Critique du jeu "The Adventures of Elliot : The Millennium Tales" : Émotions fortes et déceptions dans l'exploration et le level design

Titre original : Test du jeu The Adventures of Elliot est la belle surprise que j’attendais : il m’a ému aux larmes, mais j’ai un vrai problème avec cet aspect du jeu…

Annoncé il y a presque un an, The Adventures of Elliot : The Millennium Tales est la preuve que Square Enix n’a pas fini d’expérimenter avec la HD-2D et que la saga Octopath Traveler n’était que le début. Dès l’essai de la démonstration, j’étais convaincu que le jeu figurerait parmi mes coups de cœur de 2026, et ça n’y a pas échappé. Pourtant, s’il m’a surpris et m’a fait vivre de grandes émotions — je l’attendais grandement au tournant sur ce point —, l’une de ses idées centrales me reste en travers de la gorge parce qu’il l’a abordé trop timidement…

Mille ans d’histoire, mais pas mille façons d’explorer : The Adventures of Elliot m’a un peu deçu sur ce point…

À l’époque de la révélation de The Adventures of Elliot : The Millennium Tales — que personne n’avait vue venir, d’ailleurs ! —, ce jeu vidéo, création conjointe de la Team Asano et des équipes de Bravely Default II, m’était apparu comme le titre dont je rêvais depuis de nombreuses années.

Concevoir un jeu mêlant l’esprit de la saga Octopath Traveler à la formule des anciens The Legend of Zelda sur Game Boy Color et des J-RPG classiques de la SNES, c’était le combo parfait. Mais il y a un point sur lequel le résultat me laisse un goût d’inachevé.

En ce qui concerne The Adventures of Elliot, autant mettre les pieds dans le plat sans plus tarder : je trouve que les équipes n’ont pas suffisamment poussé son concept principal, et je vais prendre le temps d’expliquer pourquoi.

The Adventures of Elliot est la belle surprise que j’attendais : il m’a ému aux larmes, mais j’ai un vrai problème avec cet aspect du jeu…

Comme son titre complet le laisse entendre, il est ici question d’aventures, mais également d’un récit qui s’étend sur un millénaire et, par conséquent, sur plusieurs époques. Entre l’Âge de l’Égide, du Renouveau, de la Magie et de l’Éveil, il n’existe finalement pas autant de différences topographiques qu’on pourrait l’espérer, et cela a parfois eu tendance à altérer le plaisir que je prenais à explorer les différentes contrées.

Certes, les lieux emblématiques de chaque époque (le royaume d’Huther, le village de Faiblespoir, la contrée magique de Weyzn et le village d’Hitoyori) parviennent à imposer leur identité et à nous émerveiller grâce au potentiel de l’esthétique HD-2D, mais j’ai davantage de mal à en dire autant de l’ensemble de la carte.

The Adventures of Elliot est la belle surprise que j’attendais : il m’a ému aux larmes, mais j’ai un vrai problème avec cet aspect du jeu…

Attention, je ne dis pas que la direction artistique n’est pas à la hauteur. J’insiste plutôt sur le fait que l’évolution du level design entre les différentes époques aurait pu être plus marquée. Explorer une région dans une ère donnée puis la redécouvrir plusieurs siècles plus tard en retrouvant presque les mêmes automatismes d’exploration, à quelques exceptions près, pose selon moi un véritable problème.

À cause de cela, j’ai ressenti une certaine redondance, à tel point qu’il m’est parfois arrivé de me lasser en parcourant une portion de la carte pour y refaire quasiment les mêmes actions ensuite, comme si le temps n’avait finalement laissé qu’une empreinte superficielle sur le monde.

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Le problème, c’est que tout semble être resté à sa place dans The Adventures of Elliot et que le passage du temps n’a finalement eu qu’un impact limité, hormis sur le bastion que l’humanité a tenté de construire, préserver et développer au fil des siècles.

Pour le reste, la proposition demeure assez sage. Peu importe l’époque dans laquelle on se trouve, on peut dénicher des coffres, relever des défis, obtenir de nouveaux pouvoirs et s’aventurer, dans une certaine mesure, dans les différents donjons.

Ce qui me chagrine quelque peu, c’est que The Adventures of Elliot comprend parfaitement qu’il faut jouer avec les conséquences de la temporalité, mais qu’il ne pousse jamais cette idée aussi loin qu’il le pourrait.

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Par exemple, selon l’époque, l’exploration d’un même donjon peut être plus ou moins restreinte. On y entre, on comprend rapidement qu’il ne s’agit pas de la période idéale ou que l’on ne dispose pas encore de l’aptitude nécessaire pour progresser jusqu’au bout, puis notre périple prend une autre direction.

J’en attendais davantage, c’est vrai. Pourtant, malgré cette frustration, il faut que j’explique pourquoi j’ai tout de même passé un excellent moment en compagnie d’Elliot et Faie.


Des magilithes qui font toute la différence : j’ai tout de suite su que The Adventures of Elliot allait marquer des points avec ça !

Avec The Adventures of Elliot : The Millennium Tales, les équipes de Claytechworks et de la Team Asano ont décidé de mettre de côté le tour par tour de Bravely Default II et Octopath Traveler au profit d’une formule plus rythmée, sans pour autant être exempte de quelques petits défauts.

En ce qui concerne les possibilités de gameplay, il y a de quoi faire avec l’arsenal d’Elliot et les pouvoirs de Faie. Au bout du compte, je n’ai jamais eu l’impression que notre personnage manquait d’une arme en particulier. Il n’y en a ni trop ni trop peu, si bien que l’on passe constamment de l’une à l’autre tout au long de l’aventure.

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Qui plus est, il y a réellement matière à créer de belles synergies entre elles puisque l’on peut en assigner deux simultanément (l’une sur Carré/X, l’autre sur Triangle/Y), tout en intégrant les pouvoirs de Faie à l’équation. On lance une bombe que l’on fait exploser instantanément grâce à son aptitude de feu, on attire les ennemis avec le vortex avant de les maintenir groupés pour faire le ménage, etc. Globalement, le duo fonctionne très bien d’un bout à l’autre de l’aventure.

Du côté des combats, il n’y a pas grand-chose à redire, d’autant qu’ils bénéficient de petites évolutions qui incitent à modifier régulièrement nos approches. Ici, chaque arme possède des variantes plus rares et plus puissantes que l’on obtient en explorant.

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De fait, cela nourrit à la fois notre envie de fouiller les différents recoins de la carte — même si ce n’est pas toujours très exaltant pour les raisons de level design évoquées précédemment —, et apporte un véritable supplément au gameplay grâce aux coups chargés, tout en matérialisant efficacement la montée en puissance du héros.

Malheureusement, si les armes sont variées et permettent de s’adapter à une multitude de situations, quelques légères imprécisions viennent parfois entacher les affrontements. En raison de la jouabilité, il arrive qu’Elliot soit mal positionné ou mal orienté, et que notre attaque passe à côté de sa cible. Cela peut s’avérer frustrant sur le moment, mais cela n’altère en rien mon ressenti global sur le système de combat : c’est très classique, certes, mais terriblement efficace.

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Là où la proposition se montre plus expérimentale, c’est du côté du système de magilithes.

Tout au long du jeu, c’est lui qui vient régulièrement renouveler l’expérience. Au cours de l’aventure, on récupère une grande quantité de cristaux que l’on utilise — un peu à la manière d’un gacha — pour matérialiser des magilithes. Que ce soit de façon totalement aléatoire ou ciblée (une fois un certain rang atteint), on fait l’acquisition de ces magilithes, on les améliore en obtenant des versions plus rares et, surtout, on repense constamment ses configurations d’équipement.

À chaque fois que je tentais d’obtenir de nouvelles magilithes, je savais que j’allais passer plusieurs minutes à personnaliser chacune de mes armes. Après, si vous n’avez pas envie de vous creuser la tête à chaque session d’optimisation, vous pouvez utiliser une commande qui choisit automatiquement les magilithes à équiper.

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Sincèrement, j’ai adoré ce système parce qu’il me poussait également à varier les combinaisons d’armes, et c’est souvent de cette manière que j’ai découvert certains passifs particulièrement puissants.

D’ailleurs, ils m’ont été très utiles tout au long de l’aventure, car j’ai fait le choix de jouer en difficulté « Difficile ». Après avoir essayé la première démo il y a un an, j’avais envie de voir ce que le titre avait réellement dans le ventre. Lors de ma preview, en avril dernier, j’avais déjà effectué un premier test dans ces conditions avant de me lancer dans l’aventure complète.

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Je peux donc vous conseiller, si vous recherchez un minimum de challenge, d’opter sans hésiter pour ce mode de difficulté, car, dans l’ensemble, The Adventures of Elliot n’est jamais particulièrement exigeant.

Du moins, lorsqu’il s’agit des affrontements qui jalonnent le monde ouvert. C’est surtout une question d’observation, de vigilance et d’apprentissage des comportements ennemis, mais The Adventures of Elliot ne se montre jamais véritablement punitif.

Même les combats de boss ne devraient pas vous causer trop de difficultés, bien que l’on apprécie le soin apporté à leur conception. Ils permettent notamment de rendre plus mémorables des donjons qui se montrent divertissants, mais rarement transcendants.

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The Adventures of Elliot porte bien son nom : j’ai vécu des tonnes d’aventures et beaucoup m’ont bouleversé

À l’inverse, et c’est le meilleur moyen d’entamer la dernière partie de ce test, c’est la narration de The Adventures of Elliot qui m’a transporté du début à la fin, même s’il faut que je prenne le temps d’apporter quelques précisions.

D’une certaine manière, ce nouveau titre de Square Enix n’est rien de plus qu’une énième fable, un conte relatant les hauts faits d’un héros qui aime se rendre utile. Pendant longtemps, j’ai d’ailleurs cru que The Adventures of Elliot ne parviendrait jamais à me surprendre et qu’il se montrerait un peu trop prévisible dans sa manière de raconter son histoire.

The Adventures of Elliot est la belle surprise que j’attendais : il m’a ému aux larmes, mais j’ai un vrai problème avec cet aspect du jeu…

En réalité, le titre de Claytechworks et de la Team Asano réussit un joli numéro d’équilibriste sur le plan narratif. Entre les premières heures de l’aventure et ses derniers instants, je ne m’attendais pas à plusieurs des étapes qui jalonnent le récit. Dans leur structure, elles restent relativement simples, mais, sur le fond, elles parviennent presque toujours à véhiculer quelque chose.

En matière d’émotion, j’ai été servi et, encore une fois, The Adventures of Elliot approfondit son histoire en proposant trois fins distinctes : une mauvaise, une bonne et, surtout, une véritable fin.

Pour en arriver jusque-là, il m’a fallu entre 32 et 33 heures de jeu, ce qui est tout à fait correct, d’autant qu’il me restait encore de nombreuses activités à compléter, hormis les quêtes annexes que j’ai intégralement terminées.

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À partir de là, je pourrais facilement y consacrer une dizaine d’heures supplémentaires afin de faire le tour de tout ce qu’il reste à collecter : trésors, armes, fragments de vie, améliorations de Faie, défis, chats (oui, oui, vous pourrez collectionner des chats !).

Je ne vous le cache pas, il y a évidemment un léger aspect « remplissage », mais, dès lors que l’on apprécie le gameplay et l’exploration des environnements, on y trouve largement son compte.

En fin de compte, ce ne sont pas tant la structure du récit ou ses contours qui marquent durablement dans The Adventures of Elliot, mais plutôt la substance de ce qu’il met en scène. Il faut le reconnaître : le doublage des cinématiques — j’ai choisi les voix japonaises — apporte énormément à l’immersion et à l’expressivité des personnages.

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Cela contrebalance d’ailleurs les limitations inhérentes au pixel art, même si certaines mimiques sont étonnamment efficaces. Très souvent, c’est ce supplément d’âme qui donne une puissance supplémentaire aux scènes les plus touchantes et aux moments les plus marquants du jeu.

Pour ma part, certains passages m’ont véritablement ému aux larmes, autant par la qualité de leur écriture que par l’interprétation des comédiens.

Comme le reste de l’aventure, The Adventures of Elliot demeure souvent classique dans son approche narrative, mais il ne se prive jamais de quelques fulgurances. Ceci étant dit, il faut également reconnaître que le jeu porte parfaitement son nom, car les aventures les plus mémorables d’Elliot ne sont pas forcément celles qui font progresser la trame principale.

The Adventures of Elliot est la belle surprise que j’attendais : il m’a ému aux larmes, mais j’ai un vrai problème avec cet aspect du jeu…

Si Elliot vit de si belles aventures, c’est avant tout parce qu’un véritable soin a été apporté aux quêtes annexes. Pas nécessairement dans les objectifs qu’elles nous demandent d’accomplir, mais dans la qualité et la justesse de leur écriture.

Des quêtes consistant à récupérer un objet anodin ou à effectuer un simple aller-retour, nous en avons tous connu des dizaines. Pourtant, The Adventures of Elliot, même lorsqu’il reprend parfois cette formule, réussit à y greffer une dimension narrative qui rend ces moments particulièrement marquants.

D’ailleurs, il est également amusant de constater que certaines de nos actions réalisées dans le cadre de ces quêtes ont des répercussions sur les autres époques. En racontant une épopée qui s’étend sur mille ans, le jeu raconte surtout une multitude d’autres histoires plus modestes, mais tout aussi importantes. Ce sont elles qui donnent véritablement du corps à l’expérience et qui ont rendu ces trente heures d’aventure aussi mémorables.

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Conclusion

Points forts

  • Une histoire poignante et émouvante
  • Une écriture soignée des quêtes annexes
  • Un gameplay qui rappelle les J-RPG de la SNES et les anciens Zelda
  • Une belle synergie entre les armes et les pouvoirs
  • Un système de magilithes qui apporte de la variété
  • Une direction artistique HD-2D toujours aussi éblouissante
  • Le doublage des personnages qui sublime l’aventure
  • Une durée de vie très correcte (30h, + pour le 100%)

Points faibles

  • Faie est (encore) un peu trop envahissante…
  • Le level design se renouvelle trop peu entre les ères
  • Quelques imprécisions de gameplay (directions des coups)
  • L’IA des ennemis parfois trop passive (même en Difficile)

Note de la rédaction

16

The Adventures of Elliot : The Millennium Tales porte définitivement bien son nom tant il offre une parenthèse enchantée, à l’image des meilleurs contes de fées, au sein de la myriade de titres sortis cette année. Une fois de plus, Square Enix prouve qu’il a de l’or entre les mains avec la HD-2D et que cette direction artistique compte parmi les créations les plus influentes de ces dernières années. Aujourd’hui, c’est ce très serviable Elliot qui en profite le temps d’une aventure aussi classique que nostalgique, mais surtout remarquablement exécutée et racontée. Si certains moments sortent particulièrement du lot, c’est avant tout grâce à la qualité générale de son écriture — qu’il s’agisse de la trame principale ou des récits secondaires. C’est précisément là que le titre de Square Enix pourrait vous surprendre et vous émouvoir, comme il a su le faire avec moi du début à la fin.

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