Il y a trente-six ans, Morgan Freeman partageait l’affiche avec de nombreuses autres stars dans l’adaptation cinématographique d’un roman à succès, réalisée par un maître du genre. Ce qui semblait promis à un succès retentissant s’est pourtant transformé en fiasco.
Même les plus grandes carrières ont leurs accidents industriels. Le monstre du cinéma Morgan Freeman a beau avoir traversé plusieurs décennies dans l'industrie avec une filmographie impressionnante, entre grands classiques, succès populaires et rôles devenus cultes, il y a au moins un film qu’il ne semble pas porter dans son cœur : Le Bûcher des Vanités.
Sur le papier, pourtant, difficile d’imaginer un tel naufrage. Le film est adapté du roman satirique de Tom Wolfe, d’abord publié en feuilleton dans Rolling Stone avant de devenir un best-seller.
Dans l'adaptation on suit Sherman McCoy, puissant cadre de Wall Street, en voiture avec sa compagne cupide, Maria. Ils se trompent de route et se retrouvent dans le Bronx. Là, ils renversent un jeune garçon noir et prennent la fuite sans signaler l'accident. Lorsque Peter Fallow, journaliste alcoolique à sensation, découvre l'histoire, il provoque un scandale et attise la colère des New-Yorkais avec sa couverture médiatique de l'affaire, qui ne tarde pas à être portée devant les tribunaux.
La fine équipe du film.

Réputé insubmersible
Derrière la caméra, on retrouve Brian De Palma, réalisateur de Scarface et figure majeure du cinéma américain. Il avait aussi rassemblé des célébrités en véritable tête d'affiche à l'époque ! Tom Hanks, Bruce Willis, Melanie Griffith et Morgan Freeman. Rien que ça.
Bref, tous les voyants semblaient au vert. Sauf qu’au cinéma, même l’addition de grands noms ne garantit pas toujours un grand film, et Le Bûcher des Vanités s'est porté (in)volontaire pour illustrer ce type d'échec.
À sa sortie, Le Bûcher des Vaités se transforme en échec spectaculaire. Le film ne rapporte qu’environ 15,6 millions de dollars dans le monde, pour un budget estimé autour de 47 millions. La critique n’est pas beaucoup plus tendre : le film traîne encore aujourd’hui une réputation de ratage hollywoodien, avec seulement 15 % d’avis positifs sur Rotten Tomatoes. Sans doute le personnage de banquier impitoyable attribué à Tom Hanks a créé un décalage trop grand avec son personnage de gentil garçon.
Préferer oublier que d'assumer y avoir joué
Et les acteurs eux-mêmes n’ont pas forcément cherché à le défendre avec le temps. Tom Hanks l’a déjà décrit comme l’un des pires films jamais réalisés, tandis que Bruce Willis a également exprimé des regrets autour de sa participation au projet.
Freeman dans le rôle du juge Leonard White

Morgan Freeman, lui aussi, a pris ses distances. Dans une interview, l’acteur aurait qualifié le film de “cauchemar” à visionner, d’autant plus douloureux que l'oeuvre originale faisait partie de ses livres préférés. Selon lui, il faudrait reprendre cette version et tout refaire de zéro, proprement.
Mais aucun fou ne s'est jamais relancé dans un remake du Bûcher des Vanités. Mais il restera un exemple de ces films qui avaient tout pour réussir et qui, malgré le réal', les acteurs, le synopsis, restera un fiasco.