J’avais hâte de découvrir ce classique de la scène indépendante. Mais ça a été la douche froide… Je vous raconte ce qu’il m’est arrivé.
Dans les meilleurs titres indés de ces dernières années, on retrouve souvent Inscryption, un jeu de cartes bizarre au confluent de plusieurs genres (rogue-lite, escape game, horreur, aventure). Ça fait plusieurs années que l’OVNI de Daniel Mullins Games (Pony Island), sorti en 2021, me faisait envie, et j’ai récemment sauté le pas. J’ai adoré la première partie de l’aventure. La seconde, par contre…
Première partie virtuose
Je vais essayer de pas spoiler pour les gens qui n’ont pas fait Inscryption. Le jeu s’ouvre sur un jeu de cartes / rogue-lite assez irrésistible. Sans connaître le pourquoi du comment, on joue contre un “monstre” (on voit juste deux yeux noyés dans le noir complet). Il faut sacrifier les animaux placardés sur papier pour en invoquer d’autres. Certains animaux disent qu’ils ont un plan pour s’échapper. On gagne une manche en infligeant 5 points de dégâts à l’adversaire, si tant est qu’on n’en a pas déjà pris.

Mais ce n’est pas tout. Entre chaque partie, on peut se lever et explorer la cabane où on est retenu. Inscryption prend alors des airs d’escape game : il y a un coffre dont la combinaison se cache forcément quelque part, ou encore une statuette de loup qu’on touche du bout des doigts malgré la cage qui la retient (et bien sûr qu’on peut l'ouvrir).
En jouant ainsi sur deux tableaux, avec en plus une ambiance et une direction artistique virtuoses, Inscryption m’a complètement happé dans sa première partie. J’étais venu pour ça : un jeu de cartes / rogue-lite chelou avec un soupçon d’escape game, et ça aurait franchement pu faire l’objet d’un jeu à part entière. Mais bon, c’est un jeu Daniel Mullins Games, donc pourquoi faire simple.

Point de bascule
Parce que depuis son premier jeu, ce studio “tord” le jeu vidéo. C’est ouvertement méta, on passe d’un genre (voire d’une DA) à l’autre. Il y a pas vraiment de règles. On se fait attraper par un concept pour finalement atterrir complètement ailleurs et le jeu nous raconte quelque chose à travers ça.
Sauf que dans Inscryption, l’Acte 2 est super radical. Le jeu devient un sans trop de saveur (en tout cas pour moi). Et ça, ça m’a mis un stop. C’est comme si le titre avait enfreint une sorte de contrat tacite. Et même si je trouve ça super intéressant sur le papier, je pense qu’il y a un manque de “dosage” ici. Parce qu’au lieu de me plonger davantage dans sa folie douce, Inscryption m’en a tout simplement éjecté.