Satire cinématographique d’une Amérique impérialiste, le film Starship Troopers de Paul Verhoeven est considéré comme un monument du septième art. Cristallisant la rupture entre le réalisateur néerlandais et le monde d’Hollywood, ce long-métrage met en lumière un groupe de jeunes gens formés par la Fédération, un gouvernement mondial autocratique, et envoyés sur le champ de bataille pour affronter des insectes extraterrestres appelés Arachnides. Adaptation libre du roman éponyme (en français, Étoiles, garde-à-vous !) de Robert A. Heinlein, Starship Troopers revient sous la forme d’un FPS rétro reprenant les codes du film. Suffisant pour nous replonger de longues heures sur Zegema Beach ? Engagez-vous, qu’ils disaient, vous verrez du pays, qu’ils disaient.
Dans le monde vidéoludique, il arrive régulièrement que des jeux à licence soient réalisés par des fans et Starship Troopers Ultimate Bug War fait incontestablement partie de cette catégorie. Véritables adorateurs du film de Paul Verhoeven, les concepteurs ont carrément fait appel à Casper Van Dien pour briser le quatrième mur. Dans le film original, l’intrigue est ponctuée de fausses réclames publicitaires prônant l’intérêt de s’engager pour la Fédération, le tout avec des séquences drôles, décalées et volontairement ironiques.

Pour la création d’un jeu estampillé Starship Troopers, il était impossible de passer à côté de telles vidéos et Casper Van Dien, reprenant son rôle de commandant Rico, s’en donne à cœur joie. Les messages en prises de vue réelle font écho à ceux du film et on sourit souvent devant le côté patriotique exagéré de ces publicités interpellant le joueur. Starship Troopers Ultimate Bug War est ainsi présenté comme la simulation parfaite pour gagner sa place dans les rangs de la Fédération, d’avoir le droit de combattre sur le champ de bataille… et de finir en charpie. En jonglant en réalité et fiction, le titre de Game Source Entertainment et Dotemu adopte une approche intéressante. C’est d’autant plus vrai que le personnage que l’on incarne, Samantha « Sammy » Dietz intervient au cours de ces séquences vidéo et raconte sa propre histoire. Pendant environ cinq heures, soit huit missions, on revit ainsi sa montée en puissance face aux Arachnides.

Super Trooper
Dans Starship Troopers, les humains combattent un peuple extraterrestre insecte, les Arachnides. Le jeu reprend cette dualité et nous propulse sur le champ de bataille par le prisme d’un FPS à la touche rétro (3D pour les bâtiments, 2D pixellisées pour les soldats, ennemis, etc.). L’action se déroule depuis les yeux du personnage, en l’occurrence Samantha « Sammy » Dietz, et les missions gravitent autour de différents objectifs sur plusieurs points de la carte. Starship Troopers oblige, Ultimate Bug War se fait un malin plaisir à reprendre des lieux emblématiques du long-métrage, de Zegema Beach à Klendathu. En parallèle, il est également possible d’incarner un Arachnide (ou Bug en version originale, et c’est d’ailleurs plutôt le terme employé tout au long du jeu). Répartie sur cinq missions, les missions ennemies sont malheureusement décorrélées de la campagne principale. L’intention est louable, mais l’objectif se résume à tout détruire, sans ce qu’il n’y ait de liant avec le camp adverse. Par conséquent, mieux vaut se concentrer sur la campagne humaine.

Comme expliqué plus haut, Starship Troopers Ultimate Bug War prend la forme d’un FPS en vue subjective. Chaque carte est constituée de différents objectifs répartis dans différents lieux selon les environnements traversés : tour de contrôle, plage, stade, métro, hôtel, etc. Selon les points d’entrée, il s’agit de défendre une zone, d’activer des barrières de protection, de détruire un certain type d’Arachnides, de foncer vers la position d’un partenaire, de poser des explosifs ou encore d’apporter un soutien à une escouade. Les cartes sont plutôt vastes, comme le démontre chaque phase de vol avant le début des hostilités et les décors sont globalement variés, même si l’action est vite répétitive. Malgré des objectifs qui changent, on fait souvent la même chose et tout n’est que prétexte à dégommer de l’Arachnide. Heureusement, le jeu peut compter sur un arsenal très complet, allant d’une mitraillette à un lance-missile nucléaire. Et c’est sur ce point que Starship Troopers Ultimate Bug War fait la différence : son ambiance et son gameplay bien énervé.

Gimme ! Gimme ! Gimme ! (un fusil plasma)
Proposé avec différents modes de difficulté, Starship Troopers Ultimate Bug War repose sur un principe éculé, mais toujours aussi efficace. Une fois lâché dans la nature, la carte affiche des objectifs géographiques à atteindre. Pour y parvenir, vous pouvez compter sur la présence de fumigènes délimitant le parcours et indiquant la position de munitions. Ce n’est pas un mal car il n’est pas rare de se retrouver face à une falaise sans comprendre comment atteindre telle ou telle zone. Pour se mouvoir plus rapidement, le personnage peut compter sur son endurance – matérialisée par une jauge de course en bas de l’écran – et des tyroliennes installées un peu partout.

Une fois sur zone, il faut alors remplir les différents objectifs, parfois par le biais de scènes scriptées. Sur Zegema Beach, par exemple, vous avez à nettoyer une plage d’une invasion d’insectes en utilisant tous les moyens à disposition, dont des tourelles de défense. Starship Troopers Ultimate Bug War propose un gameplay vraiment agréable, avec un bon feeling. Le challenge, quant à lui, est au rendez-vous (surtout dans les modes de difficulté plus élevés) puisqu’il faut gérer ses munitions et veiller à récupérer son arsenal dans des caisses d’approvisionnement ou des capsules prévues à cet effet.

Pour apporter un côté tactique, en plus de l’utilisation des armes, des grenades (explosives, incendiaires…) ou du corps à corps à coups de poignard, les développeurs ont ajouté un système qui permet de faire appel à une frappe orbitale, de faire une demande d’équipement ou de recevoir le soutien de méchas de combat. Il est d’ailleurs possible de grimper à bord de ces robots pour faire encore plus de dégâts, tout en étant mieux protégés. Bien évidemment, ces phases sont temporaires. Il est aussi possible de recruter des soldats pour être épaulés durant les missions, mais l’intelligence artificielle, étant ce qu’elle est, ces derniers sont aussi bêtes que des Lemmings et n’apportent rien à l’expérience. Tout au plus, on s’amuse des milliers de pixels volant en éclats durant les assauts. Sachant que le tir ami n’est pas activé, on vous laisse imaginer les boulettes pouvant survenir en cours de partie. Au sens propre comme au figuré.

Bugs et châtiments
D’une durée de vie assez courte, Starship Troopers Ultimate Bug War a le mérite de ne pas s’éterniser et donc d’atténuer son aspect répétitif. Les doublages en anglais confèrent au jeu une ambiance vraiment réussie, avec des musiques et bruitages qui s’adaptent parfaitement à la thématique « humains contre extraterrestres ». Si le choix de la 2D pour les cibles mouvantes (soldats, ennemis, explosions…) peut surprendre au début, elle offre au jeu une véritable identité visuelle. Les développeurs ont d’ailleurs misé à fond sur les différentes explosions pour nous en mettre plein la vue. Il suffit d’utiliser le lance-missile nucléaire pour s’en convaincre. '''

Fidèle à Starship Troopers, Ultimate Bug War réussit son pari, sans transcender la formule des FPS rétro. Les fausses publicités sont bien réalisées et on en vient à vouloir revoir le film original tant les références à l’œuvre de Verhoeven fourmillent dans tous les sens. Tout n’est pas parfait, l’action est répétitive, on regrette l’absence des musiques du film et le bestiaire, même s’il réserve de bonnes surprises, aurait mérité à être plus fourni. Il est aussi regrettable de ne pouvoir fouler le sol de Klendathu avec un partenaire en ligne ou en local, ça serait tellement fun ! '''Mais dans le cadre des jeux-hommage à Starship Troopers, ils sont loin d’être tous de même qualité et Ultimate Bug War a le mérite de respecter le terreau d’origine. Un bon défouloir pour qui veut revivre, le temps de quelques heures, l’atmosphère du film culte.
Conclusion
Points forts
- L'ambiance Starship Troopers
- Les fausses publicités en prise de vue réelle
- Le retour de Casper Van Dien, l'acteur du film
- Bon feeling avec les armes
- Arsenal complet et spectaculaire
- Le charme esthétique 2D/3D
- Des cartes assez rares
- Effets visuels particulièrement réussis
Points faibles
- Campagne courte (8 missions avec les humains)
- Missions Arachnide sans trop d'intérêt
- Des PNJ qui foncent tête baissée
- Bestiaire qui aurait mérité à être plus étoffé
- Pas de multijoueur
- Pas de musique issues du film
Note de la rédaction
Il était attendu, et dans son ensemble, Starship Troopers Ultimate Bug War ne déçoit pas. Fidèle au film de Paul Verhoeven, ce FPS assume son identité visuelle rétro et offre un feeling dynamique et réactif. Avec le retour de Casper Van Dien, les dialogues énervés et la satire dégoulinante, on sent que les développeurs sont allés à fond dans leurs intentions, et c’est franchement fun. Les champs de bataille ne sont jamais avares en tension, les explosions sont réussies et le bestiaire ne manque jamais de surprendre. C’est dans ces moments-là qu’on se dit que les objectifs auraient gagné à être plus variés, avec une campagne plus longue. Il est également dommage que la phase Arachnide ne soit pas davantage intégrée à la campagne principale. Mais pour qui aime Starship Troopers et les FPS rétro, c’est un bon défouloir.