Nous sommes à la toute fin du mois de juin 1999 (oui, il y a déjà plus de 25 ans !). La PlayStation 1 existe depuis 4 à 5 ans, selon les régions du monde, et se vend par millions tout autour du globe. Sony présente alors à ses joueurs un tout nouveau titre. Une œuvre qui devient rapidement légendaire… pour plusieurs raisons.
En 1980, les États-Unis sont gangrénés par la mafia. Vous, Tanner, avez pour mission de vous infiltrer dans la pègre américaine. Mais vous n’êtes pas un policier comme les autres, car vous êtes soumis à une règle d’or : vos mains ne doivent en aucun cas quitter le volant de votre bagnole. Quatre villes américaines (Miami, San Francisco, Los Angeles et New-York), une demi-douzaine de modes et surtout, un tutoriel qui a viré au cauchemar pour beaucoup de joueurs… vous l’avez deviné, il s’agit bien évidemment de Driver !

Avant GTA, il y avait Driver…
Alors que GTA n’est encore qu’une œuvre marginale en vue aérienne, le studio britannique Reflections lance Driver. Univers de la mafia, ambiance à la fois rétro et réaliste, graphismes en 3D… Il ne faut pas attendre longtemps pour qu’un engouement se crée autour du jeu. Une démo est proposée quelques jours avant sa sortie, et à partir du 25 juin 1999, son succès commercial se confirme. Plus d’1 million d’exemplaires écoulés en 1 mois. Titre le plus vendu de la PS1 en 1999, en à peine 6 mois. Il faut dire que le mode “Réalisateur”, qui permet de revoir ses courses-poursuites et de les monter comme un film, en met plein les mirettes.
Inspiré par une sélection de films cultes, dans laquelle se trouvent The Driver (c’est assez logique), Bullitt (pour la voiture principale du jeu) ou Starsky et Hutch, le carton de Sony vient occuper un créneau (vous l’avez ?) assez unique dans le jeu vidéo. À l’instar d’un Metal Gear Solid, sorti un an avant, l’aspect cinématographique est placé au cœur de l'expérience… tout comme les cascades automobiles ! Et dans les années 1990, un autre jeu également disponible sur PS1 est un spécialiste du genre : Destruction Derby.

Driver est un descendant de Destruction Derby ! Paru en 1995, ce dernier a été mis au point par la même boîte, Reflections, en témoignent les polygones qui virevoltent à chaque impact. Et la firme britannique ne s’est pas arrêtée là : Driver 2, Stuntman ou DRIV3R, tous ces jeux ont été conçus par les Brits avant que le studio ne soit racheté par Ubisoft en 2006.
Certes, Driver ne permet à aucun moment de sortir du véhicule, mais ce n’est de toute façon pas ce que recherchent les joueurs. Les visuels, la bande-son ou le gameplay, dont la quintessence se retrouve dans le mode “Poursuite”, ce sont ces éléments qui font du jeu de Reflections une œuvre à part entière. L’interface, avec son système de répondeur, est innovante ; les missions qui vous demandent de rejoindre un point B depuis un point A sont simples mais efficaces ; le tutoriel… ah là là, quel enfer.
“T’as ruiné la caisse, mec !”
Tous les joueurs, sans exception, démarrent leur aventure par un tutoriel se déroulant dans un parking souterrain. Le dessein est élémentaire : Tanner doit prouver à ses supérieurs qu’il a les compétences nécessaires au volant pour mener à bien les missions demandées. Pour y parvenir, le joueur doit remplir divers objectifs (‘Burnout’, ‘Frein à main’, ‘180°’, ‘Slalom’...) en un temps donné, sans abîmer le véhicule. Et ce n’est pas du tout une mince affaire, loin de là ! Peut-être que vous aussi, vous avez perdu les pédales (vous l’avez ???) en entendant “T’as ruiné la caisse, mec !” ou “C’est terminé ! Encore raté…” en boucle.
Au vu du succès de ce qui est alors le seul opus de la licence, la saga Driver connaît une suite dès l’an 2000, avec un Driver 2 toujours disponible sur PS1. Mais ce second volet peine à convaincre les joueurs, notamment à cause de phases à pieds nouvellement ajoutées et véritablement désastreuses… 4 ans plus tard, DRIV3R est lancé sur PS2 et Xbox. Malgré un accueil à nouveau mitigé, le jeu rencontre un succès commercial, fort de plus de 3 millions de ventes.
La raison de ce déclin tient en 3 mots : Grand Theft Auto. La franchise de Rockstar, marginalisée avant le changement de millénaire, bouleverse l’industrie avec GTA III. Paru en 2001, ce chef-d’œuvre ringardise Driver et enfonce même le clou en proposant une mission qui consiste à tuer un agent double nommé Tanner, bon conducteur mais mauvais lorsqu’il évolue à pied. Tiens, tiens…