Et si Resident Evil s’offrait enfin le grand film d’horreur qu’il mérite ? Confié aux mains expertes de Zach Cregger (Barbarian), le prochain long-métrage prévu pour 2026 fait le pari radical d’effacer les icônes de la saga pour renouer avec la terreur pure.
Pendant plus de deux décennies, les adaptations de Resident Evil ont été notre chemin de croix. Entre les séquences d'action improbables de Milla Jovovich sous l'ère Paul W.S. Anderson et le gloubi-boulga indigeste du reboot Welcome to Raccoon City de 2021, on avait fini par jeter l'éponge. Mais laissez-moi vous dire une chose : la donne vient de changer. Aux manettes du prochain film prévu pour septembre 2026, on retrouve Zach Cregger, l'enfant prodige de l'horreur moderne à qui l'on doit les claques viscérales Barbarian et Weapons. Et miracle hollywoodien : les studios lui ont complètement lâché la grappe.
L'horreur viscérale plutôt que le fan service vain
Oubliez le cosplay sur grand écran. Cregger a prévenu qu'il ne jouerait pas la carte de la facilité : pas de Leon S. Kennedy, pas de Jill Valentine, ni de Chris Redfield. Une décision radicale, presque suicidaire pour une partie de la communauté, mais terriblement excitante d'un point de vue cinématographique. Son objectif n'est pas de singer bêtement le scénario des jeux, mais d'en capturer l'essence psychologique.

Le film suivra Bryan (incarné par Austin Abrams), un coursier médical malchanceux chargé d'une livraison vers un hôpital reculé, dans une Raccoon City alternative ensevelie sous la neige. Après avoir percuté une mystérieuse femme sur sa route, il va plonger dans un enfer fait de mutations tentaculaires et d'horreurs biologiques. L'idée ? Retrouver la vulnérabilité absolue du joueur face à l'inconnu, loin de l'armure scénaristique de nos héros habituels.
Une carte blanche qui pourrait tout changer

C'est la déclaration d'Oliver Berben, PDG de Constantin Film, qui nous met des étoiles dans les yeux : Zach Cregger a obtenu une véritable « carte blanche pour faire ce qu'il voulait avec cette propriété intellectuelle ». Dans une industrie terrifiée par la prise de risque, confier les clés d'une franchise pesant plus d'un milliard de dollars au box-office à un auteur horrifique sans concession, c'est une belle prise de risque.
S'affranchir de l'œuvre matricielle tient souvent de la haute voltige. Le crash industriel du Return to Silent Hill de Christophe Gans, sorti en janvier dernier, fait d'ailleurs office de macabre jurisprudence. Censé sublimer Silent Hill 2, le film s'est heurté à un mur critique (un cinglant 19 % sur Rotten Tomatoes) et à l'indifférence cruelle du box-office. La faute à une relecture qui a muté en gloubi-boulga narratif. En noyant le trauma intime de l'œuvre originelle sous des intrigues sectaires indigestes, le métrage s'est purement et simplement amputé de son cœur émotionnel. Prendre des libertés exige une justesse chirurgicale. Une leçon que Zach Cregger semble s'être chevillée au corps avant de s'attaquer au joyau de Capcom.