Sorti en 2002, ce jeu est un monument de la GameCube. Pourtant, sous son ambiance de vacances idylliques, se cache un titre d’une difficulté impitoyable. Entre sa maniabilité rigide, ses niveaux punitifs et son 100% infernal, ce chef-d’œuvre a traumatisé toute une génération de joueurs, dont moi.
En 2002, après le choc planétaire de Super Mario 64, Nintendo devait frapper un grand coup pour sa GameCube. La firme décide alors d'envoyer sa mascotte moustachue sous les tropiques dans Super Mario Sunshine. L’occasion d'introduire une mécanique totalement inédite : le J.E.T., un jet-pack à eau fixé sur le dos de Mario. Mais très vite, la carte postale idyllique va révéler ses faces sombres. Derrière les sourires des villageois et le soleil radieux, ce titre va rapidement devenir le mouton noir de la saga par sa nature à faire hurler de rage les joueurs, même les plus chevronnés.
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Une maniabilité à double tranchant : quand Mario fait des siennes
Le premier vrai problème quand on relance le jeu aujourd'hui, c'est la physique globale de Mario, qui s'avère particulièrement déstabilisante. On a l'habitude d'un héros agile et précis, mais ici, ses mouvements sont d'une sensibilité extrême. Le moindre pixel de trop sur le stick directionnel et notre plombier glisse comme s'il marchait sur du savon. Nintendo a voulu donner une sensation d'élan et de vitesse, mais cela se traduit souvent par une immense frustration lors des phases de plateforme pure.

À cette sensibilité exacerbée s'ajoute une rigidité globale de la caméra et de certaines collisions qui ont mal vieilli. Sans l'aide constante du jet d'eau pour corriger la trajectoire en plein vol, de nombreux sauts se transforment en un véritable calvaire. Mario a tendance à rebondir bizarrement contre les murs ou à rater des rebords qui semblaient pourtant totalement à sa portée. Cette lourdeur inattendue transforme des phases de jeu qui devraient être amusantes en de véritables exercices d'équilibriste ultra-stressants pour le joueur.
Les niveaux secrets : le J.E.T. de la discorde et le cauchemar des pièces rouges
Le summum de la cruauté de Super Mario Sunshine se trouve sans aucun doute dans ses fameux niveaux secrets. Dans ces défis, Anti-Mario nous prive purement et simplement de notre J.E.T., nous laissant nus face à des parcours de plateforme d'un pur sadisme. Sans notre propulseur pour rattraper une mauvaise trajectoire, chaque saut devient une question de vie ou de mort. Les blocs qui tournent, les pentes glissantes et le vide infini exigent une concentration absolue, digne d'un jeu de précision hardcore.

Et que dire des missions de collecte, en particulier celles qui intègrent les fameuses pièces rouges dans des conditions lunatiques ? On pense tous immédiatement au niveau de la feuille de nénuphar sur la rivière de poison, où le moindre contact avec l'eau est instantanément mortel, ou encore au mythique et infernal niveau du flipper géant. Ces séquences ne demandent pas juste de la concentration, elles exigent des réflexes surhumains et une patience infinie, repoussant les limites de ce qu'on attend normalement d'un jeu de plateforme grand public.
Le mur des 100% : la folie des pièces bleues cachées
Si terminer l'aventure principale est déjà un exploit en soi, décrocher les 120 soleils relève carrément de la folie pure et simple. La raison principale de ce calvaire porte un nom : les pièces bleues. Au total, il y en a 240 à débusquer à travers tous les mondes du jeu qui nous permettent d'échanger dix de ces pièces contre un soleil. Le problème majeur, c'est que Nintendo les a disséminées absolument partout, sans la moindre logique apparente et surtout, sans donner le moindre indice au joueur pour l'aider dans ses recherches.

Pour couronner le tout, certaines de ces pièces bleues n'apparaissent que dans des chapitres bien spécifiques d'un niveau, ou demandent d'arroser un bout de mur totalement insignifiant pendant de longues secondes. Sans un guide stratégique ou une solution internet sous les yeux, il est strictement impossible de toutes les trouver par soi-même. Cette absence totale d'indications transforme la quête du 100% en un travail d'investigation fastidieux, qui vient ternir la conclusion de ce pourtant magnifique chef-d'œuvre de la GameCube.
Pourtant, malgré ses pics de difficulté, réduire Super Mario Sunshine à ses seuls défauts serait une immense erreur. Avec le recul, il s'impose sans aucun doute comme le Mario en 3D le plus sous-côté et le plus audacieux de toute la franchise. Sa prise de risque totale, que ce soit à travers son univers estival ou l'intégration ultra-créative du J.E.T., témoigne d'une époque où Nintendo n'avait pas peur de bousculer ses propres codes. Ce soleil de plomb et cette difficulté punitive font paradoxalement tout le charme et le caractère unique de ce joyau brut de la GameCube.