Il est le premier jeu solo à être en exclusivité sur la Nintendo Switch 2, un mois à peine après le lancement de la nouvelle console. Un titre qui a porté sur ses larges épaules les grosses attentes des joueurs, mais qui n’a pas réussi à séduire. Mais c’est en partie normal.
Le singe et le plombier
C’est le 5 juin 2025 que la console Nintendo Switch 2 est sortie, et c’est seulement un mois après qu’elle a accueilli la plus grosse de ses exclusivités avec Donkey Kong Bananza. Un jeu développé par l’équipe 1-Up de Nintendo, connue pour avoir livré le célèbre Super Mario Odyssey. Ce Bananza a donc la lourde tâche de remplacer Mario, casquette et moustache comprises, parce qu’il semblait aussi évident pour les joueurs et les observateurs d’avoir un énorme jeu de lancement « comme Mario ».
Sauf qu’à sa sortie, Donkey Kong Bananza n’a rien du jeu Mario. En tout cas en termes de notes. S’il est considéré comme un incontournable avec 91/100, il reste loin des notes absolument stellaires des autres jeux Mario. Si l’on prend en compte Super Mario Bros. Wonder, Super Mario Galaxy, Super Mario Galaxy 2 et Super Mario Odyssey respectivement à 92, 97, 97 et 97, force est de constater que Bananza est derrière. Et si on imagine bien que Nintendo n’aurait pas craché sur une meilleure note, on peut se dire qu’ils s’attendaient à un tel résultat.
Donkey Kong : l'antithèse de Mario
Parce que dans leur tête, Donkey Kong n’a jamais eu vocation à remplacer Mario. Bien au contraire. Le mettre au premier plan, c’est se donner une nouvelle licence mettant en avant un gameplay nouveau. Quasiment en opposition avec celui du plombier moustachu. À l’occasion de la Game Developers Conference en mars dernier, ce sont nos confrères de GamesRadar qui ont pu interviewer le producteur Kenta Motokura. Et voici l’idée qui lui est passée par la tête pour Bananza :
Les mécanismes de destruction de Donkey Kong Bananza nous sont venus en nous demandant : "Quelles sont les choses qu'un être humain ne peut pas faire ? Quelles sont les choses que Mario ne pourrait pas faire ? Quelle ampleur de destruction ne pourrait-on observer qu'avec Donkey Kong, lorsqu'il frappe des rochers et ce genre de choses ?" »
C’est donc tout d’abord pour étoffer la variété du catalogue Nintendo que Bananza a pris les devants sur Mario. Que ce soit le singe ou le plombier, les deux proposent des expériences divertissantes, mais à leur manière. Une manière de nous faire comprendre, aussi, que si l’on n’a pas aimé Bananza, c’est normal.
Donkey Kong Bananza, donc, c’est peut-être avant tout un jeu pour Nintendo. Pour étoffer son catalogue avec un style de jeu différent ; pour élargir ses personnages iconiques ; pour voir aussi, à l’époque, les capacités de la Nintendo Switch 2. Mais aussi, et peut-être surtout, pour nous donner l’illusion de jouer au « nouveau Mario 3D ». De quoi donner du temps aux studios pour le développer. Pour de vrai.