Parce que les gens fracassaient leur télé, Nintendo a dû réagir en urgence. Retour sur le “Wiimote-gate”, ce fait divers technologique qui a coûté cher à de nombreux joueurs.
L'heure du coup de vieux a sonné : la Wii fête bientôt ses 20 ans. À son lancement, la console de Nintendo a bousculé tous les codes avec sa manette en forme de télécommande, pensée pour être agitée dans tous les sens devant son téléviseur. Mais derrière la révolution du motion gaming se cachait un défaut de conception minuscule aux conséquences désastreuses pour les salons du monde entier.
Le drame du revers de trop

Tout le monde a en tête ces images de dalles brisées par un projectile blanc. Le coupable idéal était tout trouvé : la Wiimote, cette manette atypique que l'on devait manipuler avec énergie. Si Nintendo fournissait bien une petite sangle de sécurité dès le départ, beaucoup de joueurs, par excès de confiance ou simple oubli, ont négligé de l'enfiler avant de se lancer dans une partie endiablée de Wii Sports. Le résultat ne s'est pas fait attendre, transformant de nombreux salons en zones de sinistre à plus de 1000 euros.
Pourtant, l'ergonomie parfois douteuse de la manette n'était pas la seule responsable de ces accidents à répétition. Le véritable point faible se situait au niveau de la dragonne, et plus précisément de la petite ficelle censée retenir l'accessoire à la sangle de poignet. Sur la toute première version commercialisée, cette attache ne mesurait que 0,6 millimètre d'épaisseur. Une fragilité structurelle qui ne pardonnait pas : lors d'un revers un peu trop puissant au tennis, le fil cédait net sous la force centrifuge, propulsant la télécommande directement dans l'écran.
Une réaction industrielle dans l'urgence

Face à la multiplication des plaintes et des photos de téléviseurs détruits, le constructeur japonais a dû agir vite. En à peine six mois, Nintendo a revu sa copie pour renforcer cette zone sensible de la dragonne. La nouvelle version est passée d'une épaisseur de 0,6 mm à 1 mm, doublant presque la résistance du fil de sécurité. Ce changement s'est accompagné de l'ajout d'un loquet de verrouillage plus robuste pour éviter que la sangle ne glisse le long du bras durant la partie.

Malgré cet effort technique, une part de responsabilité incombait indéniablement aux utilisateurs eux-mêmes. Une grande majorité des accidents recensés concernait des joueurs n'ayant tout simplement pas utilisé la sangle de sécurité fournie. Entre ceux qui jugeaient l'accessoire superflu et ceux qui accusaient la solidité du câble après coup, le débat a longtemps animé les forums de l'époque. Vingt ans plus tard, la Wiimote reste le symbole d'une époque où le jeu vidéo est devenu physique, pour le meilleur et pour le pire de nos mobiliers.