Comment John Kirby a sauvé Nintendo d'un procès menaçant et lancé la carrière de Mario

Titre original : Le jour où Donkey Kong a failli tuer Nintendo

Saviez-vous que Mario et son rival simiesque ont failli disparaître avant même de devenir des icônes ? Retour sur le duel judiciaire légendaire entre Nintendo et Universal qui a changé le cours de l’histoire.

En 1983, Nintendo n'est pas encore le titan que l'on connaît aujourd'hui, mais la firme commence à bousculer les salles d'arcade avec un certain Jumpman. Ce charpentier doit sauver Pauline des griffes de Donkey Kong au sommet d'un échafaudage. Si la filiation avec King Kong saute aux yeux de n'importe quel joueur, elle a surtout sauté aux yeux des avocats d'Universal Studios. Le studio de cinéma, détenteur des droits du célèbre gorille, décide alors de sortir les crocs et réclame des sommes astronomiques pour plagiat, menaçant directement la survie de la jeune entreprise nippone.

L'astuce géniale de John Kirby

La roue tourne grâce à un homme de loi particulièrement brillant. Pour se défendre, Nintendo engage l'avocat John Kirby, qui va débusquer une faille juridique monumentale dans le passé de son adversaire. En fouillant les archives, il découvre qu'Universal avait déjà gagné un procès des années auparavant en prouvant, à l'inverse, que King Kong était tombé dans le domaine public. En clair, le studio ne pouvait pas affirmer être le propriétaire exclusif du personnage face à Nintendo alors qu'il avait soutenu le contraire pour échapper à d'autres obligations par le passé.

John Kirby ne s'arrête pas là et démontre que le terme "Kong" est devenu un mot d'usage commun pour désigner un grand singe. Il prouve également que les joueurs ne pouvaient pas confondre Donkey Kong et King Kong, le style visuel du jeu étant bien trop éloigné du réalisme cinématographique. La stratégie est un succès total : Universal perd son procès, échoue en appel, et se voit même condamné pour abus judiciaire. Le studio doit finalement verser 1,8 million de dollars de dommages et intérêts à la firme de Kyoto.

De Jumpman à la consécration mondiale

Cette victoire juridique agit comme un véritable tremplin pour l'avenir de la marque. Libéré de cette épée de Damoclès, Nintendo peut enfin capitaliser sur son succès et entamer sa domination du marché domestique. C'est à la suite de cette affaire que Jumpman est officiellement renommé Mario, en hommage au propriétaire des entrepôts de Nintendo America, tandis que le nom de l'avocat Kirby restera gravé dans les mémoires (et peut-être même dans le nom d'une autre petite boule rose célèbre). Aujourd'hui, on ne peut que savourer ce dénouement : sans le flair de John Kirby, le plombier moustachu ne serait probablement qu'un lointain souvenir d'arcade.