Ce film français bouleverse les standards visuels en proposant une esthétique volontairement datée et rudimentaire inspirée des jeux PS1. Le long-métrage plonge le public dans un univers polygonal rappelant les débuts balbutiants de la 3D pour raconter une fable vertigineuse sur notre existence.
Le prolifique cinéaste Quentin Dupieux délaisse les fims en prise de vues en direct traditionnels pour s'aventurer sur le terrain de l'imagerie générée par ordinateur avec Le Vertige. Cette nouvelle réalisation singulière sera diffusée lors de la clôture de la Quinzaine des Cinéastes au Festival de Cannes, avant de rejoindre les salles obscures françaises dès le 10 juin de cette année. Et clairement, l'esthétique rappelera des souvenirs aux joueurs.
Une direction artistique inspirée des jeux PS1
Loin des prouesses techniques offertes par les studios d'animation modernes, la production revendique un minimalisme graphique déconcertant qui évoque immédiatement les premières heures de la PlayStation. Pour obtenir ce rendu rappelant diverses franchises vidéoludiques emblématiques des années 90 comme les premiers opus des Sims, le metteur en scène a d'abord dirigé ses comédiens grâce au procédé de capture de mouvement.
Les séquences ont ensuite été intégralement retravaillées au sein du logiciel Blender pour générer des figures taillées à la serpe et des environnements géométriques basiques. Ce parti pris visuel radical, pouvant initialement s'apparenter à un projet inachevé, sert en réalité le propos fondamental du récit. En figeant les expressions faciales tout en saccadant les animations corporelles, Quentin Dupieux illustre littéralement l'artificialité du monde dans lequel évoluent ses protagonistes.
Une distribution prestigieuse réunie pour interroger notre réalité
L'intrigue suit le personnage de Jacques, interprété par Alain Chabat, rendant visite à son ami Bruno pour lui annoncer une nouvelle fracassante affirmant que l'humanité entière réside au cœur d'une vaste simulation numérique. Face au scepticisme de son interlocuteur incarné par Jonathan Cohen, le visiteur multiplie les preuves irréfutables et résolument saugrenues. Les spectateurs découvriront ainsi des anomalies informatiques hilarantes, allant d'une boulangère possédant huit doigts jusqu'à l'accouchement fulgurant de la compagne de Bruno jouée par Anaïs Demoustier, donnant naissance à un enfant en une fraction de seconde.

Ce casting de haut vol permet d'ancrer cet univers loufoque dans une dynamique humaine savoureuse. Bien que Quentin Dupieux interroge régulièrement la perception humaine dans ses précédentes films, il propose ici sa propre version décalée des œuvres de science-fiction dystopique. Dans tous les cas, derrière ces modélisations volontairement moches, on peut imaginer qu'il se cache une expérience narrative inédite absurde comme Dupieux en a l'habitude. Réponse le 10 juin dans les salles obscures.