Parfois, il suffit de prendre un risque et de se rebeller un peu pour entrer dans l’histoire. C’est en tout cas ce que prouve ce développeur qui aurait pu perdre son travail à cause d’une décision prise sans l’accord de ses patrons, mais qui a inventé une pratique que l’on utilise encore aujourd’hui à la place.
Quand les développeurs n’étaient même pas crédités pour leurs jeux…
A l’heure où les jeux vidéo coûtent de plus en plus cher et prennent de plus en plus de temps pour être développés, les crédits que l’on retrouve une fois l’aventure terminée incluent de plus en plus de noms. Il faut dire que créer un jeu vidéo demande l’aide d’énormément de spécialistes différents, et que les citer relève du bon sens. Pourtant, il n’y a pas toujours eu des génériques à la fin des jeux. Au contraire, les développeurs étaient souvent volontairement invisibilisés dans les années 1970 et 1980.

A cette période, alors que créer un jeu demandait beaucoup moins de personnes et que les génériques auraient pu être beaucoup plus courts, il était plutôt fréquent que les développeurs ne soient même pas cités. La raison est purement cupide, immorale et donc parfaitement normale dans une société capitaliste : les éditeurs ne voulaient pas que leurs développeurs puissent être reconnus publiquement pour leurs talents. Ainsi, ils ne pouvaient pas être repérés par un éventuel concurrent qui pourrait leur proposer un meilleur salaire, et ils avaient moins de poids pour demander une augmentation auprès de leur éditeur actuel. Mais comme souvent quand on fait face à une situation injuste : l’envie de rébellion n’est pas loin.
Warren Robinett : le simple développeur à l’origine d’une légende
A la fin des années 1970, les jeux vidéo commencent à devenir extrêmement populaires. Mais pour proposer une alternative aux salles d’arcades et à leurs machines qui reviennent vite chères en pièces pour les joueurs, certaines entreprises commencent à imaginer les premières consoles de salon. Parmi elles, on retrouve l’Atari 2600. Et parmi les premiers jeux disponibles sur cette nouvelle machine, on retrouve un certain Adventure. Pendant plus d’un an, c’est le développeur Warren Robinett qui s’est chargé de la création de ce titre quasiment à lui tout seul. Alors autant dire que quand Atari a refusé qu’il soit crédité où que ce soit dans le jeu, il n’a pas apprécié la directive.

Plutôt que d’accepter la volonté de ses patrons, Warren Robinett a choisi de cacher la mention “Created by Warren Robinett” dans un endroit quasiment impossible à trouver à l’intérieur du jeu, ce qui aurait bien pu lui coûter son job. Bien évidemment, il n’a rien dit à Atari, et le jeu est sorti tel quel. Plusieurs mois plus tard, un joueur est finalement tombé sur la pièce secrète qui renfermait le message, et le bouche à oreilles a commencé à faire son chemin.

Une fois qu’Atari a pris conscience qu’elle s’était faite berner, l’entreprise a d’abord voulu supprimer ce fameux secret. Mais, voyant que cela demanderait beaucoup trop de ressources et que les joueurs commençaient à s’intéresser à Adventure juste pour trouver la pièce secrète, les éditeurs ont fini par laisser le message de Warren Robinett. Depuis, on a renommé ce genre de petits secrets à trouver “easter eggs” en référence aux oeufs en chocolat que l’on cherche dans le jardin à Pâques. Et encore aujourd’hui, on en retrouve régulièrement dans beaucoup de jeux vidéo, voire même dans des films ou d’autres productions culturelles.