En plein tournage du prochain film Resident Evil, une cascade à l’ancienne a bien failli tourner au drame absolu. Le réalisateur Zach Cregger a révélé qu’une scène spectaculaire de la dernière bande-annonce a failli coûter la vie à un membre du casting.
L'industrie du cinéma aime de plus en plus se vanter de délaisser les écrans verts pour revenir aux effets pratiques, mais cette quête d'authenticité comporte parfois de gros risques : le tournage du prochain long-métrage Resident Evil a bien failli virer au drame absolu. Le réalisateur Zach Cregger a révélé qu'un choix de mise en scène particulièrement risqué a presque coûté la vie à son acteur principal, Austin Abrams. Une séquence à couper le souffle désormais immortalisée dans la bande-annonce, mais qui s'est jouée à quelques centimètres près.
Voir Resident Evil Requiem chez Amazon
68 kilos de sang et de chair artificielle
Pour ce nouvel opus cinématographique prévu pour la rentrée, Zach Cregger a fait un pari fort : bannir au maximum les effets numériques au profit d'effets physiques et concrets. Une décision louable pour le réalisateur de Barbarian, mais qui comporte son lot de risques majeurs lors des scènes d'action pure.
L'incident en question s'est produit durant le tournage d'une scène d'exode urbain, bien visible dans le premier trailer du film. Le protagoniste, un coursier médical nommé Bryan, court à en perdre haleine dans une rue alors que des infectés se jettent littéralement des toits des immeubles. Pour matérialiser ces chutes spectaculaires sans l'aide d'ordinateurs, la production a suspendu d'immenses poches de sang artificiel de la taille d'un être humain à des grues, programmées pour s'écraser au sol au rythme de la course du comédien.

Zach Cregger, lors d'une session de questions-réponses retransmise notamment par le site IGN, raconte les coulisses de cette séquence :
Il a fallu concevoir une séquence où il court pendant que des corps tombent et explosent tout autour de lui. Je ne voulais pas utiliser d'effets numériques, car je trouvais que cela se verrait trop. Je me suis donc demandé comment réaliser cela avec de vraies explosions. (...) La solution consistait à utiliser plusieurs grues et des poches de sang de la taille d'un corps humain ; on a répété inlassablement la chute de ces charges et la vitesse de sa course. Ensuite, on a tourné la scène en le suivant avec une voiture travelling : il courait tandis que les poches étaient larguées, s'écrasant et explosant tout autour de lui. (...) Sauf que l'une d'elles s'est déclenchée trop tôt et l'a frôlé de très peu. Or, ces charges pèsent environ 68 kilos. Ça l'aurait tué. S'il avait fait un seul pas de plus vers la droite, il serait mort. Mais la scène est dans le film, donc ça en valait vraiment la peine. J'étais super emballé ! J'ai même demandé : 'Oh, on peut la refaire ?' Et ils m'ont répondu : 'Non, il a failli mourir !' - Zach Cregger, via IGN.
Si l'acteur s'en est sorti indemne (malgré quelques blessures mineures inhérentes au tournage), le timing s'est joué à une fraction de seconde près. Le plan conservé au montage final montre ainsi l'authentique frôlement de cette charge de près de 70 kg.
Une franchise historiquement marquée par les drames
Si Zach Cregger affiche un enthousiasme débordant quant au réalisme du plan obtenu, ce genre d'aveu rappelle certaines heures sombres des productions hollywoodiennes. On se souviendra notamment de la mort par balle de Brandon Lee sur le tournage de The Crow en 1993, et plus récemment, de l'acteur Alec Baldwin ayant accidentellement tué la Directrice de la photographie et blessé le réalisateur du film Rust avec une arme à feu en 2021.
Mais la saga Resident Evil elle-même traîne un lourd passif en matière de sécurité sur les plateaux. Le tournage de Resident Evil: The Final Chapter, sorti en 2017, avait été endeuillé par un accident mortel. Ricardo Cornelius, un technicien de 34 ans membre de l'équipe de production, avait perdu la vie en Afrique du Sud après avoir été coincé contre un mur par un véhicule de type Hummer qui avait glissé d'une plateforme pivotante. Quelques semaines plus tôt, sur ce même film, la doublure cascade de Milla Jovovich, Olivia Jackson, subissait un terrible accident de moto qui lui avait coûté l'amputation de son bras gauche.
L'univers de Raccoon City semble décidément indissociable d'une prise de risque maximale, parfois à la limite de l'inconscience. Reste à voir si l'approche viscérale et brute promise par Cregger, qui compare le périple de son personnage principal à celui de Frodon s'enfonçant vers le Mordor, parviendra à convaincre la communauté à sa sortie en salles le 16 septembre prochain.