Alors que le monde entier trépigne d’impatience pour la sortie de Yoshi and the Mysterious Book le 21 mai prochain sur Switch 2, j’avais envie de faire un saut dans le passé. Direction 2015 donc pour vous parler d’un jeu qui reste, selon moi, une pépite de Nintendo.
En 2015, la Wii U allait mal, mais elle savait innover dans ses jeux. À l'époque, Nintendo avait confié les rênes à Feel-Good, le studio derrière Kirby : Au Fil de L'Aventure, pour redonner un coup de fouet à Yoshi après quelques épisodes un peu trop sages. À l'époque, on sortait d'une période où la plateforme 2D tournait un peu en rond avec des graphismes parfois trop "propres" et sans âme. C'est là que Yoshi's Woolly World débarque avec son look fait main, ses pelotes de laine et son ambiance ultra cocooning.
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Un gameplay qui ne file pas de mauvais coton
Côté gameplay, le génie de cet épisode réside dans sa manière de transformer les mécaniques classiques de Yoshi en une expérience tactile. Adieu les œufs en dur, place aux pelotes de laine ! Ce changement n'est pas qu'esthétique : les pelotes permettent de "tricoter" des plateformes invisibles ou de ligoter les ennemis. Chaque niveau propose une idée neuve, un secret caché derrière un fil à tirer ou une paroi à découdre. C’est fluide, c’est instinctif, et surtout, c’est satisfaisant à manipuler.

Son autre grande force, c’est sa flexibilité dans la difficulté. Woolly World ne vous prend pas pour un débutant si vous ne le souhaitez pas. Si finir un niveau est accessible à tous, le terminer à 100 % est un véritable défi pour les joueurs. On se retrouve à fouiller chaque recoin du décor, à tester la solidité de chaque mur en laine pour dénicher l'objet caché. On n'est jamais frustré et on est constamment récompensé pour notre curiosité. Pour moi c’est clair, c’est un classique instantané pour tous ceux qui ont pris le temps de l'explorer.
Une direction artistique à tomber par terre
Visuellement, c’est un sans-faute. Les développeurs ont poussé le souci du détail jusqu'à simuler les fibres du textile, les mailles qui s'étirent et le rebond du rembourrage des plateformes. La lumière s'applique sur les textures, créant des ombres sur le décor du jeu. C’est une esthétique "fait main" qui, contrairement à la 3D classique de l'époque, n'a pas pris une ride je trouve. On pourrait même comparer Woolly World à un atelier de loisirs créatifs.

Cette prouesse s'étend aussi aux transformations de Yoshi. Qu'il devienne un parapluie en tissu, un avion en patchwork ou une sirène tricotée, chaque forme est innovante. Et l'inventivité visuelle sert le gameplay : on comprend immédiatement comment interagir avec cet univers grâce à sa matérialité évidente. Tout cet univers est aussi porté par une bande-son jazzy et acoustique qui colle parfaitement à l'ambiance : un monde paisible porté par la chaleur du textile.
Pourquoi sortir vos aiguilles en 2026 ?
Alors, pourquoi je vous en parle encore aujourd'hui, en 2026 ? Parce qu'en dix ans, Woolly World est resté ce classique du jeu de plateforme créatif. D’autant que, avec nos écrans ultra-haute définition, le rendu de la laine est encore plus saisissant et aucun retard technologique n'est à déplorer grâce à son parti pris artistique intemporel. C'est un jeu qui prouve que le style prime sur la puissance brute avec des visuels grandioses, offrant une expérience qui réchauffe le cœur dès les premières secondes.

Mais Yoshi's Woolly World c’est surtout le refuge idéal. Il est l'ancêtre noble de cette tendance "cosy gaming" qui explose aujourd'hui. Y jouer maintenant, c'est (re)découvrir ce que signifie le plaisir ludique : une prise en main immédiate, un émerveillement constant et une générosité de contenu qui ne s'essouffle jamais.