Test de Tomodachi Life : Plongée humoristique dans la simulation de vie sur Switch

Titre original : Test du jeu J’ai séquestré mes collègues dans Tomodachi Life, et c’est le meilleur défouloir de la Switch

Vingt ans après leurs débuts, les Mii font leur grand retour sur Switch dans Tomodachi Life : Une Vie de Rêve. Cette simulation de vie totalement barrée nous a offert l’excuse parfaite pour séquestrer toute la rédaction dans un terrarium virtuel.

Grâce à la magie de la simulation de vie, j’ai pu recréer l’intégralité de mes collègues dans Tomodachi Life : Une vie de rêve. Était-ce vraiment une bonne idée que de les recroiser à travers mon écran passé 18h, alors que je leur avais enfin dit au revoir quelques minutes plus tôt ? Pas tellement. Est-ce que Tomodachi Life : Une Vie de rêve est tout de même un excellent jeu ? Pas forcément. Mais j’ai passé un très chouette moment.

Mes collègues, Tomodachi et moi

Avant-propos : Ceci est une simulation. Aucun collègue n’a été blessé au cours de l’expérience.

Il existe deux panthéons de la pop culture qui suscitent en moi un malaise diffus, ce petit je ne sais quoi d’uncanny valley : les personnages d’Angela Anaconda, pour des raisons esthétiques évidentes, et les Mii et leurs délicates voix robotiques. Avant d’être dérangeants, ils demeurent pour moi une madeleine de Proust ; un vestige des sessions de création d’avatars sur Wii en 2005, préludes aux premières parties de bowling imposées à des parents qui avaient, on s’en doute, bien mieux à faire. L'attrait de Tomodachi réside donc, primo, dans la nostalgie consciente qu’il projette, puis dans sa légèreté mâtinée d'excentricité nippone.

Ce qui fascine également, c’est cet éditeur de personnages, et sa faculté folle à restituer - fût-ce grossièrement - le faciès d’un proche à partir d'une poignée de traits prédéfinis. Shigeru Miyamoto lui-même fut séduit par l’efficacité de ce petit outil, historiquement exhumé d'un vieux projet de jeu de voyance. Il m’a suffi d'une poignée de tracés pour dessiner les contours de mon voisin de bureau. C’est au fil de cette étape que m’est venue l’idée de modéliser l’intégralité de l'open space de JV pour les affubler de costumes d'œufs au plat ou de délicats kimonos cintrés.

J’ai séquestré mes collègues dans Tomodachi Life, et c’est le meilleur défouloir de la Switch

Si l’idée de reproduire vos collègues ne vous tente pas, ou si vous ne possédez pas d’amis (même si, dans cette configuration, une partie du sel du jeu serait perdue), vous pouvez exercer votre talent créatif. Dans ce Tomodachi Life, l’écran tactile devient votre toile : vous y peignez, si vous le souhaitez, vos propres avatars, idéalement armé d’un stylet pour en affiner le trait. Sur les réseaux, vous contemplerez forcément avec envie les créations d'une communauté capable de ressusciter La Naissance de Vénus de Botticelli, tandis que vous peinez à esquisser les contours d'un frère ou d'une sœur. La mécanique offre en tout cas un terrain de partage formidable sur les réseaux sociaux, mais aussi entre vos consoles : le jeu intègre un mode multijoueur en local, grâce auquel vous pouvez échanger vos Mii préférés. Sympa !

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L'expérience consiste ensuite à définir l’une des seize personnalités disponibles, dictées par le tempérament et la gestuelle choisis. On leur assigne une taille, un genre - répondant à une longue plainte collective, le jeu intègre désormais la non-binarité et les relations homosexuelles - et surtout une voix, empruntée à un système de synthèse vocale brillamment laissé "dans son jus". Et notez donc ce joli nombre : vous pouvez créer jusqu'à 60 Miis. Oui, 60 !

Un aquarium pas très profond

Dans l’essence, il faut considérer cette licence comme un terrarium humain, une sorte d’éprouvette pour Tamagotchis humains sur une île à la plastique cartoonesque plutôt plaisante. Ici, le terraforming est à votre merci, et il n'a jamais été aussi simple de transformer un carré d'eau en terre, bien qu'il soit regrettable que la Switch ne profite pas de fonctionnalités exclusives comme un mode souris. Et pour vos Mii, vous êtes Dieu. Un Dieu dont l'unique dessein est d'assurer leur bonheur pour les faire progresser en niveau.

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À chaque palier franchi, vous pouvez leur offrir une nouvelle expression, un cadeau ou une phrase fétiche, des babioles de récompenses glanées dans la fontaine à vœux - pierre angulaire du jeu malgré elle - qui débouchent souvent sur des situations amusantes. J'ai ainsi pu attribuer des démarches improbables, payer un séjour à Tokyo à mon collègue, et offrir un bouquin de yoga à un autre pour qu'il se mette à essayer des figures. Mais ce qui m’a vraiment motivé dans mon expérience sociale, c’était de forcer mon open space virtuel à m’appeler « Ta Majesté ». Autre abus de pouvoir non négligeable : la possibilité d’agripper vos sujets pour forcer des interactions sociales à votre guise. J’ai ainsi pu scruter les prémices d'une idylle entre mes collègues Nicolas et Arthur, ou orchestrer les sujets de conversation de camarades dont j’avais programmé les thèmes à l’avance.

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Ce tableau dépeint l’expérience organique de Tomodachi Life : une mine à captures d’écran pour amuser la galerie et un aquarium de Mii à observer par intermittence. J’aurais vraiment aimé y trouver plus de substance. La saga possède le potentiel d’un Wisteria Lane absurde où les interactions nourriraient potins et querelles. Hélas, les nuances manquent et les rencontres sombrent vite dans un systémisme répétitif. Avant même d’entamer une interaction avec un Mii, je devine facilement ce qu’il va me dire : il veut que je lui présente un ami, il a faim, ou il me supplie de jouer avec lui pour « tuer l’ennui » à l'un de ses quiz pas tellement marrants, comme s’ils savaient que leur monde manquait de consistance.

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Tout au long de mes parties, j’ai déploré l’absence d’une véritable campagne d’objectifs. Certes, les premières tâches récompensent le joueur par l’ouverture de bâtiments successifs (boutique de vêtements, marché, studio photo), mais leurs vitrines peinent à rivaliser avec les standards actuels de la simulation de vie. On reste alors pour la seule poésie du bizarre : ces animations absurdes que l'on surprend au détour d'un gros plan, ces cinématiques impromptues qui déclenchent un rire débile, ou ces rêves surréalistes que l'on espionne sans vergogne pendant que nos créatures dorment.

Conclusion

Points forts

  • Un éditeur de personnages toujours aussi fun
  • L'humour du jeu
  • Une personnalisation au top
  • Partage facilité en local
  • Jolie plastique
  • Une forte dose de nostalgie

Points faibles

  • Un systémisme répétitif
  • L'absence du mode souris pour le terraforming
  • Un manque de substance global
  • Des mini-jeux pas super funs

Note de la rédaction

14

Tomodachi Life n’attend rien de plus de nous que nous le picorions comme une petite boîte de nuggets. C’est le side que vous commandez dans un fast-food quand il vous reste un petit creux après le burger. Malheureusement, vous réalisez bien trop tard que l’employé a oublié de mettre cedit burger dans la commande (vous savez très bien de quoi je parle). Vous allez donc devoir vous contenter de cette petite entrée.
Les ajouts apportés à l’épisode 3DS sont bienvenus, la personnalisation est fabuleuse, l’éditeur de Mii constitue un classique en tant que tel. Mais Tomodachi Life : Une Vie de rêve n’est pas un chef-d'œuvre de la simulation de vie. Toutefois, c’est probablement la plus drôle du genre. Si vous cherchez un titre pour vous investir des centaines d'heures, vous risquez de trouver l'île bien déserte. Mais si vous avez besoin de voir de temps en temps votre patron en costume d'œuf pour oublier vos mails en retard, alors l'expérience vaut le détour.

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