtout les amateurs des modes de jeu en ligne qui attendent de savoir si le couperet va s’abattre sur eux avec ces remaniements de gameplay. Car, à mon sens, l'ombre de la méta plane toujours. La présentation m’a fait entrevoir les mêmes déséquilibres.
Si les passes en profondeur respectent désormais plus fidèlement la visée manuelle du joueur et exigent une précision accrue — EA FC 26 avait tendance à être généreux sur ce point avec des imprécisions grassement récompensées —, on peut s'interroger sur l'émergence de nouveaux schémas de jeu répétés en ligne. Les affrontements compétitifs montreront si ces réajustements et la redistribution de la puissance des PlayStyles sauront contenir les abus habituels qu’on constate régulièrement dans le cadre de la scène multijoueur.
« The Grounds » : EA Sports FC 27 inaugure une terre de fantaisies en monde ouvert. Un potentiel à court terme, mais…
Electronic Arts ne s’en cache pas vraiment. Bien qu’il y ait quelques modifications qui tentent de tirer le gameplay vers le haut, l’argument majeur de cette édition 2027, c’est le monde ouvert « The Grounds », que certains ne manqueront pas à de comparer à ce que NBA 2K propose.
Ce nouveau hub social ouvert et interactif centralise les modes Clubs et Rush au sein d'un même environnement connecté, afin de tronquer les menus pour quelque chose de plus organique. Cet espace permet aux joueurs d'incarner leur avatar unique et de faire progresser leur réputation de manière unifiée, qu'ils disputent des matchs officiels ou participent à des activités informelles.

Ceci étant dit, notre personnage ne sera pas seul sr la voie de la réussite, dans cette ascension footballistique « des grounds » jusqu’au sommet puisqu’il pourra compter sur le mentorat d’un casting prestigieux qui accompagnera sa progression.
Comme révélé, le mode intègre une dimension narrative guidée par des figures emblématiques. Alex Hunter fait son grand retour dans le rôle de mentor principal pour ancrer le parcours du joueur. À ses côtés, plusieurs stars internationales (Kylian Mbappé, Paulo Dybala, Chloe Kelly) incarnent différentes facettes du sport.
Au-delà d’afficher des visages extrêmement connus, l'immersion passe surtout par une identité visuelle et culturelle marquée. Au lancement, trois districts distincts (Montclair, Zeiza, Parkside) mettent à l'honneur les cultures footballistiques française, britannique et argentine. Et ce n’est peut-être que le début !

Malheureusement, tout le monde ne pourra pas en profiter puisque l’éditeur/développeur a fait le choix de réserver The Grounds exclusivement aux consoles de génération actuelle (PS5, Xbox Series X/S) et au PC, délaissant ainsi la PS4, la Xbox One et la Nintendo Switch. Plutôt que de nous faire faire des kilomètres dans les rues de cet « open-world », les équipes ont préféré placer cet essai sous le signe de l’amusement pur et instinctif.
À ce propos, on a eu l’occasion de s’y plonger le temps de deux essais de deux fois 30 minutes, notamment pour picorer parmi quelques-uns de ce que Electronic Arts nomme les Kickabouts, des activités disséminées dans les trois quartiers qui apportent une fraîcheur bienvenue.
Du 3 contre 3 sur un terrain réduit où l’on peut exploiter les murets en guise de quatrième joueur, des challenges en 2 contre 2 imposant des conditions spécifiques pour valider les buts, en passant par des parcours d'obstacles balle au pied, des épreuves qu’on croirait sorties d’un Mario Party (tirer sur ces adversaires avec un ballon à trois reprises pour les éliminer) ou encore du basket… à la sauce football. Dans la salle, il y avait cette sensation d’un nouveau rendez-vous pour les soirées entre potes.

Il est vrai que, sur le coup, on se prend clairement au jeu de ces activités qui tranchent avec le côté très traditionnel des matchs de compétition dans les plus grands stades du monde. J’ai été le premier étonné de voir que la sauce prenait, mais cet engouement fugace souligne, à mon sens, deux points sensibles. Le premier, c’est la crainte d’un manque de renouvellement. Le second, c’est le potentiel à court terme sans la certitude d’une confirmation sur la durée.
Est-ce que cette fonctionnalité inédite suffit-elle à en faire un argument majeur de cette mouture ? Est-ce qu’on prendra plaisir à y passer du temps ou à s’y balader (le peu de temps qu’on a passé dans les rues n’était pas la portion la plus exaltante, soit dit en passant). Electronic Arts, comme son homologue Take-Two Interactive, semble y voir un élément important pour les années à venir, et il y a fort à parier que l’éditeur/développeur fasse des pieds et des mains pour le rendre attractif et l’inclure dans la routine des joueurs les plus dévoués de la franchise et des contenus qu’elle propose.
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Comme souvent, au fil des années, EA Sports FC nous offre des soubresauts de joie… avant de nous faire retomber à plat, et ça reste le cas de ce EA FC 27. D'un côté, la valorisation du jeu défensif manuel, la meilleure réactivité de l'IA offensive et la fraîcheur apportée par « The Grounds » démontrent une réelle volonté de mettre sur le marché une mouture digne de ce nom. De l'autre, l’impression d’avoir affaire à une mise à jour d’EA FC 26, les mêmes interrogations qui reviennent quand on anticipe les dérives d’un jeu aussi rapide et offensif et le potentiel entre deux eaux de The Grounds dont le contenu va devoir convaincre sur le long terme. Bref, une prise en main qui donne le ton au sujet du gameplay, mais qui tire toujours le même chariot de questions, et ce, depuis quelques années.