Ce jeu culte des années 80 est impossible à terminer. Et pas parce qu’il est super dur. Parce qu’il est impossible d’aller au-delà du niveau 256.
Nous sommes au début des années 1980. C’est l’âge d’or de l’arcade, et tous les geeks passent des heures sur Space Invaders, Asteroids et Galaxian. Et certains joueurs deviennent tellement bons qu’ils poussent ces bornes dans leurs derniers retranchements. Tout le monde connaît par exemple le kill screen de Donkey Kong (1983), qui provoque automatiquement la mort de Jumpman (Mario avant Mario) à l’écran 117. Mais il y a un autre cas très connu : celui de Pac-Man.
Un classique de l’arcade
Est-ce qu’on a besoin de vous présenter Pac-Man ? Apparu pour la première fois en 1980, ce “jeu de labyrinthe”, développé par les japonais de Namco, est un incontournable de l’arcade. Le principe est simple : on contrôle une petite boule jaune qui avale tout ce qui passe : des pac-gommes - petites boules dispersées à travers tout le niveau -, des fruits, voire les fantômes qui nous pourchassent (à condition d’être tombé sur un super pac-gomme au préalable). Plus on mange de trucs, plus on gagne de points. Pour passer au niveau suivant, il faut avoir englouti tous les pac-gommes.
Mais Pac-Man est un jeu d’arcade et, par définition, il ne fait pas de cadeaux (pour inciter les joueurs à remettre une pièce dans la machine). Le comportement des quatre fantômes est complémentaire et on peut vite se retrouver coincé. Pour ne rien arranger, à partir du niveau 19, les ectoplasmes ne se laissent plus avalés par Pac-Man, et à partir du niveau 21, ils se déplacent plus rapidement.
(Crédits : Concord Monitor)

Le mystère du niveau 256
Ce n’est évidemment pas ça qui va arrêter les pro player (car oui, il y en avait déjà à l’époque). Par contre, même eux ne peuvent rien contre les limitations techniques de la borne Pac-Man. En 82 ou en 83 - selon les sources -, des joueurs vont découvrir que la “fin du jeu” se situe au niveau 256. Le jeu ne peut tout simplement pas aller au-delà.
Au niveau 256, Pac-Man part complètement en vrille. La partie droite de l’écran est envahie de lettres, de chiffres, de caractères étranges. La partie gauche, quant à elle, est encore jouable. On peut encore faire monter son score. D’ailleurs, pour obtenir le nombre maximum de points sur cette version - 3.333.360 -, il faut récupérer des pac-gommes cachés sous le gloubi-boulga de symboles. On peut même manipuler tout ce bazar : quand on perd une vie, une partie des pac-gommes réapparaît.
Le monde merveilleux des machines 8 bits
Mais, pourquoi Pac-Man part en cacahuètes au niveau 256 ? C’est très concrètement lié à la capacité de la borne d’arcade. Comme l’explique la chaîne YouTube Retro Game Mechanics, la borne de Namco compte les niveaux avec du 8 bits, ce qui veut dire qu’elle peut garder en mémoire 256 valeurs : ici, de 0 à 255. Et quand cette limite est dépassée, c’est le bordel. Un bout de code chargé d’afficher les fruits ne sait pas comment gérer la surcharge : au lieu de dessiner quelques symboles, la machine va chercher tout et n’impote quoi dans de mauvaises zones de la mémoire.
Aujourd’hui, des ROM patchées permettent de jouer à Pac-Man sans risque d’infarctus au niveau 256. Mais ce bug est indéniablement entré dans l’histoire de la série et, plus globalement, celle de l’arcade et du jeu vidéo. Pour l’anecdote, le jeu Pac-Man 256, sorti en 2015, reprend ce problème technique en guise de “mur de la mort”, limitant notre progression à travers des labyrinthes infinis.