C’est un fait divers qui ne l’est plus vraiment : le vol de cartes Pokémon continue de faire des ravages, et devient un phénomène de plus en plus violent.
“Jusqu'où la folie Pokémon continuera-t-elle ?” C'est une question que beaucoup de fans de la licence se posent après les nombreux vols, braquages ou agressions, qui se multiplient ces dernières années.
Acheter Pokémon Pokopia sur Nintendo Switch 2 chez Amazon
Un braquage de cartes Pokémon à hauteur de 300 000 euros !
Mardi 21 avril dernier, Myke Petel, collectionneur et revendeur de cartes Pokémon a été victime d’un braquage à main armé à son domicile à Prigonrieux en Dordogne. L’homme a alors été ligoté, séquestré et menacé d’un pistolet par deux cambrioleurs, après que l’un d’entre eux se soit fait passer pour un livreur, il explique à Sud-Ouest : “Un homme a sonné à la porte et s’est fait passer pour un livreur. Il m’a expliqué que le colis était pour ma femme et qu’il avait besoin de justificatif d’identité”.
L’instant suivant, un complice est arrivé et Myke Petel était menacé par une arme et mis au sol. L’un des cambrioleurs a été aperçu dans le jardin quelques instants plus tard par des caméras de surveillance, dissimulé d’un simple masque chirurgical ainsi que d’une casquette.
Le revendeur, assez présent sur les réseaux sociaux, partage régulièrement des vidéos de sa collection et ses aventures lors de conventions. Le braquage a eu lieu juste après son retour d’une convention à Paris, alors que sa collection, d’habitude stockée dans un coffre fort en banque, était encore chez lui. Les enquêteurs et la procureure de Bergerac évoquent la possibilité que les malfaiteurs aient calculé ce créneau temporel. Le collectionneur estime avoir été cambriolé à hauteur de 300.000 euros.
Il explique au micro de M6 Info avoir perdu “une quarantaine de cartes d’une très grande valeur", qui comptabiliserait à elles seules près de 200.000 euros, dont un Dracaufeu Brillant Edition 1, ainsi que des milliers d’autres cartes qui font vite grimper le compteur. Cette recrudescence de la violence inquiète autant qu’elle ne questionne, car ce n’est pas la première fois qu’en France, un cas de violence grave lié aux cartes Pokémon est recensé. Pour le moment, le parquet de Bergerac a ouvert une enquête pour vol avec arme.
Un marché très lucratif dans le viseur des cambrioleurs
“Aujourd’hui, ça ne sert à rien de voler de l’or, les voleurs s’attaquent au papier”, voici le genre de réactions que nous pouvons retrouver sur les réseaux sociaux suite à cette affaire. Anne-Cécile Dumonteil, procureure de Bergerac à expliqué à Sud-Ouest que “les cartes Pokémon intéressent particulièrement les réseaux criminels, car elles servent de monnaie d’échange”. Depuis sa sortie en 1996 au Japon, les cartes Pokémon connaissent un véritable carton dans le monde, et le phénomène ne cesse de s’amplifier. La franchise japonaise se hisse à la tête des firmes issues de la pop culture les plus lucratives dans le monde, juste devant Hello Kitty ou Stars Wars.

Rien qu’en 2024, le marché global du TCG (Trading Cards Games) était estimé à environ 11.4 milliards de dollars, Pokémon étant bien évidemment la marque dominante. Certaines cartes rares peuvent atteindre des sommes astronomiques, la carte la plus chère vendue étant un Pikachu Illustrator de 1998, pour la modique somme de…15.3 millions d’euros. Alors, cette folie des grandeurs attire tout autant des collectionneurs que des malfaiteurs, qui tentent l’improbable pour tenter de s’accaparer des lots les plus rares. Ce genre d’affaire se multiplie en France, avec de nombreux cas médiatisés comme le cambriolage de la boutique Pikaplasma en Maine-et-Loire en octobre 2025, ou Kadoshop à Rennes à la même période.