Polémique au Royaume-Uni : des fonctionnaires financés par l'État pour jouer à GTA Online dans le cadre d'une étude sociologique

Titre original : Payés par l’État pour jouer à GTA Online : ces fonctionnaires sont au cœur d'une polémique

Une expérience financée par l’État britannique provoque actuellement une vive controverse. Pendant plusieurs mois, des fonctionnaires ont été invités à explorer l’un des plus grands phénomènes du jeu vidéo, à savoir GTA Online, afin d’étudier les comportements sociaux de ses utilisateurs. Si l’objectif affiché se voulait sérieux, les conclusions tirées de cette immersion ont suscité de nombreuses moqueries et déclenché un débat politique particulièrement virulent outre-Manche.

Le gouvernement a payé des agents publics pour jouer au mode Online de GTA 5

En ce moment, sur les terres des créateurs de Grand Theft Auto, une polémique est en train de faire couler beaucoup d’encre. Et pour cause : l’État a décidé de payer des fonctionnaires pour qu’ils passent leur temps à jouer… à Grand Theft Auto Online, le mode multijoueur issu de GTA 5. Cette décision a été prise dans le cadre d’une recherche expérimentale dont les prémices remontent au milieu des années 2010.

Pour mieux comprendre la raison de cette initiative, il faut remonter à 2014, plus précisément au moment de la création de la Policy Lab, une unité expérimentale rattachée par la suite au ministère de l’Éducation en 2020. Constituée d’une trentaine de personnes, cette petite équipe de recherche a pour objectif d’utiliser des méthodes non conventionnelles afin d’éclairer les politiques publiques.

Payés par l’État pour jouer à GTA Online : ces fonctionnaires sont au cœur d'une polémique

Au fil du temps, cette démarche expérimentale soutenue par le gouvernement s’est élargie. En 2023, le gouvernement britannique a encouragé l’utilisation de plusieurs approches, notamment l’analyse comportementale en jeu, dans le but de mieux comprendre les interactions des joueurs avec les jeux vidéo. Maintenant que le contexte est posé, on comprend mieux pourquoi le gouvernement a eu recours à eux pour jouer à Grand Theft Auto Online.

Bien que l’objectif purement sociologique ait été revendiqué, notamment pour comprendre la « réalité vécue » du public et interagir avec les citoyens dans un environnement naturel, le fait de voir ces fonctionnaires jouer pendant leur temps de travail, aux frais des contribuables, a provoqué une vive polémique outre-Manche. Toutefois, avant que les critiques ne pleuvent, les chercheurs ont eu le temps de tirer plusieurs conclusions de cette immersion peu commune, des conclusions qui ont largement été tournées en dérision.


Des millions d’euros pour découvrir l’évidence ? Cette étude sur GTA Online déclenche la colère des contribuables

En plus de se faire réprimander pour avoir mené une telle « expérience », les chercheurs ont dû faire face aux railleries de celles et ceux qui ont pris le temps de décortiquer leurs résultats. Parmi leurs découvertes, on apprend notamment que les citoyens « aiment passer du temps dans leur boîte de nuit ou sur leur yacht » virtuels, ou encore que le fait de « conduire tout en parlant rend la socialisation très facile » et que les rencontres virtuelles sont « particulièrement utiles pour les personnes vivant dans des régions isolées ».

Le comble est arrivé lorsqu’ils ont présenté les conclusions de leur étude, indiquant que le jeu offrait un exutoire apprécié permettant aux participants de réaliser des choses impossibles dans la vraie vie, comme « diriger une entreprise florissante ». Aux yeux d’une partie du public, toutes ces évidences n’ont fait qu’enfoncer des portes ouvertes, déclenchant un immense tollé politique et médiatique ponctué de déclarations cinglantes.

Payés par l’État pour jouer à GTA Online : ces fonctionnaires sont au cœur d'une polémique

« Les familles qui travaillent dur n'en reviendront pas que leurs impôts financent ces absurdités. La productivité du secteur public est en chute libre et pourtant les fonctionnaires sont occupés à jouer (...) à des jeux vidéo », a déclaré Mike Wood, membre du Parlement.

Déjà très agacé, l’homme politique a surenchéri en qualifiant cette initiative de « gaspillage absurde de ressources », invitant le gouvernement à y mettre fin immédiatement et rappelant que « les contribuables attendent à juste titre d’en avoir pour leur argent ».

Pour tenter de contrôler la situation, le gouvernement a rétorqué qu’il s’agissait « d’une initiative conservatrice vieille de plusieurs décennies sur laquelle on se penche actuellement ». Nul doute, cependant, que cette affaire risque d’alimenter davantage les querelles politiques dans les semaines à venir.