Si vous avez suivi le dernier Nintendo Direct, vous trépignez sûrement d’impatience pour le prochain remake de The Legend of Zelda : Ocarina of Time. Mais derrière les paillettes et les annonces de blockbusters, il y a un petit goût amer qui persiste chez pas mal de fans vétérans.
Regardons les choses en face : dès qu'il s'agit de ressortir ses classiques du placard, la firme de Kyoto a une cible bien précise en tête. Les aventures de Link en trois dimensions ont droit à tous les honneurs, saison après saison, console après console. À l'inverse, toute la sainte trinité des épisodes en vue du dessus semble condamnée à rester bloquée dans le passé. Ce déséquilibre flagrant commence sérieusement à faire grincer des dents au sein d'une communauté qui aimerait tant voir ses premiers amours pixelisés briller à nouveau.
Voir la Nintendo Switch 2 sur Amazon
La folie des grandeurs en relief, et la 2D à la diet
Nintendo a lâché une bombe monumentale en officialisant le grand retour de l'indétrônable The Legend of Zelda : Ocarina of Time sous forme de remake exclusif pour la fin 2026. Une annonce qui donne des frissons, certes, mais qui rappelle aussi une douloureuse réalité : c'est la troisième fois que ce titre précis est retapé. Pendant ce temps, les chefs-d'œuvre qui ont posé les bases de la saga à l'ère des pixels attendent sagement sur le banc de touche. À part l'exception The Legend of Zelda : Link's Awakening (2019) en 2019, c'est le désert total pour les amoureux de la vue de dessus.

Cette obsession pour la modernité laisse de côté un catalogue tout simplement légendaire. Des titres majeurs comme The Legend of Zelda : A Link to the Past, souvent considéré comme l'un des meilleurs jeux de tous les temps, ou encore la duologie fantastique The Legend of Zelda : Oracle of Ages et The Legend of Zelda : Oracle of Seasons mériteraient tellement plus qu'une simple émulation dans le Nintendo Switch Online. On parle de monuments du game design qui dorment dans des tiroirs alors qu'une refonte graphique moderne leur donnerait une seconde jeunesse incroyable.
Le constat est d'autant plus lourd quand on voit le traitement réservé à d'autres licences de la maison. On assiste à un véritable deux poids, deux mesures assez incompréhensible. Pourquoi dépenser des millions pour polir indéfiniment les mêmes textures 3D alors que l'essence même de Zelda est née dans la bidimensionnalité ? Les joueurs méritent de redécouvrir ces labyrinthes ingénieux et ces quêtes épiques sans devoir plisser les yeux sur des pixels d'époque.

Pourquoi Big N boude-t-il ses propres pixels ?
Alors, pourquoi Nintendo s'obstine-t-il dans cette voie ? La première raison est purement commerciale. Un Zelda en trois dimensions, ça en jette visuellement et ça parle instantanément au grand public d'aujourd'hui, surtout pour justifier l'achat d'une nouvelle console. Le relief permet de vendre du rêve à grand spectacle et des graphismes qui coupent le souffle. Pour les équipes marketing, c'est un produit bien plus facile à vendre à 50 ou 70 euros qu'une aventure à l'ancienne en vue du dessus.
Ensuite, il y a une question de perception et de prestige technologique. Pour le joueur lambda ou la nouvelle génération nourrie à The Legend of Zelda : Tears of the Kingdom, la perspective plate de la 2D peut sembler archaïque, peu importe la qualité du gameplay sous le capot. Nintendo a toujours voulu être à la pointe de l'innovation et associer son image à des mondes vastes et immersifs. Recréer un monde plat, même avec la plus belle direction artistique du monde, demande un effort de conception immense pour changer les habitudes sans trahir l'œuvre d'origine.

Il ne faut pas non plus négliger la complexité du développement d'un bon remake 2D. Moderniser des mécaniques vieilles de trente ans en gardant le charme d'antan est un véritable casse-tête pour les développeurs. Il est souvent plus simple techniquement de transposer un code 3D existant sur un nouveau moteur que de réinventer totalement la physique et l'espace d'un vieux jeu Game Boy ou Super Nintendo. C’est dommage, car le résultat final a souvent un charme fou, mais la rentabilité et la simplicité semblent dicter les priorités de Big N.