La MGM, vous connaissez ? Mais si, vous savez, cette grande maison hollywoodienne avec le lion qui rugit au début de chacun de leurs longs-métrages. Eh bien il y a eu une occasion particulière pour laquelle le lion s’est tu, ouvrant ainsi la porte à de nombreuses parodies.
Le rugissement de "Leo", le célèbre lion de la Metro-Goldwyn-Mayer, fait partie du patrimoine mondial du cinéma : depuis plus d'un siècle, ce signal sonore annonce certaines des plus grandes productions hollywoodiennes. Pourtant, il existe une exception historique majeure où le roi de la jungle est resté totalement muet. En 1959, à l'occasion de la sortie du monumental péplum Ben-Hur, le réalisateur William Wyler a réussi un coup de force inédit : convaincre le studio de faire taire sa mascotte afin de préserver l'atmosphère de sa scène d'ouverture.
Quand William Wyler imposa le silence au roi de la jungle
L'histoire du lion de la MGM remonte à l'époque du cinéma muet, en 1923, bien avant que la fusion des studios ne donne naissance à la firme telle qu'on la connaît. Au fil des décennies, huit félins différents se sont succédés pour incarner ce logo légendaire. Mais pour le cinéaste perfectionniste William Wyler, ce rugissement tonitruant représentait une véritable nuisance artistique. Le film Ben-Hur s'ouvre en effet sur une séquence d'une grande solennité : la Nativité et la visite des rois mages à l'enfant Jésus. Wyler refusait catégoriquement que les spectateurs passent abruptement d'un cri de bête sauvage à une scène biblique aussi sacrée.
En 1959, cette exigence artistique se transforma en un argument marketing inattendu. Wyler confia au New York Times qu'il avait dû longuement persuader la Metro-Goldwyn-Mayer. Selon lui, le film gagnerait en dignité si le lion ne rugissait pas, expliquant qu'un chef-d'œuvre ne devait pas s'ouvrir comme une simple réclame publicitaire. Le studio céda et utilisa des images d'archive où l'animal restait calme et immobile. À la surprise du réalisateur, ce choix fit la une des journaux, tant toucher à cette icône d'Hollywood relevait à l'époque du sacrilège.
De Ben-Hur aux parodies cultes du logo
Si le cas de Ben-Hur reste la première et la plus noble entorse à la règle, la MGM s'est par la suite largement amusée à détourner son propre symbole. Le silence imposé par Wyler a ouvert la voie à de nombreuses fantaisies au fil des ans. Dans Tarzan, l'homme singe, le rugissement du félin fut ainsi remplacé par le célèbre cri de Johnny Weissmuller.
Plus tard, dans la saga de La Panthère Rose, le pauvre lion se faisait grossièrement interrompre par l'inspecteur Clouseau et par la panthère elle-même. Plus récemment, le détournement a pris une autre tournure : lors des projections spéciales sur la Sphère de Las Vegas, Leo le lion s'efface pour laisser place au Lion Poltron du Magicien d'Oz. Aujourd'hui, bien que le studio soit passé sous le giron du géant Amazon, l'héritage reste intact.