Reçu un vendredi soir pour un rendu en 4 jours, 007 First Light m’a imposé un marathon de jeu intensif. Contre toute attente, l’expérience s’est transformée en un coup de cœur inattendu pour le non-initié que je suis.
Une origin story au rythme d'enfer qui balaie les préjugés
Autant le dire tout de suite : je ne suis pas le plus gros amateur de James Bond ni même de ce genre de jeux au sein de la rédaction. Pourtant, alignement des planètes oblige entre les congés des uns, les press tours des autres et les tests déjà attribués, c'est tombé sur moi.
C'est donc avec un timing ultra-serré (terminer le jeu, écrire le test, faire le montage et la voix) et une pointe d'appréhension que je me suis lancé. Mais dès les premières minutes, 007 First Light a su capter mon attention en choisissant de raconter la genèse du mythe.

On y incarne un simple Marine dont la première mission en Islande vire au fiasco, mais qui entraîne quand même son recrutement au sein de la formation des agents double zéro du MI6. Porté par une écriture moderne, des dialogues percutants et la performance globales des voix anglaises, le scénario applique avec brio la formule des films.
Ce soin narratif s'accompagne d'un véritable voyage visuel. Le titre enchaîne les destinations sublimes, nous projetant des réceptions de luxe en Slovaquie aux villas privées du Vietnam, sans oublier l'ambiance oppressive d'une épave au Sahara.

Techniquement, le moteur graphique brille sur PlayStation 5 avec un affichage à 60 images par seconde très stable (en mode performance), sublimé par une gestion de la lumière. Si la bande-son reste discrète et que l'absence de doublage français est regrettable, la solidité globale de la production m'a permis d'enchaîner douze heures de jeu d'affilée sans ressentir la moindre lassitude malgré l'urgence du rendu.
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L'illusion de la liberté au service d'une action explosive
Au cœur du gameplay, le jeu souffle le chaud et le froid mais privilégie toujours l'efficacité du grand spectacle.
Les fusillades se révèlent particulièrement nerveuses et explosives, notamment lorsqu'il s'agit de cibler les éléments destructibles du décor pour éliminer des groupes d'ennemis. Certes, les affrontements à mains nues manquent cruellement de profondeur avec un système simplifié à deux touches, et les déplacements s'avèrent parfois rigides, obligeant le joueur à se ruer vers un abri spécifique pour courir. On pestera aussi face à des détails frustrants, comme l'impossibilité de renvoyer une grenade à ses pieds.
Cependant, le rythme global compense largement ces défauts grâce à des séquences épiques mémorables. Si l'aventure fait une quinzaine d'heures, je n'ai pas bougé les fesses de mon canapé le samedi de 14h00 jusqu'à 02h00 du matin. Une vraie prouesse qui témoigne de son dynamisme global.
Concernant l'infiltration, la promesse initiale d'une totale improvisation s'avère être une illusion scriptée. Le joueur doit composer avec des chemins pré-établis et un marqueur d'objectif omniprésent. Mais en limitant les possibilités, IO Interactive garde le contrôle total de sa mise en scène et assure un respect rigoureux du cahier des charges cinématographique.

Au final, cette aventure linéaire d'une quinzaine d'heures réussit son pari : captiver de bout en bout, même un testeur de secours qui n'avait pas spécialement le permis de tuer dans le sang.