Sorti dans les salles obscures en 1999, le premier épisode de la prélogie Star Wars, La Menace Fantôme, a posé les bases de la plus célèbres des épopées galactiques. On y découvre Anakin Skywalker, un jeune prodige échappant à sa condition d’esclave grâce à ses talents de pilote de module. La ligne d’arrivée franchie, les célébrations s’enchaînent avec le Maître Jedi Qui-Gon Jinn, suivies des adieux poignants avec Shmi Skywalker. Nous avions tous accepté que la pauvre mère reste sur le sable brûlant de Tatooine, puisque tel était l’accord passé avec le ferrailleur Watto. Pourtant, un détail cruel nous a tous échappé concernant une autre victime collatérale de ce départ précipité.
Un mécanicien en or resté sur la touche
Le début de ce premier opus reste gravé dans la mémoire collective, mais il traîne avec lui une petite faille narrative qui s'assombrit quand on s'y penche de plus près. L'Élu de la Force laisse en effet derrière lui un compagnon d'une loyauté à toute épreuve. Ce camarade d'infortune a pourtant grandement contribué à ce triomphe salvateur.
Son nom ne vous dit peut-être rien de prime abord : Kitster Banai, incarné à l'écran par le jeune Dhruv Chanchani. Ce petit génie de la mécanique n'a pas ménagé ses efforts sur le module d'Anakin pour s'assurer que l'engin tienne le choc pendant la dangereuse course de la Boonta Eve. Partageant lui aussi la dure vie d'esclave, il a toujours soutenu son ami sans la moindre hésitation.
L'euphorie de la victoire retombée, le futur apprenti Jedi file vers son destin sans un regard en arrière. Pas le moindre remerciement ni adieu n'est adressé à son mécanicien dévoué. Il faut dire que le pari risqué de Qui-Gon Jinn ne concernait stricto sensu que la libération du jeune Skywalker, laissant tragiquement Kitster à son sort funeste.
Les pages cachées de l'Univers Étendu
Le grand écran l'avait condamné à croupir dans les entrailles sableuses de Tatooine, mais c'était sans compter sur la richesse de la littérature Star Wars. Pour découvrir le fin mot de l'histoire, il faut se tourner vers les pages de la série de comics consacrée au Seigneur Sith, publiée chez Marvel.
Greg Pak, le scénariste aux commandes de cette œuvre, expliquait d'ailleurs sa démarche créative et le ton de l'intrigue lors d'une interview accordée au site officiel de l'éditeur :
C'est un immense privilège de pouvoir écrire sur Dark Vador. Nous explorons les répercussions de l'Empire Contre-Attaque, et il va devoir affronter de terribles conséquences directement liées aux fantômes de son passé.
Les années ont passé sous le joug de l'esclavage avant qu'une lueur d'espoir ne se profile. Kitster a finalement réussi à obtenir sa liberté, accompagné par Wald, une autre figure familière de leur enfance. Les deux compères ont fini par s'installer paisiblement au sein d'une communauté d'anciens esclaves, menant une existence bien plus tranquille que celle de leur ancien camarade.
Le destin finit toujours par vous rattraper, et une rencontre particulièrement dramatique a lieu des décennies plus tard. Le modeste affranchi se retrouve nez à nez avec l'imposant Dark Vador. Si l'ancien mécanicien ignore totalement l'identité de l'homme sous la respiration artificielle, le Seigneur Sith le reconnaît parfaitement mais choisit de garder le silence, emmuré à jamais dans les secrets de sa vie d'avant.