Les adaptations cinématographiques de jeux de baston ont incontestablement le vent en poupe à Hollywood. Alors que Mortal Kombat enchaîne les suites et que Street Fighter prépare son grand retour, une autre licence culte pourrait bientôt illuminer nos salles obscures : Soulcalibur.
Soulcalibur : une épopée fantastique bien loin des rings habituels
Oubliez les tournois clandestins répétitifs et les commandos armés de fusils d'assaut. La force de la licence de Bandai Namco réside dans sa direction artistique somptueuse, ancrée dans une version uchronique et fantastique du XVIe siècle. Au lieu de s'affronter à mains nues, le casting hybride de la série croise le fer. Chevaliers, samouraïs, pirates et créatures démoniaques se livrent une guerre sans merci autour de la Soul Edge, une lame maléfique qui parasite l'esprit de son porteur et se nourrit des âmes des guerriers vaincus.
Ce socle narratif offre un avantage colossal pour une transposition au cinéma. Là où un Mortal Kombat a parfois du mal à justifier son format de compétition ultra-linéaire sur la durée, l'univers de Soulcalibur s'articule naturellement autour d'une grande quête initiatique. On imagine donc très bien un film d'aventure suivant l'alliance inattendue entre le moine Kilik, le pirate Maxi et la garde impériale Xianghua, lancés sur les traces du tragique Siegfried. Ce dernier, rongé par les ténèbres et transformé en l'iconique chevalier azur Nightmare, ferait d'ailleurs un antagoniste absolument redoutable dans les salles obscures.
Les vieux de vieille se souviendront d'ailleurs que le mythique épisode de 1998 faisait partie du cercle très fermé des jeux couronnés par une note parfaite dans les médias spécialisés ( 19/20 chez nous) , et marquait à lui seul un tournant historique où les consoles prenaient enfin l'ascendant visuel sur l'arcade. Les mythes arthuriens et les légendes internationales s'y entremêlent habilement, et tous les joueurs de l'époque avaient salué la prouesse. Cette richesse scénaristique pourrait parfaitement combler le vide actuel en matière de films d'heroic fantasy en prises de vues réelles, tout en s'assurant le soutien indéfectible d'une communauté de gamers fidèles, alors on y croit !

Le remède parfait pour ressusciter une franchise à l'agonie
Au-delà de son potentiel cinématographique évident, le passage par Hollywood ressemble de plus en plus à une opération de la dernière chance pour la saga. Depuis l'arrêt du support de Soulcalibur VI en 2020, la série traverse la plus longue traversée du désert de son histoire. L'espoir d'un septième opus s'éloigne de mois en mois, d'autant que le contexte interne chez l'éditeur ne semble pas prêter au grand optimisme.
Katsuhiro Harada, conseiller exécutif sur la licence, s'est d'ailleurs exprimé de manière transparente à ce sujet en 2024 via un post sur le réseau social X :
La série a traversé de nombreuses difficultés en coulisses ces dernières années, ce qui rend la mise en chantier d'un Soulcalibur VII très peu probable dans un avenir proche, pour ne pas dire compromise.
L'absence totale d'adaptations passées est paradoxalement un atout majeur pour les studios. Contrairement à son petit frère Tekken qui s'est embourbé dans des longs-métrages oubliables, Soulcalibur arrive avec une page presque blanche. Le projet avorté du réalisateur hongkongais Sammo Hung au début des années 2000 n'a laissé aucune trace, et c'est tant mieux !
La synergie transmédia est aujourd'hui une arme redoutable pour relancer des machines enrayées. Il suffit d'observer le succès du récent remake de Star Fox 64, propulsé par l'apparition remarquée de Fox McCloud dans le film Super Mario Galaxy. Avec l'arrivée imminente de Benjamin Evan Ainsworth dans le rôle de Link pour le film live-action The Legend of Zelda en 2027 (un joli clin d'œil à la présence culte du héros hylien dans l'excellent Soulcalibur II) et le film Elden Ring de Bandai Namco prévu pour 2028, le terrain est idéalement préparé. La légende ne doit pas mourir, et le septième art détient sans doute la clé de sa résurrection.