Il faisait partie des grosses arlésiennes du monde du jeu vidéo. Quand il est enfin arrivé au mois de juillet 2006, il s’est amusé à nous retourner le cerveau ainsi que les entrailles. Avec son gameplay faisant la part belle à l’exploration s’étendant des murs au plafond pour mieux nous montrer des choses dérangeantes, Prey avait un petit truc en plus. En fait, de grands trucs cachés dans de petits trucs. On vous explique…
Prey : sens dessus dessous
Quand on parle de Prey aujourd’hui, on a tendance à penser à Arkane. En 2006, c’est vers Human Head Studios que tous les regards sont tournés quand le nom est évoqué. Rendez-vous compte : voilà 10 ans qu’ils développent un FPS ultra-prometteur mélangeant SF et horreur ! Forcément, quand il sort après tant d’années à faire saliver les joueurs, le soft édité par 2K Games divise un peu la presse spécialisée. Affublé d’un 79/100 sur Metacritic, il est à la fois qualifié de production “sans fun” et de proposition “toujours subversive et novatrice”. Le grand écart !
De la souplesse, il en faut pour parcourir l’univers sombre de Prey. Le soft s’amuse à faire perdre nos repères en couvrant son level-design de chemins tortueux à parcourir… sur les murs et les plafonds ! Le cerveau doit effectuer une sacrée gymnastique pour s’en sortir dans les dédales du vaisseau spatial, un peu comme quand on jouait à Alien versus Predator en 1999, dans la peau du Xénomorphe. Le titre propose aussi – et surtout – un système de portail particulièrement impressionnant pour l’époque.

Portail vers l'inconnu
Réalisé sur une version modifiée de l’id Tech 4, Prey s’amuse avec les portails. En résumé, il est possible d’ouvrir une boîte qui ne semble faire que quelques centimètres et de découvrir qu’à l’intérieur se cache un niveau gigantesque. Il est possible de voir à travers ces portails en temps réel, de tirer à travers, de passer d’un endroit à un autre sans temps de chargement et de découvrir des aberrations logiques en matière de géométrie. Les développeurs s’amusent à rendre les joueurs fous en multipliant les labyrinthes impossibles, les effets de miroir, les illusions d’optique ou encore les jeux sur les échelles de taille.
S’il existait déjà quelques créations utilisant des portails à cette époque (coucou Narbacular Drop), Prey est le premier FPS grand public à les utiliser de façon aussi convaincante. Dans notre test, nous disions d'ailleurs que les effets de portails dimensionnels étaient "bluffants". On peut très clairement voir en lui la principale source d’inspiration de jeux jouant sur les espaces impossibles, tels que Antichamber ou Superliminal. Néanmoins, il ne faut pas prendre Prey pour ce qu’il n’est pas : même s'il y a bien des puzzles, c’est l’action qui est privilégiée.

Une horreur de l’espace
Le jeu de Human Head Studios nous fait suivre les folles aventures de Tommy, un Cherokee qui est enlevé par des extraterrestres, aux côtés de son grand-père et de sa petite amie, Jen. À partir de là, rien n’est épargné au joueur qui va voir des séquences toutes plus choquantes les unes que les autres. Sans spoiler, même si le jeu a 20 ans, on peut dire que le sort réservé aux proches du héros est… déroutant. Si vous voulez voir des petites filles possédées empaler d’autres gosses ou découvrir des engins de torture qui font hurler de pauvres civils, vous êtes au bon endroit !

Avec ses portails impossibles, ses chemins sur les murs et ses séquences gores à souhait, Prey peut facilement provoquer des haut-le-cœur. Si vous n’avez jamais eu l’occasion de jouer au titre de 2K Games, sachez qu’il fait partie du programme de rétrocompatibilité Xbox, vous permettant ainsi de le lancer sur une Xbox One ou sur Xbox Series X/S. Au moment où nous écrivons ces lignes, il est proposé sur le Xbox Store à 19,99 euros.