Ça y est, nous avons désormais plus qu’un pied dans le calendrier du mois de mars et chaque jour nous rapproche un peu plus de la sortie de Crimson Desert, le nouveau jeu d’action-aventure en monde ouvert réalisé par les équipes de Pearl Abyss (Black Desert Online). À l’aube du grand plongeon pour le studio sud-coréen — tel Kliff, héros du jeu, qui s’élance depuis les Abysses pour regagner la terre ferme —, les équipes ont voulu nous offrir un ultime aperçu de six heures !
En compagnie d’autres journalistes et créateurs de contenu, j’ai pu mettre les mains sur Crimson Desert (précisons-le, sur la version PC) pour prendre la température sur plusieurs points : le monde ouvert, les activités qui s’y déroulent, les quêtes, le système de combat (notamment à un stade plus avancé du jeu) et quelques mécaniques qui font saliver les joueurs à chaque présentation du jeu.
Est-ce que Crimson Desert est trop beau pour être vrai ? C’est la question qui revient souvent ces dernières semaines, mais, à défaut d’y répondre totalement, on va essayer d’y voir un peu plus clair !
Crimson Desert part dans tous les sens, je redoute les montagnes russes narratives…
Ces dernières années, on a eu l’occasion de mettre les mains sur Crimson Desert à plusieurs reprises. Récemment et presque coup sur coup, on avait pu embarquer pour le continent de Pywel : la première fois lors du Summer Game Fest, la seconde à l’occasion de la Gamescom.
À chaque fois, on a pu découvrir des segments assez spécifiques du jeu de Pearl Abyss, mais, pour cette ultime prise en main avant le test final, la liberté était le mot d’ordre, avec de nombreux éléments de contexte permettant de cerner la dimension narrative de ce jeu d’action-aventure.

Pour le coup, j’ai pu y voir un peu plus clair en ce qui concerne le personnage principal, Kliff. Jusque-là, on avait compris que le guerrier, sous ses airs de brun ténébreux, avait une grosse responsabilité sur les épaules : celle de reformer le clan des Crinières Grises, décimé par les Ours Noirs. En recollant les morceaux, on comprend qu’il existe bien évidemment une histoire de revanche en guise de fil rouge, même si Crimson Desert paraît avoir des ambitions fantastiques et mystiques en parallèle.
Pour rappel, j’ai pu découvrir l’entame du jeu pendant quatre heures, composées d’un prologue et des deux premiers chapitres, ce qui m’a permis d’appréhender les ambitions narratives du titre de Pearl Abyss. Du côté de la mise en scène, on sent que les équipes du studio sud-coréen ont voulu créer des cinématiques prenantes, et cette introduction remplit son objectif.
Pour autant, sur cette portion de trame scénaristique, j’ai l’impression que Crimson Desert part dans tous les sens et se permet parfois de grands écarts qui me font craindre des montagnes russes plutôt qu’une trame principale solide et bien développée.

Lors de cette découverte, le sentiment était un peu disparate en ce qui concerne la narration. D’une part, il y a des quêtes qui étoffent effectivement l’univers du jeu, les événements actuels sur le continent de Pywel et leurs répercussions, tout en offrant un autre point de vue sur le quotidien de ses habitants. Par contre, dans la construction, ça peut être assez surprenant.
En écrivant ces lignes, je pense à un enchaînement particulier d’objectifs composé d’un bras de fer dans une taverne, d’un vieux mendiant qui garde une noble dans sa cave, du sauvetage d’un chat, d’un nettoyage de cheminée et d’une porte vers les Abysses, la portion céleste du jeu qu’on a longtemps comparée à la partie supérieure de Tears of the Kingdom.

En l’état, il est difficile d’avoir un avis totalement tranché sur cet aspect de Crimson Desert, mais la structure semble souffler le chaud et le froid, notamment parce qu’on accomplit des étapes assez simplistes, même s’il y a des moments intéressants où l’on mène l’enquête. Maintenant, la balle est dans le camp du monde ouvert, car c’est bien évidemment lui qui nous poussera ou non à nous impliquer dans l’avancée du scénario et dans la multitude d’activités proposées, et ça tombe bien parce que c’est justement ce que j’allais évoquer.
Voir Crimson Desert (Edition Day One, PS5) sur Amazon
Le monde ouvert de Crimson Desert nous invite sans cesse à nous perdre, et c’est pour moi sa plus grande force
Je vais peut-être me répéter, mais quatre heures dans un monde ouvert comme celui de Crimson Desert, ça passe à une vitesse folle. Dans mon cas, c’est passé encore plus vite parce que j’ai tout de suite compris que le titre de Pearl Abyss souhaitait avant tout me laisser me perdre dans son univers.
Du coup, j’ai ratissé les environs du château d’Hernand, j’ai pris le temps de fouiller à droite à gauche pour trouver des recettes et des objets utiles, d’aller à la rencontre des commerçants pour avoir une meilleure idée des services qu’ils proposent et de retirer les affiches collées un peu partout pour venir en aide aux habitants de la région ou pour débuter la traque des malfrats les plus recherchés de tout Pywel.

En matière d’immersion, les équipes de Pearl Abyss ont fait des pieds et des mains pour créer une expérience capable de rivaliser avec les cadors du genre. Sur cette prise en main, l’effet a quasiment été immédiat ! Dès le départ, j’ai été subjugué par la façon dont le continent s’étend à perte de vue, encore plus lorsque j’ai effectué mon premier saut dans le vide.
Parmi les moments marquants de cette preview, ces quelques secondes où j’ai fait tourner la caméra autour de mon personnage pour admirer la distance d’affichage ou encore la qualité graphique des décors se hissent en haut du classement, bien que la perspective de devoir explorer tout cela donne le vertige. Même au sol, le fait de pouvoir varier le placement de la caméra (jusqu’à la vue à la première personne) est une vraie plus-value immersive.

Globalement, comme je l’évoquais déjà lors de l’ultime vidéo de présentation diffusée par Pearl Abyss pour vanter les promesses de Crimson Desert, il se dégage une ambiance charmante et dépaysante. Pas de doute, les curseurs ont été poussés le plus loin possible pour renforcer l’aspect « immersive sim ».
Il faut dire que les équipes sud-coréennes ont acquis un imposant savoir-faire en travaillant sur Black Desert Online, et ce n’est pas pour rien que Crimson Desert (dans sa structure) dégage une petite aura de MMO puisqu’il avait été imaginé ainsi au tout début du projet avant d’opérer un virage complet et de se transformer en titre solo premium.

Lorsque je prenais le temps de sortir des sentiers battus lors de cet essai, je ressentais pleinement les ambitions de Pearl Abyss avec cette expérience : proposer un titre qui nous transporte ailleurs et qui s’est bâti sur le contenu, le contenu et encore le contenu.
Clairement, c’est sur ce point que Crimson Desert a un gros coup à jouer, car s’il parvient à générer autant d’expériences uniques que ce qu’il nous suggère depuis des mois, il pourrait facilement gommer ses lacunes. Pour le moment, cette découverte du monde ouvert et sa capacité à nous immerger s’avèrent prometteuses, et il ne reste plus qu’à constater si ce plaisir de l’exploration s’amenuise ou, au contraire, se décuple au fur et à mesure des heures.

Crimson Desert : son gameplay promet des folies, mais il va falloir sacrément s’investir
L’un des points sur lesquels on avait hâte de se concentrer à l’occasion de cette prise en main de Crimson Desert, c’était le gameplay. En juin dernier, on avait déjà insisté sur le système de combat et les différentes options dont Kliff disposait pour faire le ménage sur le champ de bataille, évoquant une expérience profonde, spectaculaire mais encore quelque peu brouillonne.'''
Depuis cette période, les équipes ont travaillé d’arrache-pied pour revoir l’agencement des commandes. Parmi celles et ceux qui avaient déjà posé leurs mains sur Crimson Desert, on se félicite de ces ajustements, mais l’expérience n’en demeure pas moins déstabilisante.

Pour ma part, c’était la première fois que j’appréhendais le système de combat du jeu, et vous risquez, comme moi, d’avoir un peu de mal à vous accommoder de certains choix de commande. D’ailleurs, il faut souligner que le mapping peut être corrigé si vous jouez au clavier-souris. À l’inverse, il faudra se faire violence pour s’adapter aux décisions prises par les équipes de Pearl Abyss pour le jeu à la manette.
Il y a des attaques qui se déploient avec R1/RB et R2/RT simultanément, la course se déclenche en martelant le bouton X/A. Bien souvent, nos réflexes reprennent vite le dessus et je ne compte plus les fois où j’ai voulu sprinter en appuyant sur le joystick gauche… avant de constater que ça faisait s’accroupir Kliff. Donc, échauffez-vous bien et préparez-vous à opérer une petite gymnastique mentale durant les premières heures.

Au-delà de ce petit temps d’acclimatation, on prend assez vite le pli des combats. Les premiers combos se calent facilement, la parade et l’esquive se gèrent bien et la pagaille qu’il peut y avoir sur le champ de bataille ne fait que décupler les moments de défouloir promis par Crimson Desert. Qui plus est, le pari du jeu de Pearl Abyss, c’est de relier l’évolution de notre palette de coups à notre implication dans l’exploration du monde ouvert. Ici, on décuple les possibilités en accumulant des artefacts à investir dans différents arbres de compétences.
Pour avoir été propulsé un peu plus loin dans le jeu afin de prendre le contrôle de personnages plus aguerris, la gestion des combats est effectivement plus grisante et contraste pas mal avec le début de l’aventure où le gameplay peut vite nous donner le sentiment de tourner en rond. Globalement, le ressenti des coups sur les boucliers m’a laissé une bonne impression, contrairement aux impacts directs sur les ennemis lorsqu’on leur inflige des dégâts.

Plus de doute possible, l’expérience de Crimson Desert gravite bel et bien autour de son monde ouvert, et c’est peut-être un risque sur les premières heures, souvent décisives. Si ce choix est à double tranchant, il y a pas mal d’idées qui font leurs preuves à travers ce système de combat, bien qu’il subsiste quelques légers bémols.
En soi, la gestion de la caméra m’a paru assez convaincante car elle opère des changements de cadre pour éviter les problèmes de visibilité qu’il peut y avoir dans les jeux d’action. Par contre, les batailles de nuit ne sont pas toujours très lisibles. Alors, oui, il y a des instants où l’ambiance est visuellement réussie et permet de profiter des effets de particules, mais le confort n’est pas toujours optimal lorsque l’obscurité s’avère trop intense.

Peut-être qu’il faut mettre tout cela sur le compte du temps d’adaptation, et c’est un point sur lequel la version complète du jeu devra se montrer plus probante. En tout cas, s’il fallait finir sur une note positive, je me dois de mentionner l’excellente idée qui permet à Kliff d’apprendre les mouvements signatures de certains boss en les affrontant.
À deux reprises, j’ai pu débloquer ces coups inédits, ce qui rend la progression très organique. En définitive, le gameplay n’est peut-être pas une révolution mais certaines de ses originalités démontrent qu’il ne faut pas sous-estimer son impact sur le genre de l’action-aventure.
Voir Crimson Desert (Edition Day One, PS5) sur Amazon
En l’état, Crimson Desert laisse entrevoir un projet extrêmement ambitieux. Son monde ouvert impressionne par son ampleur et sa capacité à susciter l’exploration, tandis que son système de combat promet des affrontements spectaculaires à mesure que l’on progresse. Pour autant, certains aspects — notamment la narration et l’accessibilité du gameplay — laissent encore planer quelques interrogations. Après ces six heures passées sur le continent de Pywel, une chose est sûre : Crimson Desert possède un potentiel immense, mais seule la version finale permettra de savoir si toutes ses promesses peuvent réellement se concrétiser.