On entend souvent dire que squatter les écrans bousille la santé. Mais attendez, et si certains jeux vidéo étaient en fait de vrais alliés contre la déprime ? C’est ce que suggère une étude très sérieuse qui montre qu’enfiler ses baskets pour jouer peut réparer un moral en baisse.
La dépression est un fléau pour des millions de gens, et peut entraîner une baisse de motivation chez les malades pour faire du sport. C'est là que les « exergames », ces jeux qui forcent à bouger devant sa télé, entrent en scène. Prenez un titre comme Ring Fit Adventure sur la Nintendo Switch : vous tenez un anneau en plastique rigide, vous courez sur place, et vous affrontez des monstres. Ça a l'air un peu bête dit comme ça, mais ça combine l'effort physique intense et le pur plaisir du jeu. Et justement, des chercheurs chinois ont étudié la question et ont réalisé leur propre étude.
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Ring Fit au rapport : l'expérience scientifique chinoise
Des scientifiques de l'université de Jilin, en Chine, ont réuni un groupe de 84 adultes qui souffraient de ce qu'on appelle une dépression sous-seuil, ce qui correspond au tout début de la dépression. C'est la phase parfaite pour agir avant que le piège ne se referme. Les chercheurs ont séparé tout ce beau monde en deux groupes. Le premier groupe a continué sa vie quotidienne tout à fait normalement, sans rien changer à ses habitudes. En revanche, le second groupe a reçu une mission bien précise : jouer à Ring Fit Adventure deux à trois fois par semaine, pendant des sessions de cinquante à soixante minutes.

L'expérience a duré huit semaines entières, et autant vous dire que les résultats ont scotché les scientifiques. Les cobayes qui ont sué devant leur console ont vu leurs symptômes dépressifs fondre comme neige au soleil par rapport aux autres. Les joueurs ont aussi constaté une baisse flagrante de leur niveau d'anxiété et ont retrouvé un sommeil de plomb. Quand on sait à quel point les insomnies et les crises d'angoisse empoisonnent le quotidien des personnes dépressives, on se dit que c'est une sacrée victoire.
Les chercheurs ont aussi voulu voir si cet effet positif durait dans le temps. Et devinez quoi ? Même après avoir rangé la console, l'humeur des joueurs restait plus haute et leur sommeil bien meilleur que ceux du groupe témoin. En discutant avec les participants, l'équipe a compris le secret : l'immersion totale dans le jeu fait oublier l'effort. Pour les chercheurs, c'est une évidence : ces plateformes commerciales grand public sont des outils parfaits, accessibles et ultra motivants pour offrir un soutien psy concret dans la vraie vie.

Des pixels pour soigner : une tendance qui se confirme
Si cette étude chinoise fait grand bruit, il faut savoir que l'idée de soigner avec une manette ne sort pas de nulle part. Depuis plusieurs années, la médecine s'intéresse de très près aux vertus thérapeutiques du jeu vidéo. Par exemple, des recherches antérieures ont démontré que certains jeux d'action améliorent la vision spatiale et renforcent les capacités de prise de décision rapide. Le jeu vidéo devient ainsi un outil de thérapie hyper immersif et redoutablement efficace pour recalibrer notre cerveau.

Le sommet de cette reconnaissance médicale a été atteint en 2020 aux États-Unis. La très stricte Food and Drug Administration, l'autorité américaine des médicaments, a validé pour la toute première fois un jeu vidéo comme un véritable traitement médical. Ce jeu s'appelle Endeavor RX, développé par Akili Interactive, et il est prescrit spécifiquement pour les enfants souffrant de troubles du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité. Les tests cliniques ont ainsi pu prouver de manière indiscutable que des sessions régulières améliorent nettement les capacités d'attention des joueurs, peu importe leur âge.