Entre deux tournages et trois réflexions métaphysiques sur ses réseaux sociaux, le papa de Metal Gear et Death Stranding a une idée très précise de son baroud d’honneur. Pas de lit d’hôpital ni de drame déplacé : Hideo Kojima sait exactement dans quel décor parfait il souhaite tirer sa révérence.
On le sait depuis des années grâce à la célèbre formule gravée sur sa biographie : le corps d'Hideo Kojima est composé à 70 % de cinéma. Mais à 62 ans, alors que le créateur japonais continue d'agiter l'industrie vidéoludique avec ses productions gargantuesques, la question de sa propre finitude s'invite désormais au détour de ses apparitions publiques. Lors d'une prise de parole dans un festival du film en ce mois de juillet 2026, l'esprit le plus fantasque du jeu vidéo a abordé un sujet à la fois sombre et terriblement poétique : le scénario idéal de ses ultimes instants.
Un clap de fin gravé sur grand écran
La scène semble tout droit sortie d'une séquence cinématique dont il a le secret. Lors d'un événement dédié au septième art, le concepteur s'est laissé aller à une confession particulièrement inattendue sur son rapport à la mort. Loin de toute gravité macabre, c'est avec la passion débordante du cinéphile accompli qu'il imagine le cadre de son tout dernier souffle.
Hideo Kojima, créateur de jeux vidéo et fondateur du studio Kojima Productions, explique ainsi selon des propos relayés par NME :
Je suis quelqu'un qui a toujours pensé que lorsque je mourrai, je voudrais que ce soit dans une salle de cinéma. Le moment que je préfère, c'est juste avant que le film ne commence. Vous entrez dans la salle, les lumières s'éteignent, les publicités et les bandes-annonces défilent, et c'est juste avant le début du film que j'aimerais m'éteindre.
Cette déclaration théâtrale en dit long sur la personnalité de l'artiste. Pour quiconque suit son travail depuis l'époque de la MSX, cette obsession pour l'ambiance des salles obscures n'a rien d'un hasard. Le créateur nippon a toujours nourri une fascination sans borne pour le septième art, insufflant des séquences cinématiques d'une densité folle et une mise en scène hollywoodienne dans chacune de ses œuvres.
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Le vertige du temps et la boulimie créative
Le temps qui passe reste le seul adversaire contre lequel personne ne peut lutter. Cette méditation sur la mortalité n'apparaît d'ailleurs pas de manière isolée chez le développeur. Au début de l'année 2025, alors qu'il fêtait ses 61 ans, le créateur s'interrogeait déjà publiquement sur le nombre d'années qu'il lui restait à créer avant de devoir passer la main. Cette conscience aiguë du temps qui file semble pousser le créateur à accélérer le rythme plutôt qu'à préparer une paisible retraite.
Son carnet d'adresses ressemble plus que jamais à un tapis rouge de cérémonies américaines. Kojima s'entoure en effet des plus grands noms du cinéma contemporain pour façonner ses futurs projets. Après avoir collaboré étroitement avec Guillermo del Toro ou Nicolas Winding Refn, il s'est allié au réalisateur oscarisé Jordan Peele pour concevoir son ambitieux projet d'horreur baptisé OD. Conçu comme une expérience terrifiante portée par Hunter Schafer, Sophia Lillis et Udo Kier, le titre entend repousser toutes les frontières de l'effroi numérique.
Hideo Kojima précisait d'ailleurs au micro du magazine NME ses intentions artistiques pour ce titre très mystérieux :
Je voulais aller au-delà de la limite de la peur que d'autres jeux avaient atteinte. C'est un jeu solo, et je voulais le rendre aussi effrayant que possible.