600 millions d’exemplaires vendus dans le monde pour Eiichiro Oda et son One Piece ! Un raz-de-marée historique pour une série littéraire qui n’était qu’une petite vague à la fin des années 90 / début 2000. Aujourd’hui, nombreux sont ceux qui surfent sur celle laissée par Luffy et compagnie. Un engouement dû en partie à l’intrigue principale, mais aussi au talent d’Eiichiro Oda et de ses équipes.
600 millions de One Piece
Rares sont les œuvres littéraires qui peuvent se targuer de dépasser les 500 millions d’exemplaires. Il y a bien sûr Harry Potter, de J.K. Rowling, et donc One Piece, qui a atteint les 600 millions d’exemplaires vendus. Ce palier atteint, Eiichiro Oda a saisi l’occasion pour annoncer qu’il avait lâché le secret du « One Piece » — le trésor toujours recherché dans son œuvre après 114 volumes — dans la mer ! De quoi, comme dans son manga, mobiliser les foules sur les océans.
🍅 LE ONE PIECE EXISTE ET ODA L'A CACHÉ AU FOND DE L'OCÉAN !
— JV - Jeux vidéo (@JVCom) March 3, 2026
Pour célébrer les 600 millions de copies vendues dans le monde, Eiichiro Oda a lancé une chasse au trésor dans la vraie vie. Il a écrit le contenu du One Piece ainsi que le rêve de Luffy sur un papier qu'il a fait… pic.twitter.com/EgqksDjFsG
Le mystère subsiste, mais arrive toujours à entraîner les fans dans son sillage. Cela est en partie dû à l’écriture de l’univers, de ses personnages, et surtout au fait que toutes les histoires, bien qu’elles semblent indépendantes les unes des autres, arrivent à former un tout cohérent. Pour illustrer cela, j’aime bien reprendre la frise historique de One Piece qui, lors de la période du « Big 3 », a été comparée à celles de Naruto et Bleach.
Un jeu de pistes aux allures de match de tennis entre créateurs et lecteurs
Il n’est pas question de refaire tout l’historique de One Piece pour établir la liste exhaustive des raisons qui font son succès. Mais il est clair que le jeu de pistes autour de ce trésor final a sa part de responsabilité. Des secrets non résolus, il y en a plein, et c’est ce qui fait que l’on se prend au jeu.
Prenez par exemple le cas de Barbe Noire, alias Marshall D. Teach. Le personnage, aujourd’hui mis en avant comme l’un des grands antagonistes de l’œuvre, a été introduit pour la première fois dans le tome 25 (2002 au Japon). Il est d’ailleurs la star d’une double page, souvent considérée comme l’un des moments forts, avec son célèbre : « Jamais les hommes ne renonceront à leurs rêves ! ».

Quelques cases plus tard, Nami est interloquée par Luffy et Zoro suggérant que ce n’est pas « un type », mais « des types ». Une énigme qui n’a toujours pas été résolue aujourd’hui et qui suscite moult théories dans la sphère des lecteurs.

Certains ont considéré que Barbe Noire avait trois cœurs ou trois cerveaux. Quelque chose de justifié par son drapeau à trois têtes de mort et sa capacité à absorber le fruit du démon des autres (cf. Marineford avec Barbe Blanche) . Ceux qui cherchent la vérité ont même pensé à un Zoan de type mythique du chien, version Cerbère, ou encore du poulpe. Des raisonnements qui ont du sens, mais qui tombent à l’eau à cause de nouveaux événements de l’histoire (cf. chapitre 1138).
Pendant de très longues années, les amateurs de One Piece se sont aussi interrogés sur le bras de Shanks. Comment un pirate aussi puissant qu’un Empereur peut-il se faire manger le bras entier par une créature marine ? C’est pourtant ce qui se passe dans le premier chapitre. Luffy tombe en mer, incapable de nager. Il est sauvé par son modèle qui perd un bras dans le processus. Pourtant, on sait d’ores et déjà qu’il affiche une très grande puissance puisqu’il arrive à faire fuir d’un regard le monstre marin.

Bref, de quoi susciter la curiosité de nombreux lecteurs qui se sont amusés à chercher une réponse... trouvée seulement dans les derniers chapitres ! On y apprend que Shanks a fait un pacte pour devenir un Chevalier Divin. De ce fait, on lui a tatoué une marque sur le bras gauche : de quoi lui rappeler son contrat avec Imu . Certains ont alors justifié la mutilation de Shanks dans le premier chapitre comme étant volontaire, un tel acte lui permettant de ne plus se soumettre à cet ordre.
Les exemples comme celui-ci sont nombreux et c’est en partie ce qui fait la force de One Piece. Eiichiro Oda, son équipe et ses éditeurs s’amusent avec les théories des lecteurs pour les intégrer directement dans l’œuvre. Il faut dire que rien ne peut battre l’imagination collective et certaines communautés de One Piece attachées au lore sont très créatives. Ce serait dommage de s’en priver !
C’est cet aller-retour entre créateurs et lecteurs qui fait en partie l’aura de génie d’Eiichiro Oda. Mais attention : avec une œuvre aussi tentaculaire, les incohérences sont nombreuses et il y a aussi des retournements de situation que les fans oublient.
Pas de perfection non plus
Pour reprendre la théorie de Shanks et de son bras, il ne faut pas oublier que le mystère a, en fait, été résolu au début des années 2010. Si « Le Roux » voit son bras coupé, Oda explique dans une interview que c’est son éditeur qui l’a souhaité à l’époque pour rendre « la scène plus forte ». Il faut dire que mettre en place des éléments que l’on ne compte expliquer que 28 ans plus tard, surtout lorsque son manga débute, aurait plus relevé d’une chance colossale que d’une sacrée confiance en son manga.

D’autres incohérences, il y en a probablement plein. On pense souvent à la déclaration de Pell, lors de l’arc d’Alabasta, qui jure qu’il n’existe seulement que cinq fruits du démon permettant de voler. Le manga nous a pourtant prouvé le contraire plusieurs fois.
Mais de toute façon, peu importent les erreurs et les incohérences : l’aventure que fait vivre One Piece est bien plus forte que cela. Et ce ne sont pas les 600 millions de mangas en circulation qui diront le contraire.