Critique d'EX Voto 1348 : Un jeu d'action médiéval prometteur mais décevant sur PS5

Titre original : Test du jeu EX Voto 1348 : la croix et la bannière pour ce jeu d'action médiéval qu'on attendait à un autre niveau ! sur PS5

Entre Peste Noire et fanatisme religieux, EX Voto 1348 nous plonge dans une Toscane photoréaliste aux côtés d’une femme chevalier. Si le titre impressionne par ses panoramas et un doublage de haute volée, l’illusion s’effrite vite. Derrière la beauté des décors se cachent des couloirs vides et une technique vacillante. Un voyage de cinq heures où la contemplation flirte avec l’ennui.

Une direction artistique en demi-teinte

Visuellement, EX Voto 1348 souffle le chaud et le froid. Sur un écran 4K via la version PS5, le titre impressionne par sa plastique globale et son rendu photoréaliste qui rend un bel hommage aux paysages de la Toscane. On y retrouve cette lumière méditerranéenne caractéristique et des décors qui, au premier abord, semblent techniquement solides. C'est une enveloppe séduisante qui laisse espérer une aventure épique dans l'Italie du XIVe siècle.

EX Voto 1348 : la croix et la bannière pour ce jeu d'action médiéval qu'on attendait à un autre niveau !

Cependant, l'illusion se brise dès que l'on s'attarde sur les détails organiques. Les modélisations des visages semblent inachevées, avec une mention spéciale pour les yeux : très ronds, fixes, ils ne bougent jamais, donnant aux personnages un aspect de poupées de cire assez dérangeant. Cette rigidité technique casse l'immersion et jure avec la qualité des environnements, créant un décalage visuel permanent tout au long de l'aventure.

La princesse est dans un autre château

Le plus gros défaut du titre réside dans son level design et son manque total de narration environnementale. Le jeu se résume à un immense couloir qui ne récompense jamais l'exploration ou les pas de côté. Contrairement à un A Plague Tale, ici, les décors ne racontent rien : pas de notes à découvrir, pas de corps mis en scène de façon tragique, et surtout, aucune interaction avec des personnages secondaires qui pourraient donner corps à ce monde ravagé.

Seule la nourriture et les livres (pour les points de talents) sont ramassables

EX Voto 1348 : la croix et la bannière pour ce jeu d'action médiéval qu'on attendait à un autre niveau !

On incarne une femme chevalier prête à tout pour retrouver sa bien-aimée, mais ce scénario "classique" occulte totalement le contexte historique. La peste et le fanatisme religieux ne sont que des noms jetés ici et là, sans jamais être exploités. Le récit est décousu, nous traînant de zone en zone sans réelle conviction avec des explications tirées par les cheveux pour justifier le déplacement constant de Bianca, l'élue de notre cœur.

Il suffirait d'une touche

Côté prise en main, EX Voto 1348 interroge. Le mapping des touches est totalement contre-intuitif, délaissant les boutons Carré et Triangle pour tout concentrer sur les gâchettes. Cette rigidité se retrouve dans les combats, qui consistent simplement à briser la garde adverse en martelant la même touche. Les deux postures proposées n'offrent aucune variété réelle et les animations, pour nous comme pour les ennemis, restent désespérément identiques.

La personnalisation est très limitée.

EX Voto 1348 : la croix et la bannière pour ce jeu d'action médiéval qu'on attendait à un autre niveau !

Le seul véritable plaisir de jeu provient de la parade, une compétence à débloquer qui, bien que difficile à maîtriser, apporte enfin un peu de rythme et de satisfaction. Malheureusement, ce point positif est noyé sous une pluie de bugs techniques. Entre les ennemis qui se coincent dans le décor, les problèmes de collisions et les crashs, j'ai dû recommencer plusieurs chapitres pour espérer voir le bout des 5 heures que dure l'expérience.

Le doublage, le point fort du jeu

S'il y a un domaine où le jeu excelle, c'est son doublage. Le casting est merveilleux et porte littéralement le jeu sur ses épaules. Jennifer English (Maëlle dans Clair Obscur : Expedition 33, ShadowMoon dans Baldur's Gate 3), qui double Bianca, livre une performance habitée qui rend son personnage intéressant malgré la pauvreté de l'écriture. On retiendra aussi le premier boss, chef des brigands, dont le monologue sur la difficulté des choix de commandement apporte une profondeur inattendue, bien que fugace.

Bianca, doublée par Jennifer English. De quoi aussi voir la taille des sous-titres.

EX Voto 1348 : la croix et la bannière pour ce jeu d'action médiéval qu'on attendait à un autre niveau !

Malheureusement, la bande-son ne suit pas cette excellence vocale. Si certains morceaux sont agréables, l'ensemble reste peu mémorable et les thèmes de combat sont terriblement répétitifs. On finit par s'habituer au silence ambiant, non pas par choix artistique pour souligner l'horreur de la peste, mais parce que le jeu semble manquer d'idées.

Conclusion

Points forts

  • Doublage de haute volée
  • Des beaux paysages de Toscane, des plans parfois sublimes

Points faibles

  • Aucune immersion
  • Des bugs en pagaille
  • Un gameplay rébarbatif, qui n'évolue jamais
  • La police des sous-titres
  • Très vide, aucune narration environnementale
  • Un contexte intéressant complètement sous-exploité

Note de la rédaction

9

EX Voto 1348 est une expérience qui laisse un goût amer de rendez-vous manqué. Si l'on est d'abord séduit par ses panoramas toscans et porté par un casting vocal d'une justesse rare, le titre s'effondre dès que l'on gratte la surface. Entre ses visages inexpressifs, ses bugs bloquants et une structure en couloir désespérément vide de toute narration environnementale, le voyage tourne court. Là où des références comme A Plague Tale ou Blasphemous parviennent à rendre leur univers médiéval tangible et oppressant, ce titre se contente du minimum syndical. Malgré la passion de ses doubleurs, la proposition globale — qu'il s'agisse de la technique, de l'immersion ou du gameplay — reste malheureusement insuffisante.

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