Depuis sa sortie, 007 First Light récolte des notes dithyrambiques, mais une question légitime se pose : le jeu d’IO Interactive n’est-il pas un peu surévalué ? Face aux maîtres étalons que sont Uncharted pour l’action grand spectacle et Hitman pour l’infiltration, le jeune espion britannique tient-il vraiment la comparaison ?
Avec un budget colossal, 007 First Light affiche de très grandes ambitions. IO Interactive a cherché à fusionner son expertise de l'infiltration en bac à sable avec la mise en scène linéaire des jeux d'action à la troisième personne. Pourtant, à trop vouloir mélanger les genres, le titre se retrouve sous le feu des critiques de certains joueurs qui le jugent trop classique, avec des mécaniques de jeu parfois perçues comme superficielles ou dirigistes par rapport à ses illustres modèles que sont Hitman et Uncharted.
Ce que 007 First Light fait moins bien qu'Uncharted
Quand on s'aventure sur le terrain du jeu d'action linéaire et narratif, la comparaison avec la série d'aventure de Naughty Dog est inévitable. Et sur ce point, l'inexpérience d'IO Interactive en matière d'action très dirigée se fait parfois ressentir. Bien que First Light propose de grandes séquences explosives, la fluidité de ses affrontements et de ses déplacements n'égale pas le niveau de perfection technique d'un Uncharted 4.
Dans les faits, le système de couverture et de déplacement de 007 First Light se révèle assez maladroit ; le joueur est par exemple obligé d'ordonner à son personnage de se ruer vers un abri spécifique pour courir à pleine vitesse, ce qui entrave la liberté de mouvement en plein cœur de la bataille. De plus, lors des séquences de véhicules, des éléments de mise en scène essentiels comme le placement de la caméra ou l'effet de flou de mouvement (motion blur) sont bien moins maîtrisés et percutants que chez Naughty Dog.
Là où Uncharted excelle dans la chorégraphie millimétrée de son action, 007 First Light se montre parfois rigide et pataud.
Ce que 007 First Light fait moins bien que Hitman
En tant que créateurs de la franchise Hitman, IO Interactive était évidemment très attendu sur l'aspect infiltration. Cependant, le bac à sable de 007 First Light s'apparente plutôt à une version "allégée" de ce qu'offre Hitman.
Là où l'Agent 47 bénéficie d'environnements gigantesques avec une liberté absolue pour utiliser des déguisements insolites ou des objets extravagants (comme des haches ou des mallettes à tête chercheuse), James Bond est soumis à bien plus de restrictions.
Le jeu impose de respecter le décorum de l'espion britannique, ce qui limite considérablement les approches folles. Les niveaux de First Light sont d'ailleurs plus étroits : une mission d'infiltration dans un gala restreint l'exploration à une zone très limitée, bien loin de l'immensité du célèbre niveau parisien de Hitman.
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Au final, la grande liberté promise n'est souvent qu'une illusion : le joueur est en réalité guidé à travers des scripts très rigides qui le cantonnent à un nombre de chemins préétablis donné. Pas de grande liberté.
Ce que 007 First Light fait mieux qu'Uncharted et Hitman
Malgré ces comparaisons qui mettent en lumière ses limites mécaniques, il est essentiel de rappeler que 007 First Light ne cherche pas à être un jeu vidéo bac-à-sable ou d'action pur et dur, mais s'assume davantage comme une expérience interactive conçue pour remplacer les films James Bond.
Le véritable triomphe du titre d'IO Interactive réside dans sa capacité à retranscrire à la perfection l'atmosphère et la fantaisie de l'univers 007. Avec des dialogues brillamment écrits, des moments de "bonds" relationnels au travers de montages d'entraînement très bien amenés, et des voyages époustouflants aux quatre coins du globe, il s'impose comme un véritable thriller d'espionnage interactif.
Par ailleurs, et c'est ça qui est le plus impressionnant, c'est que 007 First Light arrive justement à agréger ces deux univers pas forcément compatible au premier regard pour un résultat parfaitement adapté à l'univers de l'agent secret. Tout ça en bénéficiant de l'absence dans le paysage d'un excellent jeu James Bond. Une initiative similaire faite par Avalanche Software pour Harry Potter et son Hogwarts Legacy
Le contrat est rempli : l'immersion cinématographique prime, et le joueur passe un excellent moment digne d'un blockbuster hollywoodien manette en mains. Que le jeu ne révolutionne ni l'action ni l'infiltration n'a finalement que peu d'importance, car il parvient haut la main à faire vivre le mythe James Bond. On ne lui en demande pas plus.