Pour les amoureux de jeux vidéo nés dans les années 90, la série de jeux vidéo Pokémon représente un grand souvenir, et les chercheurs ont voulu s’intéresser à ce lien indéfectible qui s’est créé entre eux et la franchise de Game Freak. Au-delà de démontrer, une fois de plus, la puissance de la plasticité cérébrale à l’enfance, ils ont aussi découvert que le cerveau des joueurs qui connaissent Pokémon sur le bout des doigts… était différent de celui des joueurs novices !
Pokémon, un effet sur le coeur des joueurs… mais aussi sur leur cerveau !
Trente ans après la sortie du premier jeu vidéo, la Pokémania ne faiblit pas. Ces dernières semaines, les fans de la licence ont été gâtés. D’une part, ils ont pu profiter de la sortie d’une expérience inédite, mêlant des mécaniques héritées de Minecraft et Animal Crossing, et baptisée Pokémon Pokopia (2,2 millions de ventes en 4 jours).
D’autre part, les joueurs ont pu s’offrir une petite piqûre de nostalgie avec la ressortie sur Nintendo Switch 1 et 2 des versions Rouge Feu et Vert Feuille, initialement commercialisées sur Game Boy Advance. Un retour dans le passé facturé 20€ qui a eu le mérite d’être vivement critiqué par la communauté… Quoi qu’il en soit, au-delà des contestations, l’attachement est toujours bien présent.

D’ailleurs, est-ce que vous saviez que cet attachement avait eu un immense impact sur le cerveau des joueurs les plus investis ? Ces derniers jours, une étude menée par l’université de Stanford et publiée dans la revue Nature Human Behavior refait surface.
Réalisée en 2019, celle-ci révélait que les individus qui ont joué assidûment aux jeux vidéo de la licence durant leur enfance ont développé une zone cérébrale spécifique, dédiée à la reconnaissance des centaines d’espèces de Pokémon. Vous êtes incollable et capable de citer le nom de tous les Pokémon que l’on vous montre ? D’après la science, c’est normal, et c’est lié à des groupements de neurones présents dans le lobe temporal de notre cerveau.

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Les joueurs les plus dévoués de Pokémon à l’enfance ont fait évoluer leur cerveau sans le savoir !
On le sait, à l’enfance, le cerveau est beaucoup plus malléable qu’à l’âge adulte, et c’est notamment cette plasticité cérébrale qui accroît les capacités d’apprentissage. Pour vérifier son hypothèse, le chercheur derrière cette étude, Jesse Gomez, a recruté 11 joueurs « experts » de la licence Pokémon, dont l’âge moyen était de 29,5 ans (c’est-à-dire, né dans les années 90 et ayant grandi avec la série de jeux), et 11 joueurs novices, qui composaient le groupe contrôle.

En guise de test, les sujets étaient placés dans une machine IRM et étaient soumis à des séries d’images (visages, animaux, voitures, dessins animés et Pokémon). Suite à ces expérimentations, l’étude a pu confirmer son hypothèse de départ et qu’une nouvelle région cérébrale s’était construite dans le cerveau des experts. Dans les caissons, leur cerveau réagissait plus intensément aux images de Pokémon que celui des novices du groupe contrôle.
Au-delà de ces conclusions, les résultats apportés par cette étude soutiennent une théorie selon laquelle la manière dont on regarde un objet et la taille qu’il occupe dans notre champ visuel déterminent où se forme la région cérébrale qui lui est dédiée. Chez les joueurs « experts », cette nouvelle zone cérébrale était localisée au même endroit, et l’objet auquel on peut raccrocher la théorie, dans le cas présent, n’est autre que… la Game Boy que l’on tenait dans nos mains.
En raison du gabarit de la console et de son écran, les éléments visuels sont relativement petits et obligent les joueurs à concentrer leur regard sur un champ réduit. Les informations visuelles que l’on captait venaient frapper une petite partie de la rétine centrale. Le cerveau était alors contraint de véhiculer ces données vers une zone bien spécifique du lobe temporal, usuellement impliqué dans la reconnaissance des visages, des objets ou des paysages.
Pour éviter d’inquiéter les futurs parents sur la consommation de jeux vidéo et sur les expériences vidéoludiques, l’étude soulignait que cette adaptation cérébrale n’était aucunement néfaste, au contraire. Elle est le reflet des capacités cérébrales et souligne l’importance de nos expériences à l’enfance. Qui plus est, les joueurs « experts » scannés faisaient état d’un parcours brillant, avec de hautes études médicales et scientifiques ou des postes dans des entreprises de premier plan.