Pendant toutes les années 2000, un certain genre de jeux vidéo très spécifique a eu une très grosse popularité… avant de complètement disparaître les décennies suivantes. Ayant été bercé avec eux, ils me manquent terriblement et je continue de rêver de leur grand retour.
La grande ère des jeux de rythme à périphériques dédiés
Étant né en 1995, les années 2000 ont clairement été un moment fort qui ont forgé ma culture vidéoludique. Et si je pourrais bien sûr parler pendant des heures de jeux de plateforme et d’aventure de l’ère PS2 à la Sly Raccoon ou Jak & Daxter, c’est un autre genre de jeux qui me manque terriblement aujourd’hui. Je veux bien sûr parler des jeux de rythme, et plus particulièrement de deux licences particulièrement populaires pendant toute cette décennie : Guitar Hero et Rock Band.

Au cas où vous seriez complètement passé à côté de ce phénomène, ces deux licences proposaient aux joueurs de se procurer des “manettes” très particulières prenant la forme de guitares en plastique, voire de batteries et de micros pour les versions les plus modernes. Le but était ensuite de rejouer des morceaux bien connus du répertoire rock’n’roll des années 1960 à 2000 en appuyant sur les bonnes touches au bon moment. Et si je parle de jeux “particulièrement populaires” et de véritables “phénomènes”, c’est parce qu’ils ont littéralement dominé les années 2000.

Rien que du côté de Guitar Hero, on a pu avoir droit à au moins un jeu différent chaque année entre 2005 et 2010, chacun avec une setlist complète composée de plusieurs dizaines de morceaux parfois réenregistrés pour l’occasion. Sachant que Rockband avait un rythme de sortie similaire et que les deux licences ont aussi eu droit à des jeux dédiés à un groupe en particulier (Les Beatles, Green Day, Metallica, Aerosmith…), autant dire que les amateurs de musique comme moi ont bien mangé pendant les années 2000.
Pourquoi Guitar Hero et Rock Band étaient si bons ?
Si les jeux de rythme de ce style ont si bien marché alors qu’ils auraient pu totalement flopper pour mille raisons différentes (la nécessité d’acheter des périphériques chers et encombrants, le prix de développement qui passe en grande partie dans l’autorisation d’utilisation des musiques…), c’est tout simplement parce qu’ils étaient l’exemple parfait du jeu vidéo qui s’adresse à absolument tout le monde, malgré un concept ultra spécifique.

Tout le monde n’aime pas le rock, le métal ou le punk. Tout le monde ne sait pas se servir d’une manette assez bien pour s’amuser sur Call of Duty. Et dans les années 2000, le concept même des jeux vidéo en général n’était largement pas aussi bien vu qu’aujourd’hui. Mais donnez une fausse guitare à votre maman et promettez-lui de pouvoir se prendre pour Joan Jett et de retrouver sa jeunesse l’espace de quelques minutes devant ses enfants, et vous tenez un jeu vidéo qui permet de rassembler toute la famille autour de la télé du salon.

Personnellement, je garde d’excellents souvenirs de cette période. En plus de me permettre de jouer presque tous les jours avec mon frère sur la même console, les jeux Guitar Hero m’ont aussi forgé une culture musicale que je n’aurais jamais eue sans eux, alors même que je viens d’une famille de musiciens. Chaque sortie d’un nouveau Guitar Hero ou d’un nouveau Rock Band était l’occasion de découvrir des dizaines de nouvelles musiques que je pouvais ensuite écouter dans la vie quotidienne, pour finalement essayer de les reproduire en Expert sans m’arracher les cheveux. Mais depuis Rock Band 4 et Guitar Hero Live tous deux sortis en 2015, ce genre est complètement tombé dans l’oubli…
Fortnite Festival : le sauveur tant attendu ?
Je ne saurais pas vraiment expliquer pourquoi les jeux de rythme ont complètement disparu de la circulation. J’imagine qu’avec un rythme d’un opus par an, une certaine lassitude a fini par s’installer. Et même s’il y a eu une grosse pause de 5 ans entre Guitar Hero Warriors of Rock et Guitar Hero Live (et la même chose pour Rock Band 3 et Rock Band 4), la hype autour de ces jeux n’a jamais vraiment réussi à repartir. Résultat, les chiffres de vente des derniers titres en date n’ont clairement pas été à la hauteur, et voilà désormais plus de 10 ans que nous n’avons pas eu droit à un nouveau jeu de rythme à la Guitar Hero.

Heureusement, depuis quelques années, il existe tout de même un espoir de les voir revenir un jour. Je pourrais bien sûr mentionner Clone Hero qui a toujours une communauté de fans assez solide, mais on parle ici d’un jeu non officiel dont la légalité m’échappe un peu, alors je préfère ne pas développer davantage. Mais parmi les alternatives bien légales qui promettent de passer un bon moment, on retrouve surtout Fortnite Festival.

Sorti en décembre 2023, Fortnite Festival est un mode alternatif au jeu bien connu d’Epic Games développé par nul autre que Harmonix, le studio à l’origine de Guitar Hero et Rock Band. Reprenant tous les skins et autres danses débloquées dans Fortnite, il avait en théorie tout pour me satisfaire. Car en plus de reprendre tout le concept original des jeux des années 2000, il est complètement gratuit et jouable à la manette, tout en étant compatible avec les périphériques musicaux standard. Mais malgré toutes ses qualités, Fortnite Festival ne me convient pas totalement.

Car même s’il propose littéralement des centaines de chansons différentes (dont une rotation gratuite qui change tous les jours, les autres étant achetables à l’unité), et qu'il a fait quelques collaborations avec des grands noms du rock, la setlist se concentre tout de même beaucoup sur des genres qui ne se prêtent pas à ce style de jeux : la pop, le rap et le r’n’b. Qu’on se le dise, ne me prenez pas pour un élitiste qui ne jure que par le rock et qui considère tout le reste comme de la sous-musique. J’étais peut-être comme ça quand je jouais à Guitar Hero, mais depuis, je suis devenu un authentique fan de Taylor Swift. Mais le fait est que les genres sur-représentés dans Fortnite Festival font la part-belle à la voix, et non aux instruments.

Or, tout le sel de Guitar Hero et de Rock Band est justement de pouvoir reproduire les pistes réservées à la guitare, à la basse ou à la batterie grâce à des périphériques qui en reprennent la forme. Et s’il est techniquement possible de le faire dans Fortnite Festival, les pistes en question sont rarement aussi intéressantes à jouer que le chant dans ces genres de musique. Résultat, on a beaucoup moins l’impression d’être une véritable rockstar, et on se contente juste d’appuyer sur les bons boutons au bon moment.
Bientôt un vrai retour du genre ?
Je le disais un peu plus tôt, mais personnellement, les jeux Guitar Hero et Rock Band ont littéralement forgé ma culture musicale. Or, depuis la fin des années 1990 (allez, poussons jusqu’aux années 2000), la popularité du rock et des genres associés a clairement décliné au profit de la pop et du rap, entre autres. Pourtant, cela ne veut clairement pas dire que le rock est mort, loin de là. Il n’a juste plus aucune plateforme mainstream pour être partagé, et c’est bien dommage. Parce que si j’ai moi-même pu passer d’une période de perfusion aux riffs de Metallica à une écoute quasi quotidienne de Taylor Swift et Sabrina Carpenter, je doute que l’inverse soit possible aujourd’hui. Pourtant, il existe au moins autant de styles de rock différents qu’il n’y a de styles de pop, et je suis sûr que quelqu’un qui s’enjaille sur Olivia Rodrigo ou Charli XCX pourrait se retrouver dans des groupes de rock alternatif.
Et alors que les jeux vidéo sont aujourd’hui beaucoup plus intégrés à la société que dans les années 2000, est-ce qu’avoir un vrai nouveau jeu du style de Rock Band ou Guitar Hero ne pourrait pas être un début de solution ? C’est en tout cas l’espoir que me fait sentir Stage Tour, le prochain jeu du studio RedOctane Games. Il y a quelques mois, ces vétérans ayant travaillé sur les franchises Rock Band et Guitar Hero ont annoncé un nouveau jeu, et autant dire que la bande-annonce suggère un véritable retour aux sources. Prévu pour l’automne 2026 sur PC (et potentiellement sur consoles), il me tarde clairement d’y jouer, et j’ai hâte de découvrir sa set list. Et s’il arrive à proposer quelques dizaines de musiques qui sont vraiment pensées pour reproduire leurs parties instrumentales, et qu’il me fait découvrir quelques nouveaux groupes par la même occasion, alors je serai le plus heureux des hommes.