Qui pensait qu’un jour, retomber sur une vieille vidéo de Super Mario 64 allait changer l’histoire d’Internet à jamais ? Pourtant, c’est bien ce qu’il s’est passé il y a peu de temps, grâce à un sacré effet papillon.
Si vous vous intéressez de près ou de loin à la culture Internet, vous savez certainement ce que sont les “lost media”. Mais rappelons ce que ce terme signifie pour les quelques élèves au fond de la classe. Les “lost media” sont des vidéos, des jeux ou des sites web qui étaient disponibles et accessibles à une certaine époque, pendant un certain temps, en ligne, mais qui ont depuis disparu. Et parfois, on retrouve de véritables pépites qui cachent bien leur jeu.
Comment retrover un Lost Media ?
Jusqu'à très récemment, il n’y avait que 3 moyens de récupérer un “lost media”. Le premier, la Wayback Machine, est un site Internet entièrement dédié à ce sujet. Ensuite, si vous êtes suffisamment déterminé, vous pouvez tenter de contacter directement le créateur du “lost media”. Enfin, il ne vous reste plus qu’à espérer qu’un autre internaute le diffuse à nouveau sur Internet. Quand ces 3 options se concluaient sur un échec, l’affaire était close et le “lost media” disparu à jamais. Mais une révolution vient d’avoir lieu.

La Wayback Machine est un site Internet mis à disposition par l’organisme à but non lucratif américain Internet Archive, pour offrir gratuitement et à tous un accès à des clichés instantanés de pages web stockés par l’organisme. Ces archives sont utiles pour retracer l’évolution de différents sites Internet à travers le temps, et pour retrouver des pages web disparues. La Wayback Machine est considérée comme la plus grande collection d’archives web du monde.
Une vidéo peut en cacher des milliers d’autres
Tout a commencé quand des internautes se sont lancés à la recherche d’une vieille vidéo publiée en 2007. Plus précisément, un faux tutoriel de Super Mario 64 qui cachait en réalité un jumpscare. Cette vidéo, intitulée “Super Mario 64 Big star secret”, promettait de révéler un énorme secret : la possibilité de débloquer Luigi… Mais elle a fini par terrifier toute une génération. Pendant 5 ans, la vidéo était un phénomène sur YouTube et sur les forums, comptant presque 700 000 vues sur la plateforme rouge.
Mais début 2012, “LotusMan17” a retiré la vidéo de sa chaîne. Pendant des années, personne n’a pu la retrouver… jusqu’à ce qu’un projet du nom de Flashpoint entre en jeu. Les créateurs de ce projet, habituellement utilisé pour sauver des jeux Flash avant qu’ils ne soient supprimés, se sont dit qu’il était peut-être possible de récupérer cette vidéo. Eh oui, si quelqu’un l’a lancée juste avant sa suppression, le fichier peut encore être accessible dans la mémoire temporaire de l’ordinateur.
C’est là qu’un internaute du nom de Peter, qui a l’habitude de traîner sur le Lost Media Wiki et qui est tombé sur cette histoire, décide de fouiller dans son PC vieux de 15 ans. Et il a bien fait, car en plus de récupérer le faux tutoriel de SM64, il a retrouvé plus de 5 000 vidéos YouTube sur le disque dur, intact depuis tout ce temps ! Comment ? Eh bien, son navigateur a subi un bug qui l’a empêché de vider correctement son cache. Résultat : toute l’activité numérique de Peter, elle aussi vieille de plus de 15 ans, a été sauvegardée et se cachait là, attendant d’être retrouvée.
Peut-être que votre ordinateur cache un “lost media” ?
Nous avançons étape par étape. Maintenant, place à SindexMon. Réalisant le potentiel de toute cette affaire, Peter a créé ce logiciel en open-source, facile d’accès et d’utilisation. Autrement appelé “logiciel de décache”, il vous suffit de l’installer et de la faire fonctionner sur un vieil ordinateur pour que le programme scanne votre cache et compare son contenu à une base de données, qui regroupe plus de 500 ‘lost media” recherchés par tout le monde.
C’est sorti il y a 2 semaines, c’est gratuit et même mieux que ça, vous pouvez gagner des “cash prizes” si vous trouvez des “lost media” spécifiques ! Si ça se trouve, votre ordi d’enfance contient une petite partie de l’histoire d’Internet, qui sait…