De jeune extraterrestre en culottes courtes dans Perdus dans l’espace à divinité cosmique chez Marvel, cet acteur traverse les époques avec un charisme inoxydable.
Kurt Russell est aujourd'hui une icône incontestée du cinéma américain, célèbre pour son charisme et sa polyvalence dans une carrière qui s'étend sur plus de six décennies. Des grands blockbusters cosmiques de Marvel aux westerns de Quentin Tarantino, en passant par les classiques d'horreur de John Carpenter, son visage est devenu familier pour des générations de spectateurs. Pourtant, bien avant de s'imposer comme un antihéros cynique ou la figure paternelle la plus cool d'Hollywood, c'est à la télévision, il y a soixante ans, qu'il a fait l'un de ses premiers pas marquants dans le genre qui fera sa renommée : la science-fiction.
Un rite de passage dans « Perdus dans l'espace »
En 1966, alors qu'il n'était encore qu'adolescent, Kurt Russell est apparu dans un épisode de la célèbre série télévisée de science-fiction Perdus dans l'espace. Dans cet épisode intitulé « The Challenge », diffusé originellement en mars 1966, le jeune acteur incarne Quano, un garçon extraterrestre issu d'une race de puissants guerriers. Bien que le personnage soit censé avoir douze ans, Kurt Russell en avait presque quinze au moment du tournage. En tant que futur chef de son peuple, Quano est envoyé sur une planète pour y accomplir un rite de passage visant à prouver sa supériorité, ce qui le pousse à défier au combat le jeune Will Robinson.

Cette brève mais très mémorable incursion dans la science-fiction télévisée a posé les jalons d'une carrière légendaire. À cette même époque, le talent naturel du jeune Russell avait déjà attiré l'attention de Walt Disney, qui lui fit signer un contrat de dix ans avec son studio, le propulsant au rang d'idole pour les adolescents. Le statut du jeune homme était tel que les deux derniers mots manuscrits par Walt Disney avant sa mort auraient été le nom de Kurt Russell.
De l'enfant star de Disney au maître de la science-fiction et de l'action
Contrairement à de nombreux enfants stars d'Hollywood dont la trajectoire s'effondre, Kurt Russell a su grandir et se réinventer avec un certain brio en s'appuyant sur un professionnalisme exemplaire. C'est au début des années 1980 que sa carrière prend un tournant décisif, l'imposant définitivement comme un visage incontournable de la science-fiction et de l'action.
Sa riche collaboration avec le réalisateur John Carpenter a notamment engendré des chefs-d'œuvre absolus. Il incarne ainsi le mythique Snake Plissken dans New York 1997 (1981), puis livre l'une des performances les plus viscérales de sa carrière dans l'étouffant The Thing (1982), où il joue le pilote d'hélicoptère R.J. MacReady luttant contre une entité extraterrestre métamorphe terrifiante en Antarctique.
Doté d'une capacité d'adaptation impressionnante, tel un véritable caméléon, il a exploré avec le même succès le western hollywoodien, marquant les esprits en Wyatt Earp dans Tombstone (1993), ou le drame d'action avec Backdraft (1991). Dans le domaine de la science-fiction, il n'a cessé de s'illustrer, de son rôle principal dans Stargate (1994) jusqu'à son incarnation d'Ego, une entité cosmique primordiale, dans Les Gardiens de la Galaxie Vol. 2 (2017). Capable d'être dirigé par Tarantino (dans Les Huit Salopards ou Boulevard de la mort) tout en brillant dans des franchises modernes comme Fast and Furious ou Monarch: Legacy of Monsters, Kurt Russell s'est forgé une place unique de légende à Hollywood, soixante ans après avoir enfilé le costume d'un jeune extraterrestre à la télévision