Alors que les épisodes 4 et 5 d’Avatar sont encore en production, Disney envisagerait de faire évoluer la formule de la licence. Pas sûr que cela plaise à James Cameron, cinéaste connu pour son perfectionnisme.
C’est la fin du chèque en blanc pour James Cameron. Le réalisateur de la saga Avatar, dont le premier volet demeure le plus gros succès de l’histoire du box-office depuis sa sortie en 2009, avait bénéficié en effet d’un budget pour le moins considérable pour La Voie de l’Eau et De Feu et Cendres. Néanmoins, pour les épisodes 4 et 5 de la licence, Disney (qui produit et détient les droits d'exploitation via la 20th Century) compte bien changer la formule, au grand dam du cinéaste canadien.
Vers la fin des projets pharaoniques ?
James Cameron est un vrai géant du box-office. Le succès d’Avatar et d’Avatar 2, ayant rapporté respectivement 2,9 et 2,3 milliards de dollars, justifiait les financements colossaux de ses projets. Le deuxième et troisième opus de la licence avaient nécessité 460 et 400 millions de dollars rien que pour la production ! À titre de comparaison, le budget d’un blockbuster classique tourne actuellement autour de 200 millions de dollars.

Mais le succès en demi-teinte d’Avatar 3 semble avoir fait changer d’avis Disney. Le film, avec "seulement" 1,5 milliard de dollars de recettes, n’a pas été jugé suffisamment rentable par le géant américain, d’autant que près de 200 millions de dollars supplémentaires ont été investis dans le marketing, en plus du budget de production. C’est en tout cas ce que révèle une enquête exclusive du média The Wrap publiée le 8 avril. Pour l'entreprise américaine, la franchise doit désormais entrer dans une phase d’optimisation drastique, articulée autour de deux axes principaux.
Deux leviers d’action : la durée et le coût
Le premier changement touche un élément indissociable de l’expérience Avatar : la durée des films. La Voie de l’Eau et De Feu et Cendres dépassent tous deux les trois heures, avec environ 3h15 de projection. Disney souhaiterait désormais des formats plus compacts, autour de 2h30. La raison est purement mathématique : un film plus court permet d’ajouter une séance supplémentaire chaque jour en salle. Sur une exploitation mondiale comme celle de la franchise, cette maximisation du nombre de séances pourrait se traduire par des centaines de millions de dollars de recettes additionnelles.

Le deuxième point sur lequel Disney entend agir concerne le budget des films. Les deux premiers Avatar ont fonctionné comme de véritables bancs d’essai technologiques, nécessitant des investissements considérables en recherche et développement. Mais le studio estime aujourd’hui que les technologies de capture et de rendu sont désormais amorties avec le troisième opus. L’idée est aussi de pousser à l’utilisation de nouvelles méthodes de production, notamment via l'assistance par IA pour les effets spéciaux, afin de réduire les coûts de post-production tout en conservant la puissance visuelle de la saga.
Une réticence globale de Disney envers Avatar
Bien qu’aucune confirmation officielle n’ait été apportée, l’information semble très plausible. En effet, la prudence de Disney à l’égard d'Avatar semblerait dépasser le seul cadre du cinéma. Dans son parc en Californie, le groupe devait inaugurer une attraction consacrée à l'univers de Pandora en 2026, mais celle-ci a finalement été reportée à l’année suivante.
Le directeur créatif à la retraite estime qu'Avatar 3 a désormais un impact culturel “épuisé”, malgré un succès globalement honorable, ajoutant que “la demande est faible” autour de la licence. Selon lui et d’autres observateurs, ce report signalerai surtout un abandon de l’idée initiale en faveur d’une attraction dédiée à Zootopie 2, un film qui a rapporté 1,8 milliard de dollars pour seulement 150 millions investis, et qui semble aujourd’hui bénéficier d’un engouement et d’un dynamisme plus fort que De Feu et Cendres.

Reste une inconnue de taille : comment James Cameron va-t-il accueillir ces contraintes ? Le réalisateur est connu pour son perfectionnisme presque obsessionnel et sa volonté d’imposer sa vision, quel qu’en soit le prix. Il avait toutefois laissé entendre qu’il était prêt à faire évoluer son implication dans la franchise, surtout si le succès commercial ne justifiait plus un tel investissement, sans pour autant quitter son rôle de réalisateur. Mais pourra-t-il réellement s’adapter aux nouvelles exigences de Disney ?