L'impact de Dragon Ball sur la psychologie des générations 80-90 : entre complexité morale et développement de l'empathie

Titre original : La psychologie affirme que les gens nés dans les années 80-90 et qui ont grandi en regardant Dragon Ball ont développé un trait de caractère particulier

Au-delà de l’éducation reçue et de l’endroit où on grandit, on sait que la culture influence notre perception du monde. La fiction joue un grand rôle dans la perception du monde une fois adulte et, pour les enfants des années 80 et 90, il semble que Dragon Ball fasse partie de l’équation.

Dragon Ball : quand l'anime incluait des personnages s'éloignant du simple rapport bon/méchant

Vous avez forcément entendu quelqu'un d'autre dire que son enfance était meilleure, ou vous l'avez peut-être vous-même dit. Cela est tout à fait normal et relève de mécaniques complexes liées à la relativité du temps vécu, aux premières expériences ou encore à des mécaniques internes liées à la mémoire. En somme, la nostalgie nous joue des tours et le cerveau humain a bien du mal à intégrer comme valides des choses qui interpellent notre cerveau d'adulte.

Autrement dit, c'est plus souvent différent que mieux ou moins bien. Une chose qui ne change pas en revanche, la fiction, quelle que soit sa forme, a une influence sur notre psychologie et une partie de ce qu'on a pu voir, lire, écouter ou jouer pendant les années de construction change la façon dont on perçoit le monde et nos échelles de valeurs. Dans les années 1980 et 1990, de nombreux enfants ont été confrontés à un anime culte : Dragon Ball et Dragon Ball Z. Il s'avère que l'ambiguïté morale de certains personnages a pu permettre le développement d'une mise en perspective plus complexe qu'à l'accoutumée chez les jeunes spectateurs.

Dans le cadre du développement de l'empathie, des personnages comme Piccolo ou Vegeta ont permis à de nombreux jeunes spectateurs de comprendre que la frontière entre le bon et le mauvais n'est que rarement aussi marquée. Il s'agit de protagonistes qui auraient transcendé le schéma classique de rédemption auquel la fiction nous avait habitués jusqu'alors.

La psychologie affirme que les gens nés dans les années 80-90 et qui ont grandi en regardant Dragon Ball ont développé un trait de caractère particulier

Des personnages plus complexes qu'ils n'en ont l'air

Ce n'étaient pas des méchants devenus bons, c'étaient des personnages qui, sous couvert d'être des anti-héros, nous ont contraints à les analyser selon deux perspectives totalement contradictoires. Vegeta, par exemple, détruit des planètes entières, se montre particulièrement arrogant et classe les individus selon leur rang de naissance avant de finalement s'allier à Son Goku pour le bien commun.

En ce sens, Dragon Ball offre un paysage plus nuancé que ce que pouvait proposer Disney à la même époque. Par son écriture, Toriyama contraint le lecteur et le spectateur à essayer de comprendre les motivations des personnages situés dans une zone grise, même si leurs actes sont répréhensibles. Gohan fait également partie des personnages clés. Extrêmement puissant et capable de déployer une force étonnante pour un enfant, il finit par délaisser (un temps) le combat en grandissant pour se consacrer aux études.

Une évolution rare pour un habitué de ce type d'histoire, souvent guidées par une forme de destinée à accomplir. De quoi très subtilement questionner la notion de pouvoir et la façon dont il est exploité ou non. La récente étude accessible plus haut semble donc aller dans le sens de la théorie du développement moral de Kohlberg, qui pousse l'idée qu'exposer des personnes âgées de 9 à 17 ans à ce type d'histoire poussait à l'apparition de valeurs morales plus larges et plus promptes à l'empathie.